El Hadj Arimiyao TCHAGNAO : « Rien ne peut aujourd’hui jouer contre ce qui a été vu par les observateurs et confirmé par la Cour constitutionnelle »

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©AfreePress-(Lomé, le 4 mars 2020)- Le processus électoral au Togo a connu son apothéose mardi 3 mars 2020, avec la proclamation des résultats définitifs de l’élection présidentielle du 22 février dernier par la Cour Constitutionnelle.

Quel est le regard de la presse togolaise, en tant qu’acteur de premier plan du processus qui vient de s’achever ?

C’est la question posée à l’un des responsables des organisations de la presse togolaise, El Hadj Arimiyao TCHAGNAO, Président du Conseil National des Patrons de Presse (CONAPP) qui livre ici, ses impressions sur le processus depuis son début jusqu’aux résultats finaux donnés par la Cour Constitutionnelle.

Lisez plutôt.

Bonjour El Hadj Arimiyao Tchagnao. Vous êtes le président du CONAPP. Vous avez suivi avec attention le processus électoral qui a abouti à la proclamation des résultats de l’élection du 22 février 2020. Quelle appréciation faites-vous de ce processus depuis la campagne jusqu’à l’annonce du verdict final ?

El Hadj Arimiyao Tchagnao : Merci pour l’opportunité que vous m’offrez de parler de notre pays, ce beau pays que nous aimons tous.

Avant même de répondre à votre question, je voudrais saisir cette opportunité pour remercier d’abord le très-haut, le très clément miséricordieux, Allah pour les merveilles qu’il a encore faites pour le Togo lors de cette élection où, la paix, la stabilité et la concorde ont été au rendez-vous.

Je voudrais également saluer le peuple Togolais tout entier, ainsi que les principaux acteurs impliqués dans le processus notamment, la CENI, le ministère de l’Administration territoriale, le ministère de la Sécurité, les partis engagés dans la course, la presse pour la hauteur et la maturité dont ils ont fait montre du début jusqu’ à ce jour.

Pour revenir à votre question, je pense que le processus est quoi qu’on dise, un des plus performants que notre pays ait jamais connu. Et pour cause, nous avons une CENI consensuelle, une Cour constitutionnelle réformée conformément au vœu émis par l’opposition. C’est la première fois que les Togolais sont allés à une compétition d’envergure sans être obligés d’aller de dialogue en dialogue.

Vous avez vous-mêmes dû constater qu’aucun incident majeur n’a été constaté, ni avant, ni pendant, ni après le scrutin. Vous avez vu que la CENI, pour une fois a fait du bon boulot en donnant au plus vite les résultats provisoires pour éviter toute suspicion. Ce que je voudrais relever ici et qui est très fondamental pour cette élection, c’est que les 7 candidats s’ils ont maintenu chacun le cap jusqu’au bout, c’est qu’ils ont conscience de la fiabilité du fichier, du code et des institutions qui s’occupent des élections dans notre pays. Personne ne craignait une partialité ou ne voyait du moins des manœuvres insidieuses pour porter haut, telle ou telle tendance. Bref la transparence était de mise.

Vous avez dû constater comme moi, le calme et le respect mutuel qui a régné au niveau de tous les partis lors de la campagne, ainsi que les propos mesurés de part et d’autre. Même si certains ont dit être inquiété en certains lieux, c’est démontré et clair que chacun a pu avoir la liberté et la latitude de battre campagne dans le temps réglementaire. Chacun a battu campagne quand, où et comme il le veut.

Regardez un peu le nombre d’observateurs accrédités pour jouer le rôle d’arbitrage dans le scrutin et surtout l’implication de la FOSEP qui a assuré la sécurité pour tous.

Pour l’observateur réaliste que nous sommes, on ne peut que dire cette vérité qui est que le scrutin a été bien organisé de bout en bout.

Que dites-vous de la position du candidat Agbéyomé Kodjo qui estime avoir gagné cette élection et qui, en dépit de la proclamation définitive des résultats par la Cour constitutionnelle, n’entend pas baisser les bras ?

El Hadj Arimiyao Tchagnao : Je pense honnêtement que monsieur Kodjo Agbéyomé a manqué et continue de manquer de jouer le rôle que l’opinion attendait de lui. Ce n’est pas interdit par notre Code de contester des résultats d’une élection. Sur cette base, le candidat du MPDD ou de la dynamique Kpodzro, a raison de réclamer sa « supposée victoire à lui volée ».

Seulement, tout le monde attend de lui qu’il en apporte les preuves de ses allégations. Il aurait pu avoir davantage d’appui s’il était parvenu à porter à la connaissance du monde, les résultats bureau de vote par bureau de vote qui le faisaient président entre le 22 et le 23 février. Cela allait amener la CENI à donner sa part des mêmes résultats qui permettront à la Cour d’arbitrer, mais hélas on s’est seulement contenté de crier au voleur sans apporter la preuve du vol. J’ai particulièrement suivi avec intérêt la déclaration à chaud du candidat Agbéyomé à la proclamation définitive des résultats par la Cour constitutionnelle. « Je suis légaliste, mais cela ne m’enlève pas les frustrations « . Cela va s’en dire que l’homme sait et connaît mieux que tout le monde, les lois qui régissent la vie de ce pays.

Pour avoir occupé de grands postes dans ce pays, il sait comment fonctionne une République et pour moi, il saura après avoir digéré sa « frustration », se ranger et trouver la formule de faire avancer le pays qu’il aime tant.

D’ailleurs en 2015, Agbéyomé n’attirait-il pas l’attention de Fabre qui appelait à la mobilisation de la rue après sa débâcle à l’élection présidentielle de cette année. Il l’a appelé à être légaliste et à respecter les instances qui régulent les différends issus des élections ?

Comme beaucoup de nos concitoyens, je connais un peu Monsieur Kodjo Agbéyomé, que je n’en doute point, privilégiera la voie légaliste.

En clair je crois fermement qu’il se fiera aux résultats définitifs de la Cour constitutionnelle et se contentera du bon score qui fait de lui, la deuxième force après cette élection.

Que dites-vous à ceux de nos compatriotes qui estiment que Faure Gnassingbé, qui était contesté par une bonne partie des Togolais entre 2017 et 2018, ne saurait en si peu de temps gagner avec un score aussi fleuve.

El Hadj Arimiyao Tchagnao : En observateur, j’ai vu effectivement un président hautement contesté en la période que vous évoquez. J’ai aussi vu la dynamique qui a suivi cette époque de contestation au niveau de UNIR. Vous avez pu constater comme moi, que c’est après le 19 août que le parti UNIR est allé à son tout premier congrès à Tsevié. Le parti à compris le message lancé par le PNP et a choisi de lancer une restructuration très forte et très profonde avec des tentacules partout. C’est après ce 19 août que le parti UNIR s’est donné d’intenses orientations et pour être objectif, la machine se préparait au même moment pour les législatives, les locales, mais surtout pour cette présidentielle, pendant que certains laissaient entendre qu’il s’agissait pour le Togo d’aller tout simplement à une transition.

Ce courant laissait de côté l’idée de la tenue d’une élection présidentielle. La grande partie de l’opposition s’est lancée dans une distraction qui ne disait pas son nom pendant que UNIR occupait le terrain. Ne perdez pas de vue aussi que l’opposition en partie à déboussolé ses militants en tentant à maintes reprises de saboter le recensement.

L’autre atout qui a fait le score dont nous parlons, c’est surtout les deux dernières élections remportées par le parti au pouvoir. Les législatives et les locales. Tout le monde sait que les élus locaux partout au monde, consolident la force des partis. Comment penser que le parti qui a des élus locaux ainsi que des députés ne puisse pas utiliser ceux-ci pour porter haut ses couleurs ? Si après ces atouts, certains de nos concitoyens ont des doutes sur le score de Faure Gnassingbé, comment voudraient-ils penser que le candidat de la dynamique Kpodzro ait pu avoir le score de plus de 60% alors que lui, n’a aucune base locale ?

En clair le parti UNIR s’est levé tôt au moment où l’opposition dormait. En plus de cela, il faut relever que l’opposition a joué à la mauvaise stratégie en allant en rang totalement dispersé. A six (6) contre un (1), elle aurait pu se mettre ensemble contre l’adversaire commun notamment dans des coins jugés fiefs de certains d’entre eux. Enfin il ne faut pas insulter l’intelligence des observateurs qui viennent arbitrer nos élections. Voyez un peu leur déclaration, vous saurez que pour le même fait, tout le monde ne peut pas être maladroit. Et puis ce sont des hommes et femmes remplis d’expériences. Enfin et pour fermer cette page, je pense que chacun des candidats connaît la réalité sortie des urnes, puisque tout le monde avait droit d‘avoir des délégués dans les bureaux de vote qui auraient certifié l’authenticité des résultats. Rien ne peut aujourd’hui jouer contre ce qui a été vu par les observateurs, et confirmé par la Cour constitutionnelle.

Notre souhait est que celui qui a gagné prenne la mesure de lancer le Pays dans le développement.

Un mot à l’endroit de la presse togolaise ?

El Hadj Arimiyao Tchagnao : Juste tirer chapeau à cette presse responsable, à ses journalistes de qualité qui ont tous fait un travail professionnel, conformément aux orientations que nous nous sommes données lors de nos différentes formations pré-électorales. Je plaide ici aussi pour les différents partenaires de nous aider davantage au Conseil national des patrons de presse afin que comme toujours, nous puissions continuer par nous tenir en haleine pour une presse au top en tout temps et en tout lieu.

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