Dans aucun pays au monde, on ne peut se passer des médias…

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©AfreePress-(Lomé, le 1er juin 2020)- « Au même titre que des médecins ou les agents de santé, les journalistes sont aux avant-postes de la lutte contre le Coronavirus ». C’est ce que soutient le Président de l’Observatoire Togolais des Média (OTM), Aimé EKPE dans une interview accordée à l’Agence de presse AfreePress. Celui-ci rappelle à juste titre, la contribution de la presse à la riposte contre le Coronavirus au Togo qui a fait déjà 13 morts dans le pays et appelle à plus de soutien aux médias.
Voici l’intégralité de l’interview.

AfreePress : Bonjour, vous êtes le président de l’Observatoire Togolais des Média (OTM). D’après vous, quelle est la contribution des médias dans la lutte contre la Covid-19 au Togo ?

Aimé EKPE : La Covid-19 est une pandémie déclarée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis quelque temps. Elle a touché presque tous les pays du monde, dont le Togo. Cette maladie, telle qu’elle se présente et ses modes de contamination, fait que la seule manière de faire la sensibilisation ou la communication autour, c’est de passer par les médias à savoir : la radio, la télévision, la presse écrite et la presse en ligne ou alors, l’utilisation des réseaux sociaux.

Alors, comprenez qu’au même titre que les médecins ou les agents de santé, les journalistes sont aussi aux avant-postes justement de cette lutte et on les retrouve partout sur le terrain pour faire des reportages sur ce qui se passe. Sur comment la pandémie est gérée, comment la riposte est faite. Au Togo, c’est vrai qu’on est parti d’un comité de crise géré par le Chef de l’Etat lui-même, mais aussi il y a la Coordination Nationale de gestion de la riposte contre la Covid-19.

Avec tout ça, les supports de communication passent par les médias. Depuis le comité de crise jusqu’à à la coordination, tous envoient des personnes ressources dans les rédactions ou sur les antennes pour expliquer comment il faut lutter contre la Covid-19.

Vous comprenez alors que tout passe par les médias. Ce qui fait que la contribution de la presse togolaise est très importante dans tous les domaines. C’est d’ailleurs ce pourquoi les organisations patronales des médias, à travers l’OTM avaient soumis des projets aux organisations, aussi bien nationales qu’internationales dans le but d’accompagner les médias dans la lutte contre cette pandémie. Ce qui fait qu’aujourd’hui, l’Union européenne a accepté de financier un projet. Ça aide en tout cas, les médias à non seulement, passer ces messages de protection que les populations doivent adopter mais aussi, il faut que les journalistes puissent se protéger eux-mêmes. Donc tout cela est contenu dans ce projet que nous avons signé avec l’Union européenne et qui en train d’être exécuté en ce moment.

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AfreePress : Justement, on apprend que l’Union européenne (UE) a débloqué un fonds pour aider les médias togolais. Détaillez-nous un peu plus ce à quoi va servir ce financement.

Aimé EKPE : D’abord il faut qu’on comprenne une chose. Il n’existe aucune structure internationale, même nationale qui puisse donner de l’argent à distribuer ni aux journalistes ni aux médias. Ça n’existe nulle part. Alors, l’Union européenne, effectivement a accepté d’accompagner les organisations patronales par rapport au projet que nous avons déposé à leur niveau. Ce projet consiste à organiser des séances de sensibilisation et de communication sur les médias notamment, les radios et télévisions, par des émissions, il y aura également des spots publicitaires sur des radios pour sensibiliser les populations afin que les gens puissent avoir une idée sur comment mener la lutte contre cette maladie.

Pour la presse écrite, nous avons des insertions publicitaires à mettre à la disposition d’un certain nombre de presses écrites en vue d’une large diffusion, de même que la presse en ligne. Nous prévoyons aussi des bandeaux publicitaires sur comment se prévenir de la pandémie pour accompagner encore une fois la lutte.

Un autre volet du projet est de mettre à la disposition des médias, des dispositifs de lave-mains, des gels hydro-alcooliques, des masques qui sont des matériels de protection pour les journalistes.

Voilà les cinq volets que nous avons mis dans ce projet d’environ quarante-cinq millions. Même si nous avons signé pour soixante-cinq (65) millions, c’était bien dit dans le communiqué de lancement, l’Union Européenne avait bien dit que les vingt (20) millions en plus devront être utilisés par la coordination nationale de gestion de la riposte contre la Covid-19. Voilà à peu près les détails que je peux apporter par rapport au projet sur lequel nous avons pu avoir le financement de l’UE.

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AfreePress : Pensez-vous que l’État pouvait-il se passer des médias dans cette lutte?

Aimé EKPE : Dans aucun pays au monde, on ne peut se passer des médias. D’ailleurs, c’est pour ça que, lorsque le comité de crise a été créé, le Chef de l’Etat a donné des instructions pour qu’on puisse négocier avec les médias sachant très bien qu’il n’y a que les médias qui peuvent faire le travail de sensibilisation. Vous savez, ce n’est pas une maladie sur laquelle on pourrait rassembler les gens à quelque part et leur parler. Pour d’autres maladies, c’est possible. Mais avec la Covid-19, on interdit plutôt les rassemblements et il n’y a que les médias qui peuvent servir de canaux de communication et de sensibilisation. Donc je ne vois pas l’Etat en train de se passer des médias dans cette lutte.

C’est vrai qu’au-delà des médias, on passe aussi par les responsables des communautés, les Chefs cantons, les chefs de quartiers qui sont des gens qu’on écoute dans les milieux, mais je crois qu’il faut allier les deux et faire en sorte qu’il n’y ait pas de regroupement à quelque part pour donner lieu à d’autres contaminations. Donc je crois que les médias constituent les moyens privilégiés pour faire la sensibilisation contre la Covid-19.

AfreePress : Croyez-vous que les efforts de la presse sont reconnus et récompensés par les pouvoirs publics ?
Aimé EKPE : Disons que pas à leur juste valeur. Il faut être clair. C’est vrai qu’on a appelé les médias à accompagner et ils sont en train de le faire. Mais l’accompagnement qui devait venir de l’Etat n’est à sa juste valeur. Ça, il faut le reconnaitre. C’est pour cela que nous continuons à faire certaines démarches auprès des autorités de ce pays pour qu’on puisse rappeler que ce sont les médias qui font les sensibilisations et qu’il faut savoir les accompagner en matière de protection et autres.

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Il faut savoir qu’on a dû bloquer pratiquement tous nos programmes de radio et de télévision pour ne parler que de Coronavirus. Alors il faudrait qu’il ait un accompagnement financier. Et c’est des lobbyings que nous sommes en train de faire estimant qu’on pourrait faire mieux que ce qui est en train d’être fait actuellement.

AfreePress : Les médias ont payé un lourd tribu avec la perte d’un des leurs dans cette crise. Que faites-vous pour protéger les professionnels de la presse contre les risques ?

Aimé EKPE : La première protection vient d’abord du journaliste lui-même qui est sur le terrain. En second lieu, il y a l’organe. Le responsable de média doit savoir qu’en envoyant un journaliste sur un lieu de reportage, il faut qu’il soit protégé. Maintenant après l’organe, ça va aux organisations patronales.

Et en ce qui nous concerne, nous essayons dans la mesure du possible, de distribuer des masques de protection, des gels hydro-alcooliques et des dispositifs de lave-mains aux médias. C’est tout ce que nous pouvons faire.

Mais pour les acquérir, c’est également à partir d’un financement. C’est pour cela que nous essayons d’approcher les structures ou des bonnes volontés qui peuvent nous aider à doter les organes de presse de matériels de protection. Je crois que c’est un travail permanent.

Déjà on a distribué avec l’aide de l’ambassade de France, des matériels de protection à certains organes. Maintenant avec l’UE, on s’apprête à le faire également et il y a d’autres structures qui ont envoyé à travers certaines organisations, des masques qu’on a distribués aux journalistes. Nous allons continuer à faire ces efforts et à approcher certaines structures qui peuvent nous aider à nous protéger.

Propos recueillis et transcrits par Raphaël Aziamadji.

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