Dossier/Route Lomé-Kpalimé : Pas d’accord sur les indemnisations proposées aux riverains et propriétaires de biens

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©AfreePress-(Lomé, le 16 juillet 2020)-Le projet de réhabilitation de la nationale N°5 Lomé-Kpalimé (120 km) démarré il y a quelques semaines, inclut également la construction de trois bassins de rétention d’eau dans trois quartiers de Lomé (Todman, Adidogomé et Sanguera).

Si les travaux de réhabilitation et de renforcement de la route Lomé-Kpalimé se passent bien, ceux de la construction de ces bassins de rétention d’eau sont quant à eux à l’arrêt et sont sources de vives tensions.
Pour cause, les propriétaires des terrains affectés par ces travaux ne sont pas satisfaits des mesures prises dans le cadre de l’expropriation de leurs biens. Ces riverains situés au niveau de la station d’essence CAP et du Lycée Technique d’Adidogomé, dénoncent des irrégularités dans le processus d’expropriation de leurs propriétés par l’État.

D’abord ils disent avoir été surpris du délai donné par la Commission d’Expropriation (COMEX) pour évacuer les lieux.

« Nous reconnaissons et félicitions le gouvernement pour son engagement de développer la ville de Lomé jusqu’à l’intérieur du pays avec la réhabilitation de cette route. C’est pour la bonne cause si nous devons céder certains de nos biens pour que l’État construise des biens publics au profit de tous. Mais nous avons été surpris par le délai d’un mois qu’on nous donne de quitter les lieux. Nous n’avons pas reçu cette information avec joie parce que cela nous a plongés dans une situation imprévue. Ce qui fait qu’actuellement, au lieu que ces travaux nous apportent de la joie, ça nous apporte plutôt de la peine, de la souffrance et de l’angoisse », a confié à l’Agence de presse AfreePress, KLEGBE Koffi Ametepe, un propriétaire terrien.

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L’autre préoccupation des personnes affectées par ces travaux publics est l’indemnisation proposée.

« C’est au niveau de l’accompagnement qu’il y a problème et ça fait que cette situation devient de plus en plus grave pour nous et au lieu de nous réjouir, on est en train de pleurer parce qu’à notre niveau, nous avons estimé que l’accompagnement qu’on doit nous donner devrait être à la hauteur des biens que nous perdons. Actuellement la situation est grave parce que l’indemnisation qu’on nous impose est très dérisoire », a-t-il ajouté.

Pour les propriétaires, les conditions d’indemnisation ont été fixées unilatéralement sans tenir compte de la situation géographique de leur bien.

« Il faut qu’on nous indemnise préalablement et que cette indemnisation soit juste. Ils veulent prendre nos terrains à 41 700 FCFA le mètre carré. On ne peut pas penser que l’État veut exproprier des terrains en pleine ville et à ce prix-là. Pour nous la Commission d’expropriation nous cache quelque chose et nous exigeons qu’on nous rétablisse dans nos droits comme le dit l’article 27 de notre constitution », a insisté M. KLEGBE.

Réunis au sein d’un collectif, les propriétaires comptent mener des actions auprès des autorités pour demander justice.

« A ce jour, nous avons exprimé nos préoccupations dans une lettre que nous avons déposée au bureau de la Présidente de la commission d’expropriation. Dans cette lettre nous avons mentionné ce qui porte atteinte grièvement aux droits des propriétaires et des locataires qui sont sous les menaces de quitter les lieux. Nous comptons mener des actions afin de rencontrer les membres de cette commission pour que nous puissions avoir des discussions franches, équitables et légales », a indiqué AMEDOME Raoul, assistant juridique d’un propriétaire.

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Au total, 12 propriétaires et une cinquantaine de locataires sont touchés par ces travaux. Ils exigent de la commission d’expropriation l’application des textes prévus dans le cadre de la politique de réinstallation.

« Il a été dit que les zones de CAP et d’Adidogomé feront objet de travaux de rétention d’eau et on donne un mois aux personnes qui vivent dans ces zones de quitter les lieux et de passer avec les documents pour leurs indemnisations. Mais sur l’indemnisation le coût du mètre carré est fixé à 41 700 FCFA. Sur quelle base le mètre carré est fixé, on ne sait pas. Mais il y a le cadre de politique de réinstallation qui a fixé quatre barèmes d’indemnisation en cas d’une telle situation dont le prix est de 20 000, 30 000, 70 000 et 90 000 FCFA. A ce jour, nous ne savons pas où est-ce qu’on a trouvé 41 700 FCFA pour imposer aux propriétaires », a précisé M. AMEDOME.

Celui-ci invite les autorités à engager les négociations avec les concernés afin de trouver des solutions profitables à tous.

« Ce qu’on alloue à ces propriétaires ne peut pas leur permettre d’acheter un terrain et construire sur ça et n’oublions pas qu’il y a aussi des risques d’acheter un terrain doublement vendu avec des contentieux au niveau du tribunal en matière foncière. Donc, ce qui est fixé doit être revu et également les bâtisses doivent être réévaluées. Personne ne s’oppose aux travaux d’utilité publique. C’est pour l’intérêt de tous, mais dans le processus, il est impératif de respecter les droits des propriétaires. Donc les affectés demandent au gouvernement ou à la commission d’expropriation, c’est de rediscuter le prix du mètre carré, de tenir compte des bâtisses et travaux faits par les locataires, mais aussi de revoir le délai pour quitter les lieux afin de permettre aux enfants qui sont en classe d’examen de finir les examens », a-t-il précisé.

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Au niveau de la Commission d’Expropriation (COMEX), aucune déclaration n’est faite sur l’affaire. Contacté par l’Agence de presse AfreePess, la Président de cette commission n’a pas pour le moment voulu s’étendre sur le dossier. Toutefois, la responsable de cette commission a bien précisé que la négociation se poursuit avec les plaignants.

« On est en négociation actuellement avec les personnes affectées », a indiqué Mme Afidenyigban.

Raphaël A.

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