Des organisations de la société civile du Togo dénoncent les sanctions prises contre le peuple malien et crachent leur vérité à la CEDEAO

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©AfreePress-(Lomé, le 27 août 2020)- La CEDEAO joue sa crédibilité et sa survie au Mali, en Guinée Conakry, en Côte d’Ivoire et au Togo. C’est ce que pensent douze (12) mouvements et associations de la société civile du Togo, qui accusent la conférence des chefs d’État de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) de manquer à son engagement vis-à-vis des peuples, conformément à sa vision 2020.

Dans une lettre ouverte adressée le 26 août dernier au Président en exercice de la CEDEAO, Mahamadou Issoufou, les responsables des organisations et mouvements que sont : l’Association de lutte contre l’Analphabétisme et pour le développement Social (ALCADES), Amis des Populations Vulnérables du Togo (APVT), l’Association des Victimes de la Torture au Togo (ASVITTO), Galaxie Citoyenne pour la République (GCD), Groupe des Leaders d’Opinion à la base (GLOB), Flambeau Du Peuple (FDP), Fédération des Jeunes Démocratiques (FJD), Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH), Mouvement Conscience Mandela (MCM); Mouvement pour la Justice Sociale (MJS), Synergie des Élèves et Étudiants du Togo (SEET), Union des Jeunes pour le Développement à la Base (UJDEB-TOGO), ont exprimé leur préoccupation sur la situation qui prévaut au Mali.

Pour ces organisations, si rien fait, la crise au Mali risque de jeter un discrédit sur l’institution et sur sa mission de gestion des crises notamment, la prévention et la résolution des conflits dans la sous-région.

Elles dénoncent par ailleurs, les sanctions infligées au Mali par la CEDEAO le 20 août 2020 après la prise du pouvoir par les militaires (putschistes).

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Les signataires de cette lettre n’ont pas manqué de faire remarquer à l’instance suprême de la CEDEAO que sa démarche « constante et habituelle qui consiste à opposer l’ordre constitutionnel au droit naturel des peuples à résister contre l’oppression et la tyrannie paraît désormais vétuste et surannée ».

« Dans la situation du Mali, la CEDEAO a été bien informée de toute la faillite du système politique, administratif et de gouvernance qu’il y avait sous Monsieur IBK… Aucune disposition ne permet à la CEDEAO de prendre des sanctions contre les peuples… parce que les peuples sont souverains. En revanche, la CEDEAO a à l’article 45 de son protocole additionnel, la possibilité de sanctionner les gouvernements qui n’arrivent pas à faire la bonne gouvernance », ont-ils écrit.

Pour ces mouvements et organisations, c’est parce que la CEDEAO a refusé, « pour complaisance à certains chefs d’État », de mettre en œuvre sa vision 2020 que la sous-région ouest-africaine est en proie à des crises. Ils ont invité l’institution à plutôt « endiguer » à la racine, les causes des crises sociopolitiques (modification de la constitution au profit du président au pouvoir, la mauvaise gouvernance etc.).

« Le passage de la CEDEAO des États à une CEDEAO des peuples exige la mise en œuvre des ressources de la région, la paix et la sécurité, la gouvernance etc. », précisent les responsables des organisations de la société civile.

Pour finir, ces différents mouvements et organisations demandent à la CEDEAO de se saisir « réellement et objectivement », encore qu’il soit temps et ce, conformément à sa vision 2020, de la situation de la Guinée Conakry, de la Côte d’Ivoire, et du Togo, avant qu’il ne soit trop tard comme au Mali.

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Raphael A.

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