La préfecture de Yoto : Une plaque tournante du trafic de faux médicaments, selon l’OPALS

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©AfreePress-(Lomé, le 20 novembre 2020)-« Sur 404 échantillons de médicaments antipaludéens, collectés auprès des ménages dans la préfecture de Yoto, plus de 90% sont des faux médicaments après une analyse en laboratoire’’. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée dans cette préfecture par l’Organisation PanAfricaine de Lutte pour la Santé (OPALS), dont les résultats ont été présentés jeudi 19 novembre 2020 à Tabligbo aux autorités locales et à la presse.

Les résultats issus de cette enquête réalisée en étroite collaboration avec l’Ordre National des Pharmaciens du Togo démontrent l’ampleur du phénomène de faux médicaments dans le pays et alertent sur la menace que ces produits représentent pour la santé publique.

« Avec l’accord des autorités locales et en partenariat avec le Centre Humanitaire des Métiers de la Pharmacie (CHMP), un laboratoire de contrôle indépendant et pré-qualifié par l’OMS, une étude a été conduite entre 2017-2019 en plusieurs étapes à savoir : recueil des échantillons de produits suspects auprès des ménages, analyse en laboratoire et interprétation des résultats. Au total, 404 échantillons de médicaments prescrits pour lutter contre le paludisme : antipaludéens, antipyrétiques, antidouleurs et anti-inflammatoires ont été recueillis. L’analyse physico-chimique des médicaments réalisée par un laboratoire basé en France met en évidence la circulation de très nombreux médicaments de qualité inférieure ou falsifiée dans le district de Yoto », a indiqué Ciscar Koffi SAMBOE, Représentant Légal de l’OPALS au Togo.

De manière spécifique, l’ONG informe qu’aucun échantillon des 404 analysés, ne contient le principe actif au dosage attendu. « Dans la majorité des cas, le principe actif attendu est fortement sous-dosé ou absent : surfadoxine-pyriméthamine » : 100% sont sous-dosés, quinine : 100% sont sous-dosés, artéméther-luméfantrine : 90% des échantillons sont sous-dosés ; 100% sont sous-dosés en luméfantrine ; 2 de ces échantillons ne contenaient aucun principe actif », a expliqué Dr Abdou GBADAMASSI, Coordonnateur Médical et Scientifique de l’OPALS.

D’après celui-ci, quelques surdosages ont également été identifiés. « Dans la plupart des cas, le principe actif contenu dans le comprimé est différent de celui attendu », poursuit-il.

En conclusion, les médicaments utilisés par les personnes touchées lors de cette enquête dans la préfecture de Yoto ne sont pas de vrais médicaments antipaludéens, mais plutôt des médicaments falsifiés.

Pour les responsables de l’OPALS, cette situation s’explique par le fait que, la majorité des citoyens, utilise des médicaments de rue et des points de vente douteux dans cette localité.

Face à cette situation ‘’alarmante’’, l’OPALS a invité les acteurs de la santé à renforcer la sécurité des circuits de distribution. Elle a appelé la population à prendre conscience du danger que représentent les médicaments de rue et des dépôts illégaux.

Au gouvernement, l’ONG recommande, la ratification de la convention ‘’medicrime’’ du Conseil de l’Europe, en vue de doter le pays d’un cadre juridique pouvant traquer et punir les trafiquants de faux médicaments. « Aussi, ce que l’État doit faire pour stopper le trafic et la consommation des faux médicaments, c’est d’œuvrer pour l’accès universel des soins de santé pour tous », a lancé M. SAMBOE.

Il faut noter que la rencontre a vu la présence de plusieurs acteurs de santé du pays à l’instar du Président de l’Ordre National des Pharmaciens, Dr Kpéto Innocent.

Raphaël A (+22892060703)

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