Affaire « Tigre de la révolution » : La justice ordonne une enquête sur des allégations de torture sur les détenus

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©AfreePress-(Lomé, le 28 novembre 2020)-La Chambre d’Accusation de la Cour d’Appel de Lomé vient d’ordonner une enquête sur les allégations d’actes de torture et de traitements cruels, inhumains ou dégradants auxquels seraient victimes les personnes interpellées dans l’affaire dite ‘’Tigre révolution’’ au Togo.

Une décision qui fait suite aux actions menées par l’Association des Victimes de la Torture au Togo (ASVITTO), en collaboration avec le Mouvement Conscience Mandela (MCM), a appris l’Agence presse AfreePress.

En effet, ces organisations de la société civile ont informé dans un communiqué rendu public vendredi 27 novembre 2020, avoir sollicité et obtenu auprès de deux Cabinets d’Avocats, une action volontaire en faveur de quinze (15) personnes interpellées dans l’affaire dite « Tigre révolution » ou « d’insurrection armée ».

L’une des actions, poursuit le communiqué, a consisté à faire introduire par voie d’avocats, des demandes de mise en liberté provisoire.
« N’ayant reçu aucune suite à leurs demandes dans les délais requis par la loi, les avocats ont procédé, conformément au code de procédure pénale en vigueur, à une saisine directe de la Chambre d’Accusation de la Cour d’Appel de Lomé, pour pouvoir obtenir la mise en liberté de leurs clients », a indiqué le communiqué.

L’audience de la Chambre d’Accusation, selon les deux organisations s’est tenue le 18 novembre 2020 en l’absence des victimes inculpées, mais en présence de leurs Conseils. « A l’issue des débats, la Chambre d’Accusation de la Cour d’Appel de Lomé a entre autres, dans le prononcé de son délibéré, ordonné au Doyen des juges d’instruction du premier Cabinet, d’étendre son enquête sur les allégations de torture et traitements cruels, inhumains ou dégradants dont sont victimes les inculpés », précise le communiqué.

Une décision qu’ASVITTO et le Mouvement Conscience Mandela, qualifient d’ « historique ». Ils invitent à cet effet, les Président et Conseillers composant la Chambre d’Accusation de la Cour d’Appel de Lomé, à rester « ainsi attachés » à leur serment pour faire justice aux opprimés et victimes d’actes « ignobles et déshumanisants ».

Ces organisations ont profité de l’occasion pour inviter le gouvernement et la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) à prendre toutes les dispositions qui s’imposent pour protéger ces personnes qui gardées dans les locaux de l’ancienne direction de la gendarmerie nationale et au camp des Gardiens de Préfectures (Camp GP) d’Agoè-Logopé, dans le cadre de cette affaire.

D’après ces organisations, les victimes ont à plusieurs reprises déclaré avoir fait l’objet d’actes de torture, de traitements cruels, inhumains ou dégradants dans les diverses unités de garde à vue et de détention. Ils font état notamment de détention au secret pendant une période donnée, d’imposition de la diète alimentaire, de refus de faire prodiguer spontanément des soins de santé, d’interdiction de se laver et de se brosser les dents pendant plusieurs jours, de simulations de pelotons d’exécution, de décharges électriques, de passages à tabac, particulièrement sur des endroits sensibles du corps à savoir les tibias, les talons, d’interrogatoires sous la menace d’une arme, d’obligation de se tenir dans une position donnée et sous un soleil ardent pendant des heures…

« Il est déjà signalé des cas de maladies, voire de décès qui seraient survenus des suites des séquelles d’actes de torture et de traitements cruels, inhumains ou dégradants commis sur les victimes détenues dans l’enceinte du camp GP », déplorent les associations.

Raphaël A. (+22892060703)

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