Autonomisation de la jeunesse : Le Programme « YEWA » fait ses preuves au Togo

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©AfreePress-(Lomé, le 14 déc. 20)- Le programme « Youth Empowerment in West Africa (YEWA)», initié par l’ONG ‘’Plan international Togo’’ avec l’appui financier du Ministère des Affaires Étrangères du Danemark (MFA), fait des heureux bénéficiaires au Togo.

C’est le constat fait par un reporter de l’Agence de presse AfreePress au cours d’une visite de terrain effectuée du 07 au 11 décembre 2020 dans les différentes préfectures où ce programme est implémenté au Togo.

‘’YEWA’’ a pour objectif de permettre aux jeunes femmes et hommes de sa zone d’intervention, de réaliser leur plein potentiel en tant qu’agents de changement compétents, qualifiés et employables. Pour parvenir à ce résultat, le programme s’est basé sur quatre composantes à savoir, le droit à la Santé Sexuelle et de la Reproduction favorable aux jeunes, l’éducation, l’autonomisation économique et sociale, l’organisation des jeunes, l’engagement civique et autonomisation politique, l’environnement résilient, sûr et inclusif, le Partenariat solide, l’apprentissage mutuel et le plaidoyer. Il est mis en œuvre dans la préfecture de HAHO à travers l’ONG ‘’Jourdain Vie et Santé (JVS)’’. L’ONG ‘’Construire Ensemble (CE)’’ le réalise dans les préfectures de Doufelgou et Bassar.

Dans toutes ces localités, les propos recueillis sont les mêmes. Le Programme YEWA donne de bons résultats et ceci dans les quatre grands domaines qu’il aborde.

Parlant du Droits Socio-économiques (DSE), les résultats présentés par Plan international Togo et ses partenaires montrent que les jeunes ont une meilleure connaissance de leurs droits dans ce domaine. « 77 % des enquêtés (87 % des bénéficiaires YEWA contre 55 % des non-bénéficiaires YEWA) ont répondu qu’ils connaissent leur droit et l’ont prouvé en citant au moins 1 droit reconnu. Cette proportion était de 56% lors de l’étude base, qui est relativement égale à la valeur des enquêtés non-bénéficiaires. 65% (52 sur 80) des jeunes actifs enquêtés et bénéficiaires de ‘’YEWA’’ ont un compte bancaire dans une institution financière. Cette valeur était de 51.2% (76 sur 178) lors de l’étude base. 85% (44 sur 52) d’entre ceux qui ont des comptes déclarent épargner régulièrement sur leur compte. Les jeunes s’engagent aussi à promouvoir leur autonomisation économique à travers des groupes d’épargne (GE) au sein des associations de jeunes. Ainsi, 15 GE avec un effectif de 360 membres dont 263 jeunes femmes, ont été créés et sont fonctionnels avec un prix du tampon qui varie entre 100 et 500 F CFA », souligne le rapport à mi-parcours réalisé par les coordonnateurs du projet.

Sur le terrain, les témoignages des bénéficiaires, confirment cette étude menée par ‘’Plan international Togo’’ et ses partenaires.

« A la base, je suis un informaticien de formation. Mais après, j’ai dévié pour le métier de la cordonnerie. Les choses n’étaient pas faciles, surtout avec mon handicap. Mais depuis que j’ai connu le JVS, qui nous a formés dans le cadre du programme ‘’YEWA’’, rassurez-vous que je n’ai rien à envier aux personnes sans handicap. Je forme même des personnes sans handicap, grâce à ‘’YEWA’’. Le programme m’a aidé à réorganiser ma manière de travailler. Et je crois devenir une référence dans la préfecture de HAHO et sur le plan national », a confié à AfreePress, Komlan Mawudjro, cordonnier et bénéficiaire du programme ‘’YEWA’’ à Notsè (environ 100 km au nord de Lomé).

Même dans le secteur de l’agro-business, ‘’YEWA’’ fait parler de lui et permet aux jeunes de s’épanouir eux, et leur famille. C’est le cas de Brice BASSAM, entrepreneur spécialisé dans le secteur de l’élevage. Dans sa ferme, Brice fait l’élevage de lapins et de volailles. Il a réussi son entreprise grâce au concours ‘’Boost’’ initié par le JVS dans le cadre du programme ‘’YEWA’’.

« C’est un concours auquel j’ai participé. Cela consistait à soumettre des plans de projets. Et mon plan a été choisi parmi les meilleurs. Ce qui m’a permis de gagner une somme de 150. 000 FCFA. C’est avec ça, j’ai renforcé ma petite ferme. ‘’YEWA’’ m’a également envoyé à un séminaire, axé sur l’entrepreneuriat qui s’est déroulé au Bénin. Là-bas, j’ai appris beaucoup de choses et j’ai tissé des relations avec les autres entrepreneurs venus des autres pays du continent. Aujourd’hui, je ne me plains pas trop. J’ai une autre ferme ailleurs et je vis dans ma propre maison », a indiqué le jeune entrepreneur.

Les témoignages sont nombreux et pour certains, c’est l’accès aux crédits de financement d’affaires. Dans ce cas, le JVS a signé un partenariat avec la Coopec-AD, (une institution de microfinance qui octroie des crédits aux jeunes entrepreneurs accompagnés par ‘’YEWA’’. Selon le Chef d’Agence de la Coopec-AD, Notsè, Foly Kossivi, 38 jeunes accompagnés par ce programme ont bénéficié d’un crédit de 4 891 000 F CFA et la plupart de ces crédits ont été déjà remboursés.

Pour le Secrétaire général de la Préfecture de HAHO, Koumédjina KEKE, c’est une nouvelle page de l’histoire des jeunes du Togo que ces derniers écrivent grâce à ‘’YEWA’’.

« Moi particulièrement, je dis un grand merci à ‘’Plan international Togo’’ et ses partenaires pour ce programme. Avec ‘’YEWA’’, le phénomène de l’exode rural est limité dans notre préfecture. Les jeunes s’engagent dans l’entrepreneuriat et leurs réalisations sur le terrain constituent une source de richesse pour eux-mêmes, en particulier et pour le HAHO dans son ensemble. Aujourd’hui, les jeunes formés par ‘’YEWA’’ vont sur le terrain pour sensibiliser les autres et je pense que c’est un acquis du projet. Notre souhait est qu’après cette étape, ‘’Plan International Togo’’ et ses partenaires puissent relancer une autre étape en notre faveur », a martelé M. Koumédjina.

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Même en milieu scolaire, le Programme ‘’YEWA’’ fait parler de lui. Les choses ne sont plus comme avant. Plus de châtiments corporels dans les établissements scolaires des trois préfectures ciblées par ce projet.

À Niamtougou (439 km au nord de Lomé), les élèves, enseignants et parents d’élèves témoignent des bienfaits de ‘’YEWA’’.

« Suite à la formation que nous avions reçue auprès de l’ONG ‘’Construire Ensemble’’ dans le cadre du programme ‘’YEWA’’, nous avons compris que le bâton n’éduque pas. Maintenant dans notre lycée, il existe un contrat didactique élaboré au niveau de chaque classe. Et ce contrat est rédigé par les élèves et les enseignants. Dans ce document, chacun des deux parties dit ce qu’il pense pour instaurer un climat de paix dans les classes. Les élèves, eux-mêmes, rédigent les comportements à ne pas adopter en classe et les différents types de sanctions qu’il faut appliquer. Donc, ensemble, les deux parties s’engagent au respect de ce contrat. Et en cas de violation, ce n’est plus l’enseignant qui sanctionne, mais c’est le document qui est mis en application. Je vous assure que depuis l’adoption de cette méthode, notre établissement est devenu paisible. Les enfants n’embêtent plus et les enseignants aussi sont tranquilles. Ce qui fait évoluer les cours dans des conditions normales et la conséquence, c’est un fort taux de réussite », a confié le Proviseur du lycée de Niamtougou, Ani AGATE à l’Agence de presse AfreePress.

L’autre aspect constaté au niveau scolaire, est la gestion des établissements par l’ensemble des acteurs communautaires. L’école n’est plus à la charge des enseignants seuls, mais elle est gérée avec les enseignants et la communauté toute entière.

Construire ensemble tout comme JVS organise régulièrement des formations à l’endroit des jeunes et les amène à adopter un comportement nouveau.

Une autre localité où ‘’YEWA’’ a fait ses preuves, est le canton de SIOU (environ 12 km de Nimatougou). Là-bas, les quatre composantes ont été mises en œuvre et la population se réjouit d’ores et déjà des retombées. Surtout en matière de Droits à la Santé Sexuelle et de la Reproduction favorables aux jeunes. Les témoignages à ce propos, sont impressionnants.

« YEWA à travers « Construire Ensemble », nous a aidés à avoir la compétence nécessaire en matière de prise en charge des jeunes. Construire ensemble nous donne aussi des appuis financiers et matériels pour renforcer nos actions de sensibilisation. En tant que responsable, j’ai senti un changement au niveau des jeunes. Ils sont avec nous 24h/24… Avant, les jeunes avaient honte de venir se faire consulter en matière de santé sexualité. Maintenant, les jeunes viennent nous exposer leur préoccupation sans soucis. Ils viennent même chercher des préservatifs. Et tout cas, ça a un impact positif sur la société. Les cas de grossesses précoces sont limités. Les jeunes prennent soins de leur vie sexuelle. Et c’est leur avenir qui est ainsi assuré. Nous-mêmes en tant que personnel de santé, nous sommes contents et avec ce que le projet ‘’YEWA’’ nous a apporté, nous serons davantage au service de la population partout où besoin sera », a déclaré le responsable de l’unité de soins périphériques (USP) de SIOU, Solimfei Gilles Tchakpi.

Dans le HAHO tout comme dans Doufelgou et Bassar, le message passe bien. Les jeunes, surtout les jeunes filles sont dévouées sur le terrain et s’engagent activement sur le plan entrepreneurial, ainsi que dans les autres domaines en lien avec les quatre composantes du programme.

Pour le coordonnateur national du programme ‘’YEWA’’, Dr KANFOR-LARE Nambor, le résultat est ‘’satisfaisant’’.

« Les résultats que nous avons, de façon générale, c’est la prise de conscience des jeunes. Avec le programme YEWA, ils savent qu’ils ont des droits. C’est le premier grand résultat que nous avons obtenu. Puisque la finalité du Programme est de faire des jeunes, les acteurs de leur propre développement. C’est pourquoi le processus est basé sur cette prise de conscience. Ce programme nous a démontré que faire confiance aux jeunes, donne des résultats certains, si le cadre et l’accompagnement sont mis en place. Nous avons pour perspectives, de nous assurer que l’ensemble des indicateurs fixés soient atteints. Et le défis est de renforcer davantage le mécanisme de financement des affaires des jeunes. Pour atteindre cet objectif, nous sommes en négociation avec le FAIEJ (Fonds d’appui des initiatives économiques des jeunes). La microfinance AD finance déjà une partie des affaires des jeunes, mais nous voulons passer à l’échelle supérieure », a laissé entendre le responsable.

Il faut rappeler que le programme ‘’YEWA’’ est exécuté dans quatre (4) pays en Afrique de l’Ouest à savoir : le Bénin, le Burkina Faso, le Mali et le Togo.
Débuté en janvier 2018, ce programme prendra fin en décembre 2021.

Anika A. (+228 91024439)

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