Christian Trimua : « Le Togo n’a pas de détenus politiques… ce sont des détenus de délit de droit commun »

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©AfreePress-(Lomé, le 14 décembre 2020)- Au cours d’un dîner de presse organisé le week-end dernier par le Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo (CACIT) à l’occasion de la Journée internationale de la Déclaration universelle des droits de l’homme, le ministre des Droits de l’Homme et des Relations avec les Institutions de la République, a eu l’opportunité de se prononcer sur une question sensible mais d’actualité au Togo.

 

Il s’agit de la question de la détention de certains leaders politiques. Ces personnes, sont-elles des ‘’prisonniers politiques’’ et doit-on les désigner ainsi ?

 

Le ministre Christian Trimua répond à cette question par la négation. « Le Togo n’a pas de détenus politiques. Au fond, ce sont des éléments de langage de vocabulaire qui sont utilisés à des fins politiques, mais d’un point de vue judiciaire, ce sont des détenus de délit de droit commun », a indiqué M. Christian Trimua dont les propos sont rapportés par le site d’information www.togobreakingnews.info.

 

« Si nous voulons les faire libérer, alors prenons le statut judiciaire qui leur a été donné et traitons les sur la base de ce statut judiciaire et dans ce cas, nous leur rendons service », a poursuivi le ministre qui accuse au passage, l’opposition togolaise et les acteurs de la société civile d’avoir tendance à « manipuler des concepts rendant ainsi difficile la résolution des questions relatives aux droits humains ». Pour lui, il serait urgent et judicieux de « revoir le statut des détenus politiques attribués ‘’à tort à travers’’ à certains prisonniers au Togo ».

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Il dénonce avec témoignage à l’appui, ce qu’il appelle de la « manipulation d’un certain nombre de concepts qui ne sont pas toujours avantageux pour les uns et les autres ». « Nous perdons de formidables opportunités de régler des questions des Droits de l’Homme. Le Médiateur de la République peut faire une médiation sur le sujet mais à partir du moment où c’est une connotation politique, ce n’est plus de son domaine », a-t-il rappelé et d’évoquer le cas d’un groupe de femmes qui se disaient être les épouses d’un détenu politique et qui ont sollicité l’intervention du Médiateur de la République pour demander une amnistie pour leur conjoint en détention. Ceci relève d’un ‘’amalgame’’ et d’un’’ mépris des concepts’’, dénonce-t-il.

 

Ces propos résonnent en écho à la demande faite il y a quelques jours, par la Conférence des Evêques du Togo qui a plaidé pour la libération de Kafui Adjamagbo-Johnson et de Gérard Djossou, tous deux leaders de la Dynamique Mgr Kpodzro accusés d’attentat à la sécurité intérieure de l’Etat et détenus à la prison civile de Lomé.

 

A.Y.

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