Conflit de terrain à Bè-Kpota Atchantimé : La position de l’avocat de Mme Amanda Kentzler sur cette affaire

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©AfreePress-(Lomé, le 29 décembre 2020)- L’information a fait la Une de tous les organes de presse en ligne du Togo. Au quartier Bè-Kpota Atchantimé à Lomé, des familles entières sont actuellement priées de vider leurs maisons. Elles sont près d’une soixantaine de familles à vivre cette situation occasionnée par un conflit portant sur des parcelles de terrain acquises à prix d’or depuis plus de quatre décennies, pour certaines familles.

 

L’affaire oppose une héritière de M. Benno Kentzler à ces ressortissants togolais dont les maisons sont érigées sur un domaine de 3 hectares, soit environ 76 habitations bâties, que réclament les descendants de M. Benno Kentzler.

 

Ceux-ci réclament le droit de propriété sur cet espace qu’ils disent avoir hérité de leur grand-père de nationalité allemande qui aurait acquis ces terres en 1947 auprès des autochtones.

 

Au départ, la demande a été faite par Madame Fafadji Frieda Guerard, qui à l’appui de sa requête, avait brandit le duplicata d’un titre foncier qui aurait été établi sur la base d’une déclaration verbale de propriété depuis 1947. Selon elle, les parcelles auraient été données à son feu père Kentzler à l’époque coloniale par la collectivité Hotounou.

 

L’affaire fut portée devant les tribunaux et par jugement N°696 du 14 avril 2006, le tribunal de première instance de Lomé donne raison à Madame Fafadji Frieda Guerard et ordonne une exécution provisoire de la décision. Ce jugement est ensuite attaqué devant la Cour d’Appel. Tout cela se déroulait en 2000.

 

En 2007, la plaignante décède. L’affaire reste alors pendante devant la Cour d’Appel. Pour la poursuite de la procédure, les héritiers de la plaignante décédée devraient faire une reprise d’instance. C’est seulement en 2019 qu’une autre héritière du nom de Guerard Amanda, né Kentzler se présente et demande vaille que vaille l’expulsion des familles.

 

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Une fois encore, les occupants des lieux s’organisent et s’opposent à cette réclamation et ceci devant la justice. Ce qui leur permet d’obtenir de nouveau, un sursis à exécution par décision du président de la Cour d’Appel, suspendant le jugement N°696 du 14 avril 2006 et ce, jusqu’à l’issue définitive du procès.

 

Une tentative de passage en force qui fait réagir

 

Les deux parties avaient encore rendez-vous devant la Cour d’Appel le 30 décembre 2020 pour la suite de ce procès. Mais avant cette date, deux familles vivant sur les lieux ont été manu-militari expulsées le 10 décembre 2020. Ce qui est à l’origine du remous constaté actuellement.

 

Pour la partie adverse, il s’agit là, d’une violation fragrante d’une décision de justice, bafouant les règles élémentaires du droit.

 

Ces derniers étaient dans les rues de Lomé le 28 décembre 2020 pour dénoncer une « tentative d’expropriation » et « l’arnaque » dont elles se disent, être les victimes de la part de Mme Guerard Amanda.

 

Ces victimes ont profité de leur sortie pour interpeller le chef de l’Etat et les autorités togolaises et les appeler à leur venir au secours.

 

« On s’est rendu compte, qu’il s’agissait d’une dame du nom de Guerard Amanda, né Kentzler, d’origine allemande qui  réclame le titre foncier de tout le quartier, dont 67 maisons au total sont concernées par l’expulsion », confie Koami Gnamezan, porte-parole du Mouvement des acquéreurs de terrain chez la collectivité Hotounou.

 

Selon les informations, Dame Guerard Amanda Tatiana, se dit héritière du quartier à travers son papa allemand du nom de Kentzler, qui s’est fait établir un titre foncier sur le quartier depuis l’époque coloniale, plus précisément dans les années 1947. Alors qu’en réalité souligne le Porte-parole des victimes, « à l’époque comme c’était une administration coloniale, le Sieur Kentzler, le parent d’origine allemande, a eu à négocier verbalement les terrains auprès des collectivités autochtones, pour se faire établir un titre foncier à l’insu de ces dernières. Selon les collectivités, dont quelques rares sont encore en vie, ils nous disent qu’ils n’ont jamais été au courant de l’affaire ».

 

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Face à la situation qui aujourd’hui risque de mettre dans la rue plus de 67 ménages, dont la majorité composée d’une cinquantaine de personnes, les populations appellent les autorités compétentes, plus particulièrement le Chef de l’Etat, à intervenir.

 

« Aujourd’hui, nous lançons un appel solennel, un cri de cœur, un appel de détresse au président de la République de nous venir en aide et de remettre les populations dans leurs droits… Nous sommes dans le quartier depuis 1973, soit 47 ans. Nous avons acquis nos parcelles auprès des collectivités Hotonou, depuis près de quatre (4) générations. Aujourd’hui, si les autorités laissent Guerard Amanda Tatiana, réussir son coup, ça risque d’avoir un impact négatif sur Lomé la capitale », soulignent-ils.

 

« Il s’agit d’un titre foncier qui a été établi sans les documents de base que sont notamment, le reçu de payement ou encore un contrat de vente de terrain. La femme n’a rien de tout cela, mais elle se base sur le titre foncier pour exproprier toute une population de leurs maisons. Pis, elle ne détient que le duplicata dont elle se prévaut pour faire le forcing ».

 

Interrogé par l’Agence de presse AfreePress, l’avocat de Mme Guerard Amanda Tatiana, pousse un coup de gueule à l’endroit de son confrère de la partie adverse. Pour Me Edorh Éloge, il est malséant de la part de son confrère, de porter une affaire pendante devant les tribunaux dans les colonnes des médias. « Je n’ai rien à dire, tout ce que je vais dire, est destiné au juge et non aux médias », a-t-il pesté.

Olivier A.

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