Interview de Naboudja Bouraïma : « Je revendique qu’on me rétablisse dans mes droits professionnels… »

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©AfreePress-(Lomé, 3 février 2021)- Bouraïma Naboudja, l’activiste de la société civile et enseignant de profession, actuellement employé au ministère de la Fonction publique, du Travail et du Dialogue Social, est actuellement au centre de tous les débats. Mardi 2 février 2021, l’homme a écopé d’une ‘’sévère’’ sanction de sa hiérarchie. Il ne touchera pas son salaire et les avantages y afférents pour une durée de 30 jours. La mesure, signée du ministre de la Fonction publique, du Travail et du Dialogue Social, Gilbert Bawara, à travers l’arrêté N°0265/MFPTDS en date du 29 janvier 2021, relève que cette décisio est prise pour « non-respect de l’obligation de réserve » du fonctionnaire Naboudja et « violation des dispositions de l’article 157 du statut général de la fonction publique » par l’accusé.

Contacté par la rédaction de l’Agence de presse AfreePress, le mis en cause livre sa part de vérité, et estime que la sanction du ministre est  » sans fondement’’.

Le fonctionnaire, indique avoir été sanctionné à cause de ses « prises de position » et de son engagement pour la justice sociale et contre les violations des droits de l’Homme au  Togo.

Voici l’intégralité de ses propos.

AfreePress : Bonjour M. Bouraïma Naboudja. Vous avez été sanctionné mardi dernier par votre hiérarchie. Vous êtes accusé de « non-respect de votre obligation de réserve » et de « violation des dispositions de l’article 157 du statut général de la fonction publique ». Comment réagissez-vous à cela ?

Naboudja Bouraïma : Cette sanction n’a pas de fondement. Le ministre m’avait demandé une lettre d’explication, que je lui ai envoyée. En temps normal, il devait y avoir une commission pour m’écouter et entendre ma ligne de défense avant qu’on ne prenne une décision quelconque. Mais de façon unilatérale, le ministre a choisi de me sanctionner par une mise à pied d’un (01) mois. J’ai pris acte et je tiens à lui dire que ce n’est pas cela la solution. Ça ne va pas me décourager dans mon engagement pour la justice sociale au Togo.

AfreePress : Croyez-vous réellement que cette sanction, c’est pour vous punir pour votre engagement social, ou c’est par ce qu’on vous accuse de ne pas respecter les règles qui régissent la fonction publique ?

 

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Naboudja Bouraïma : On m’accuse d’inciter les enseignants à faire grève. C’est ce qui me fait dire que c’est par rapport à mon engagement. Tout ce qu’on me reproche, n’a aucun rapport avec le cadre professionnel. En quatre (4) ans de service, j’ai eu quatre (4) affectations. Est-ce que c’est anormal ?

Je revendique qu’on me rétablisse dans mes droits professionnels pour que je puisse servir l’Etat dans les domaines où je suis utile. Moi, je n’ai pas fait une formation en administration. Mais en 4 ans, j’ai eu 4 affectations et on m’envoie dans des services qui ne répondent pas à mes compétences. C’est une torture psychologique. C’est comme on prend un maçon pour lui demander de faire le travail d’un menuisier ou qu’on prend un militaire pour lui demander de faire le travail d’un cordonnier. C’est une mauvaise gestion du personnel administratif.

AfreePress : Le ministre Gilbert Bawara dit que vous lui manquez de respect alors qu’il est votre responsable hiérarchique. Qu’est-ce que vous avez à dire à cela ?

 

Naboudja Bouraïma : Je n’ai jamais rencontré le ministre Bawara. Lui et moi, nous n’avons jamais eu la chance de parler, mis à part l’année passée, lorsqu’il m’avait attaqué le 4 décembre 2020. Je ne suis pas contre lui, mais je dis que les enseignants togolais méritent mieux. Je dis que les Togolais méritent mieux et c’est ça mon engagement. En quoi cela est-il une mauvaise chose ? Dans un Etat normal, je devrais être décoré pour mon engagement.

AfreePress : Maintenant, quelle sera la suite ? Est-ce que vous promettez de rentrer finalement dans les rangs ?

Naboudja Bouraïma : Ma lutte ne date pas d’aujourd’hui. Aussi longtemps que les Togolais seront victimes d’injustice, Naboudja sera là, aux côtés de ceux qui sont engagés contre ces actes.

 

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Propos recueillis et transcrits par Anika A.

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