Interview du Maire de Golfe-1 Joseph Koamy GOMADO : « En 2020, nous avons établi 10 803 actes de naissance et officié 318 mariages »

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©AfreePress-(Lome, le 18 février 2021)-Les élections municipales ont eu lieu au Togo le 30 juin 2019, une première dans le pays en 32 ans.

Plus d’un an après ces élections qui ont ouvert véritablement la voie à la décentralisation, quel est l’état des lieux ? Dans une interview accordée à plusieurs médias de la place, Joseph Koamy GOMADO, Maire de la commune Golfe-1, explique tous les aspects liés à la gestion de sa commune.

Lisez plutôt !

Bonjour Monsieur le Maire. Élu en 2019, vous êtes dans votre deuxième année de votre mandat. Quel petit bilan pouvez-vous faire… ?

Joseph Koamy GOMADO : D’entrée, je voudrais vous remercier pour l’opportunité que vous m’offrez pour parler de la commune du Golfe1. Aussi, permettez-moi de manifester à l’endroit de tous les médias, nos reconnaissances pour leurs accompagnements dans la lutte contre la Covid-19 et également pour le rôle de veille de transparence dans la gouvernance municipale qu’ils ne cessent de jouer. Pour venir à la question, je peux déjà parler des réformes que nous avons faites sur le plan administratif. Nous pouvons nous glorifier de nos efforts de rapprocher nos services des administrés. Sur ce point, les impacts sont visibles. Plus de lenteur dans les prestations et services de la mairie et surtout dans la délivrance des actes administratifs. C’est ainsi qu’en 2020, nous avons établi 10 803 actes de naissance soit 5410 pour les garçons et 5393 pour les filles. Malheureusement nous avions délivré 727 actes de décès ; disons ici que c’est Dieu qui donne la vie, la préserve et la retire au moment voulu. Et que brille à leurs yeux la lumière sans déclin du Père Céleste. Je rappelle que toutes ces pièces sont établies dans une fourchette de 15 à 30 minutes et le demandeur à l’obligation de rester sur place pour retirer son acte. Il faut dire aussi que nous avons en cette même année officié 318 mariages bien sûr dans le strict respect des mesures barrières. Aussi, 106 136 pièces ont été légalisées. Pour rapprocher plus nos services à nos administrés, notre territoire communal est subdivisé en six zones et nous travaillons pour doter chacune d’une annexe. Cette approche est également une stratégie pour réorganiser la collecte des taxes municipales nécessaire pour mieux servir les besoins de nos populations.

En 2020, certains travaux qui impactent directement la vie quotidienne de nos citoyens ont été également réalisés ; entre autres, nous pouvons citer les travaux d’entretien et de balayage des voies, l’entretien et de rénovation des feux tricolores, rallongement de la clôture du cimetière de Bè-Kpota, construction de cinq forages d’eau potable, réhabilitation de latrines publiques, construction de deux bâtiments scolaires, clôture de la forêt sacrée de Bè-Hounvèmé, travaux de réhabilitation de certaines voies, etc. Par ailleurs, pour mettre les agents dans de bonne condition de travail, nous avons eu à doter certains services de matériels roulants (2 véhicules et 10 motos) ainsi que des mobiliers de bureau et matériels informatiques.

D’autres réformes endogènes sont en cours pour être de jour en jour plus performant. Disons que le chemin du développement communal est très long et que nous venons de commencer avec l’adhésion de tous.

Et c’est le lieu de remercier toutes les parties prenantes à la fois de l’administration centrale et de la base. Merci à eux et pour leur disponibilité permanent.

Des promesses de campagne faites, qu’est-ce qui a déjà été fait et qu’est-ce qui reste à faire…?

Joseph Koamy GOMADO : Pour ne pas danser et m’apprécier au même moment je laisse le soin à mes électeurs de m’apprécier.

Monsieur le Maire, on vous connaît comme un opposant militant de l’ANC. Après ce petit temps passé, ça a été facile…? Comment trouvez-vous la gouvernance des hommes voire de tout un pays ?

Joseph Koamy GOMADO : L’honnêteté intellectuelle nous demande de dire simplement que ce n’est pas du tout facile la gouvernance. Je vais vous faire une anecdote : lorsque vous êtes jeunes surtout célibataires, vous pouvez faire ce que bon vous semble dans votre chambre, mais à partir du moment où vous avez une copine, les règles changent ; elle vous demande de faire ceci, de ne pas faire cela. Lorsque vous êtes en couple et avez encore un enfant, là les règles deviennent plus contraignantes. Si dans ce cercle restreint, la gestion humaine n’est pas facile malgré la proximité familiale, il faut reconnaître, que ce défi reste énorme à relever avec 395.190 habitants de la commune Golfe 1 où les ambitions et les préoccupations sont énormément diverses. C’est un engagement citoyen et à la fois politique que notre équipe cherche quotidiennement à respecter dans la cohésion. Je profite de cette occasion pour remercier tous les membres de l’exécutif communal, le conseil ainsi que tout le personnel pour leur attachement à l’esprit de cohésion sans lequel rien ne peut se faire en matière de développement.

Bref, c’est vous dire que lorsque vous êtes à l’extérieur, la complexité de la gestion d’un territoire ou de tout un pays va forcément vous échapper. Une fois aux affaires, c’est toute une autre réalité. Pour dire que ce n’est pas facile de diriger les hommes. Toutefois, cette responsabilité conforte ma conviction politique en tant que membre actif de l’ANC à faire encore plus pour notre cher pays le Togo, l’or de l’humanité.

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Monsieur le Maire, quand on parle de commune du Golfe 1, c’est quoi? Un petit historique, svp Monsieur le Maire!

Joseph Koamy GOMADO : La commune Golfe 1 (Bè-Est) et dont le chef-lieu est Bè-Afedomé, est créée effectivement par la loi N° 2017-08 du 29 Juin 2017 portant création des Communes au Togo ; et le décret N°2017-144/PR du 22 décembre 2017 a fixé son ressort territorial. Elle est limitée au Nord-Ouest par la commune Golfe2, au Nord par la Commune de Zio1, au Sud par l’Océan Atlantique, à l’Est par la commune de Golfe 6 et à l’Ouest par la commune de Golfe 4. Elle fait partie du District Autonome du Grand Lomé (DAGL) et s’étend sur une superficie de 56 km2, avec une population de plus de 395 190 habitants.

La commune Golfe1 comporte trente-six (36) quartiers : Bè-Hédjé, Bè-Apéyémé, Bè-Dangbuipé, Bè-Adzrometi, Bè-Agodo, Bè-Agodogan, Bè-Allaglo, Bè-Ahligo, Bè-Hounvémé, Bè-Adanlekpossi, Bè-Wété-komé, Bè-Akodessewa, Bè-Kotokou-kondji, Bè-Ablogamé, Bè-Kanyikopé, Bè-Adakpamé, Bè-Adakpamé-Dangbuipé, Bè-Adakpamé-Apéyémé, Bè-Adakpamé-Kpota-Colas, Bè-Kpota-Adidomé, Bè-Akodessewa-kpota, Bè-Akodessewa-Kponou, Bè-Anfamé, Bè-Kpota-Dénouvimé, Bè-Kpota-Atchantimé, Bè-kpota, Bè-Kpota-Tokoin , Ntifafakome Nord, Bè-Attiégou, Bè-Souza-Nétimé N°1, Bè-Souza-Nétimé N°2, Bè-Souza-Nétimé N°3, Bè-Anthony-Nétimé, Katanga, Kélégougan et Klobatèmé. Elle est la plus grande des treize (13) communes composant le district.
Il faut reconnaître que la décentralisation est à son début de mise en œuvre et son parcours fera certainement objet d’un certain nombre de réajustements de la part du gouvernement, dans une perspective d’amélioration. Je parlerai ici seulement du problème lié à la délimitation de nos communes. Cette situation impacte négativement la mobilisation des ressources financières et crée des frustrations. Mais personnellement, je ne m’attarderai pas sur ce jeu ridicule, car, j’ai beaucoup de travail à faire sur le territoire qu’aucun ne peut revendiquer, que de gaspiller mon énergie à lutter une portion qui reste inévitablement une partie intégrante du Togo.Ce n’est pas une faiblesse, au contraire, c’est une attitude sage et visionnaire, qui donne une chance à la réussite de la décentralisation.

En 2020, vous aviez un budget. Quel était le montant et combien avez-vous pu mobiliser ?

Joseph Koamy GOMADO : En 2020 le budget est de 2.491.400.000 FCFA et nous avons pu mobiliser environ 2.086.269.523 FCFA. L’objectif n’est pas atteint. Cela nous appelle à redoubler d’efforts. Dans ce sens, à part une réorganisation en interne, nous sommes appelés à travailler étroitement avec l’OTR à qui nous jetons nos fleurs pour ses efforts en ce temps de pandémie de coronavirus pour la mobilisation de plus de 1,7 milliards de nos francs. Aussi, un travail de civisme fiscal, une impérieuse nécessité, se fait à l’endroit des populations. Dans ce cadre, un contrat sera signé avec un groupe de médias pour nous accompagner ; de même sur d’autres questions de la vie communale comme la salubrité, la sécurité, bref, sur toutes les questions de développement communal. La prévision budgétaire de cette année 2021 est estimée à 2.215.966.599 FCFA. L’ambition est d’aller au-delà si nous conjuguons tous nos efforts.

Une chose est de mobiliser les ressources tant endogènes qu’externes. Une autre chose est de mettre les contribuables, le gouvernement et les PTF en confiance en assurant une gestion efficiente et transparente. Cette approche engendre une adhésion de la grande majorité des acteurs et par ricochet des résultats satisfaisants.

Quelles ont été les difficultés enregistrées dans l’exécution de ce budget ?

Joseph Koamy GOMADO : Une première année d’expérience qui engendre souvent des tâtonnements dans la prise de décisions. Cette situation a fait que nous avions pu exécuter que seulement 32% du plan de passation de nos marchés. Aussi, nous étions confrontés à un manque de personnel qui nous a souvent amenés à faire appel aux différents services du DAGL. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi. Ce partenariat nous a beaucoup aidés ; nous allons toujours maintenir cette collaboration qui constitue aussi un des axes de la décentralisation. Nous profitons de cette tribune pour dire infiniment merci au Secrétaire Général par Intérim et à tous ses collaborateurs. L’une des difficultés est aussi des sollicitations énormes et légitimes de nos concitoyens et dont la grande partie n’a pas trouvé de solutions. Nous le regrettons en toute humilité. On dit souvent que «la fin justifie les moyens ». Toute l’équipe communale dans une approche participative et active travaille pour jeter une base solide d’une commune émergente et innovante. En fin, nous pouvons aussi évoquer la pandémie de la Covid-19 qui a plombé à la fois le dynamisme au niveau local, national et international avec ses effets négatifs sur le plan socioéconomique.

La crise sanitaire se poursuit et vous devez cependant aussi poursuivre la mobilisation des ressources. C’est quoi le budget de cette année, et comment comptez-vous y arriver ?

Joseph Koamy GOMADO : Oui, oui, mais tout le monde s’accorde qu’on doit vivre avec cette situation sanitaire, mais bien sûr en limitant les dégâts grâce au respect strict des gestes barrières. Là aussi, c’est un travail quotidien à abattre vu le taux sans cesse croissant des cas de contamination. Aussi en 2020, la commune a fait face à la pandémie de choléra qui était déclenchée à Katanga. Nous devons aussi renforcer les acquis des mesures prises pour faire face à cette situation.

En effet, comme je l’ai dit précédemment, notre budget de cette année est de 2.215.966.599 FCFA. Une démarche triangulaire basée sur le mariage polygame (rire) Mairie – OTR –Contribuable est un concept à développer. La stratégie est basée sur une alliance Mairie – OTR pour mieux organiser la collecte des impôts et taxes auprès de certaines catégories de contribuables ciblés par les deux acteurs. L’information, l’éducation et la communication restent avant tout l’arme primordiale à utiliser. Au niveau de la municipalité, le recrutement des agents de recouvrement et des agents collecteurs constitue une des phases de nos chantiers. Un recensement des contribuables est aussi en cours de préparation avec notre trésorier. Quel que soit le cas, il faut travailler sur les facteurs susceptibles d’influencer la volonté des citoyens de payer des impôts et des taxes.

Golfe 1, quels sont ses atouts économiques par rapport aux autres communes du Golfe 1?

Joseph Koamy GOMADO : Le processus d’élaboration du plan de développement communal enclenché il y a quelques mois permettra d’avoir un répertoire complet de ces atouts économiques et de savoir comment les valoriser. Néanmoins, quelques atouts sont entre autres : les 395 190 âmes avec une population jeune très majoritaire, source de dynamisme et de main-d’œuvre ; une nature omniprésente en milieu urbain à valoriser où la plage, les lacs et deux forêts sacrées sont présents ; une zone portuaire, source de diverses activités économiques florissantes ; l’existence du bassin du fleuve Zio à valoriser ; le noyau ancien de Bè, un village en pleine ville, constitue un atout touristique à travailler et à vendre ; les marchés locaux ; les établissements scolaires et privés ; les activités culturelles des autochtones et le brassage de toutes les ethnies dans la commune qui constituent le socle d’une cohésion sociale, etc.

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