Université de Lomé : Mme Bêkeyi Iyé SOGOYOU désormais Docteur en Psychologie clinique et de la santé

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©AfreePress-(Lomé, le 18 février 2021)-Mme Bêkeyi Iyé SOGOYOU est désormais Docteur en Psychologie clinique et de la santé depuis le 10 février 2021. Ceci après avoir présenté et soutenu brillamment sa thèse de doctorat unique au département de Psychologie appliquée (DPA) de la Faculté des sciences de l’homme et de la société (FSHS) de l’Université de Lomé (UL) avec la mention « Très Honorable ».

Placée sous le thème : « Type de handicap mental, traumatisme parental et crise de la parentalité : Étude auprès des parents d’enfants en situation de handicap mental au Togo », la thèse de 307 pages présentée par Mme Bêkeyi Iyé SOGOYOU soulève la problématique du « handicap mental ». Ce n’est pas un phénomène récent, ni un mal propre à tel ou tel peuple, mais plutôt un problème universel », a-t-elle défendu dans son travail.

Devant un jury présidé par Prof. Komi KOSSI-TITRIKOU, (Professeur titulaire en Anthropologie à l’UL), assisté de Dr Mofou BELO, Professeur titulaire de Neurologie à l’UL (Rapporteur), Dr Boussanlègue TCHABLE, Maître de conférences en Psychologie et de l’Éducation à l’Université de Kara (Rapporteur), Paboussoum PARI, Professeur de Psychologie à l’UL (Examinateur) et Dr Sébastien YOUGBARE, Maître de Conférences à l’université Ouaga 1 (Burkina Faso), l’impétrante a présenté pendant une vingtaine de minutes, son travail dans un langage clair et compréhensible. Elle a expliqué les raisons qui ont motivé le choix de son thème, ses grandes articulations, la méthodologie et surtout, elle a présenté les résultats obtenus.

Dans son travail, Mme SOGOYOU relève que ce soit : l’infirmité motrice d’origine cérébrale de l’enfant (IMOC), une aberration chromosomique (la trisomie) ou une insuffisance plus ou moins marquée du développement de l’intelligence (déficience mentale), l’annonce de l’un de ces types de handicap constitue une « grande violence traumatique »dans la famille et qui remet en cause un bonheur essentiel à la vie du couple. Ainsi, d’après ses analyses, presque tous les parents d’enfants en situation de handicap ont un air « anxieux et dépressif ». Il s’agit de constats faits sur le terrain.

« Le but de cette recherche est d’analyser la relation qui existe entre le type du handicap, le traumatisme parental et la crise de la parentalité auprès des parents d’enfants en situation de handicap mental. Pour ce faire, nous avons adopté une méthodologie mixe pour la collecte des données (entretien semi-dirigé, questionnaires, outil d’évaluation du traumatisme psychique chez les parents). L’enquête a été réalisée sur un échantillon de 101 parents dont 71 femmes et 30 hommes qui ont inscrit leurs enfants à l’institut Médio Psycho Pédagogique (IMPP) ‘’l’ENVOL’’ du Togo », a-t-elle expliqué au jury.

Et les principaux résultats présentés par l’impétrante révèlent que l’infirmité motrice d’origine cérébrale est le type de handicap qui crée un degré élevé de traumatisme chez les parents d’enfants en situation de handicap mental.

« Le degré de traumatisme entraîne une crise de la parentalité. Celle-ci est plus présente chez les pères que chez les mères. Les variables : âge, profession, statut matrimonial, appartenance religieuse, type d’habitat, influent sur la crise de la parentalité. L’étude révèle que l’existence des facteurs associés au traumatisme parental et à la crise de la parentalité sont : les stratégies de l’annonce, les effets de l’annonce, le rang de l’enfant dans la fratrie, les difficultés liées au type de handicap et les représentations du type de handicap par les parents », précise-t-elle.

Mme Bêkeyi Iyé SOGOYOU a mis l’accent sur l’implication clinique de son travail de recherche. Il s’agit d’après elle, de contribuer à la sensibilisation des médecins et autres professionnels de la santé sur la nécessité d’une préparation des parents pour ces types d’annonces afin de les rendre moins traumatisantes. L’éducation de masse, l’accompagnent des parents à exprimer leur souffrance et l’organisation des suivis psychologiques permanents par le biais d’une information répétée une fois que l’état de l’enfant a été annoncé et reçu par les parents, sont également des éléments à prendre en compte.

Outre des recommandations à l’endroit du personnel de santé, des parents d’enfants en situation de handicap mental, l’impétrante suggère spécialement aux autorités, la création de centres de prise en charge médicale et psychosociale des enfants en situation de handicap mental et de leurs parents, la construction de centres de formation artisanale pour des personnes en situation de handicap mental en vue de leur intégration effective dans la société et la mise en place de subventions pour venir en aide aux parents de ces enfants.

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Le jury a apprécié la qualité et la pertinence du travail de l’impetrante. Un travail qui est non seulement révélateur, mais aussi d’actualité. « C’est un véritable problème de santé publique que vous avez fait. Et vous l’avez bien fait », a lancé le président du Jury.

Cet avis est partagé par Dr Mofou BELO qui estime que le travail de Mme SOGOYOU a une portée nationale.

« Il y a également un problème de personnel qualifié pour encadrer ces enfants en situation de handicap mental. Ce travail vient à point nommé pour soulever un problème de santé publique puisque, si nous ne s’y attaquons pas dès maintenant, demain qui s’occupera de ces enfants lorsqu’ils seront grands ? Et cela deviendrait un problème de société parce que ces enfants sont parfois très violents » précise-t-il.

Pour celui-ci, les communes doivent être mises à contribution.

« Dans le cadre de fonctionnement des maires, ce problème de santé doit y être. Ces enfants doivent être répertoriés pour qu’au niveau de chaque mairie, une structure soit mise en place pour les prennent en charge. Dans certains pays, on leur donne même une allocation. Même si dans notre pays, on ne donne pas d’allocations, l’essentiel est que des structures soient mises en place pour les accueillir. On fait souvent des thèses qui n’apportent rien à la société. Mais celle-là, je crois que si on l’exploite bien, on peut régler un réel problème de société et de santé publique », a indiqué le Directeur de thèse.

A l’issue de sa présentation, Mme SOGOYOU a été jugée à l’unanimité du jury, digne du Grade de Docteur en Psychologie clinique et de la santé avec mention « Très Honorable ».

Pour rappel, Mme Bêkeyi Iyé SOGOYOU désormais Docteur des Universités est l’actuelle Directrice de l’institut Médio Psycho Pédagogique (IMPP) « l’ENVOL » de Bè (Lomé).

(+228 90 10 28 66)

Raphaël A.

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