Dr Natalia Kanem : « Investir dans des sages-femmes autonomes est l’un des moyens les plus sûrs de préserver la vie… »

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©AfreePress-(Lomé, le 2021)- La Journée Internationale de la Sage-femme est célébrée mercredi 5 mai 2021 à travers le monde. A l’occasion de cette journée, la Directrice Exécutive du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), Dr Natalia Kanem a rendu public une déclaration dans laquelle elle rend hommage aux sages-femmes du monde entier pour leur ‘’engagement’’ au service du bien-être de la mère et de son l’enfant.

Elle a profité de cette occasion pour inviter les Etats à œuvrer pour amélioration des conditions de travail de celles-ci en vue de l’accélération des objectifs de développement durable, ODD 3.1 (réduire le ratio mondial de mortalité maternelle à moins de 70 pour 100 000 accouchements en vie d’ici 2030).
« Chaque jour, dans toutes les régions du monde, les sages-femmes sauvent la vie de femmes et de bébés et promeuvent la santé et le bien-être de communautés entières. Elles méritent notre respect et notre gratitude, mais cela ne suffit pas. Les sages-femmes méritent un plus grand investissement dans leurs capacités et lieux de travail qui les rend autonomes et reconnaît pleinement leurs compétences et leurs contributions », a-t-elle déclaré.

MLa Directrice Exécutive de l’UNFPA invite par ailleurs, les acteurs à mettre en lumière les données et preuves qui entrent dans le plaidoyer en faveur d’un investissement accru dans la profession de sage-femme en tant qu’élément essentiel des soins de santé.

Dans la dernière édition du rapport sur la Situation de la Profession de Sage-femme dans le Monde, l’UNFPA, l’Organisation Mondiale de la santé (OMS) et la Confédération Internationale des Sages-femmes (ICM), avaient relevé que l’augmentation du nombre de sages-femmes et la qualité des soins qu’elles dispensent, permettront à l’humanité de sauver environ 4,3 millions de vies par an d’ici 2035.

Aussi, selon ces organisations, la couverture universelle des interventions réalisées par les sages-femmes d’ici 2035 permettrait d’éviter 67 % des décès maternels.

Pour la Directrice Exécutive de l’UNFPA, ces résultats ne peuvent être obtenus qu’à travers une amélioration de l’éducation et de la formation des sages-femmes, ainsi que d’une réglementation complète et favorable du lieu de travail.

« Elles doivent jouer un rôle plus important dans la gouvernance et le leadership professionnels ainsi que leur domaine d’intervention, afin d’avoir la possibilité d’utiliser leur expérience unique pour faire progresser les politiques de santé et la prestation de services », a souligné dans son message, Dr Natalia Kanem.

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La responsable de l’agence onusienne, n’a pas passé sous silence les conditions dans lesquelles les sages-femmes travaillent depuis l’apparition de la pandémie de la Covid-19.
Selon l’institution, les sages-femmes ont été confrontées à une pression croissante pendant la pandémie, et à des inégalités accrues sur leur lieu de travail. « Souvent à court d’équipement de protection et ayant moins accès aux vaccins que les autres travailleurs de la santé, les sages-femmes ont mis leur propre vie en danger au service des autres. Ce dévouement est une ressource inestimable, mais trop de systèmes de santé en dépendent sans que la profession de sage-femme ne soit soutenue de manière proportionnelle. Cela court-circuite les ambitions d’atteindre l’objectif de “zéro décès maternel évitable d’ici 2030” », regrette Dr Natalia Kanem qui appelle les Etats à agir rapidement.

« Les systèmes de santé du monde entier doivent en prendre note – et agir – car investir dans des sages-femmes autonomes est l’un des moyens les plus sûrs de préserver la vie et de protéger la santé et le bien-être de tous », a-t-elle insisté.

Il faut noter que la commémoration de journée internationale des sages-femmes cette année, coïncide avec la publication du rapport 2021 sur l’état de la pratique de sage-femme dans le monde (SoWMy).

Pour l’UNFPA, ce rapport apportera les dernières « preuves » sur l’importance cruciale d’investir dans des soins de qualité et servira d’outil essentiel pour inciter les gouvernements, donateurs et décideurs politiques à prendre des décisions de manière éclairée sur la façon d’utiliser les fonds et ressources efficacement.

Placée sous le thème : « Les chiffres parlent d’eux-mêmes : investissez dans les sages-femmes », la Journée Internationale de la Sage-femme édition 2021, offrira l’occasion à l’UNFPA et à ses partenaires de lancer des actions aux niveaux mondial, régional et national afin d’amener les parties prenantes à se mobiliser et à modifier leurs orientations politiques pour de meilleurs résultats en matière de santé sexuelle, reproductive, maternelle, néonatale, infantile et adolescente à l’échelle mondiale dans les années à venir.

Raphaël A.

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