Kako Nubukpo : « Nous sommes en train de creuser la tombe du FCFA… »

98 0

©AfreePress-(Lomé, le 27 mai 2021)- Le colloque international sur les états généraux de l’ECO (monnaie unique de la CEDEAO) a officiellement démarré mercredi 26 mai 2021, à l’Université de Lomé.

Les travaux ont débuté à l’issue d’une cérémonie d’ouverture présidée par la 2e Vice-présidente de l’Université de Lomé, Prof. Kafui Kpégba en présence de plusieurs enseignants-chercheurs des Universités de Lomé et de Kara, des députés à l’Assemblée Nationale, de l’ancien Premier ministre du Bénin, Lionel Zinsou et d’autres invités de marque.

Placée sous le thème : « Du FCFA à l’ECO : Quelle monnaie pour quel développement en Afrique de l’ouest ? », cette rencontre de trois jours (les 26, 27 et 28 mai) organisée par la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion (FASEG) de l’Université de Lomé, va servir de cadre d’échanges aux acteurs du monde économique et politique, universitaire et de la société civile qui vont mener des réflexions prospectives sur la future monnaie unique de la CEDEAO afin d’élaborer une feuille de route à soumettre aux Chefs d’Etat et de gouvernement de l’espace CEDEAO afin de les aider dans leur prise de décisions pour la mise en place de l’ECO.

« Nous avons choisi d’intituler ces états généraux de l’ECO : ‘’Quelle monnaie pour quel développement en Afrique de l’Ouest’’. Ce faisant, nous avons voulu d’emblée placer nos discussions relatives à l’avenir monétaire ouest-africain, dans une perspective holistique, assurant une étude institutionnaliste de la monnaie. Pour nous, la monnaie n’est pas une simple marchandise ou, un simple intermédiaire des échanges. Au contraire, la monnaie est pour nous une institution et donc un compromis stabilisé susceptible d’être remis en cause à tout instant au gré de la solidité ou de la fragilité des arrangements qui fondent la confiance et la légitimité dont elle est la dépositaire », a indiqué Prof. Kako Nubukpo dans ses mots introductifs.

D’après l’économiste togolais, la monnaie n’a de « crédibilité endogène » que si elle se révèle être un véhicule de développement, de prospérité « partagée » pour les Etats et les institutions qui l’émettent et aussi pour les citoyens qui l’utilisent.

Lire Aussi :   Education : Du matériel informatique au profit du ministère des Enseignements Primaire, Secondaire, Technique et de l’Artisanat

Plus loin, il souligne l’importance que revêt la tenue de ce colloque, qui outre son caractère scientifique, présente une dimension d’aide à la décision des chefs d’Etat.

« Un proverbe togolais dit : ‘’Si quelqu’un fait semblant de mourir, il faut faire semblant de l’enterrer’’. Nous ne savons pas encore si le FCFA est déjà mort, ou s’il fait semblant de l’être. Peu importe, nous sommes en train de creuser sa tombe ou du moins, de procéder au baptême de son successeur l’ECO. Pour cela, nous avons choisi de repartir en cinq sessions la réflexion de ces trois jours à savoir : l’économie politique de l’ECO ; la coordination des politiques monétaires et budgétaires, la convergence des économies de l’espace CEDAO ; l’ECO et perspectives de développement et les regards pluridisciplinaires sur l’ECO », a-t-il ajouté.

La Vice-présidente de l’Université de Lomé a, au nom du Ministre de l’Enseignement supérieur salué l’initiative prise par les universitaires d’accompagner les décideurs dans la mise en place d’une nouvelle monnaie à travers des propositions concrètes.

« Les regards sont tournés vers Lomé. C’est pour dire que les résultats des travaux qui se dérouleront ici sont très attendus. Il ne s’agit pas d’un colloque comme les autres. Il s’agit d’une occasion unique de mettre en lumière les traits obscurs des donnes problématiques fondamentales monétaires dont dépend l’avenir de nos nations, de la sous-région et de l’Afrique tout entière. Y réfléchir est une nécessité, trouver des solutions est un impératif », a martelé Prof. Kafui Kpégba.

Raphaël A.

Articles en relation

× AfreeWazapNews, des questions ?