Togo : Il écope 7 ans de prison pour avoir tranché le doigt d’un militaire

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©AfreePress-(Lomé, le 4 août 2021)- Le nommé Atoh Yao, a comparu mardi 3 août 2021, devant la Cour d’Assises de Lomé. Il a été arrêté jeudi 9 octobre 2014 pour avoir tranché le doigt (pouce) d’un militaire lors d’une opération de lutte contre le trafic de carburant frelaté (opération entonnoir) à Bagbégan, dans la préfecture de l’Avé.

En effet, lors de cette opération, les éléments du détachement de la Force d’intervention rapide (FIR) devenue, 1er Bataillon d’intervention Rapide (BIR) basée à Kévé, avaient été confrontés à un mouvement d’humeur des habitants.

Et selon les faits rapportés par la victime-elle-même, c’est au cours de l’altercation que l’irréparable s’est produit.

« (…) Au cours de l’opération, nous avons saisi des bidons de carburant et interpellé quelques contrebandiers. A un moment, il y a eu un soulèvement des populations. Donc, je suis allé ramener notre voiture qui était garée un peu plus loin de nous afin d’embarquer le carburant saisi, en plus deux motos. Nous étions à côté du véhicule quand, j’ai senti un poids derrière moi. Je me suis tourné et j’ai remarqué que quelqu’un avançait un coupe-coupe vers ma tête. C’est là que j’ai amené ma main vers ma nuque, et le coupe-coupe a tranché mon pouce », a déclaré la victime, en montrant à la Cour sa main qui ne comporte que quatre doigts.

Selon le militaire, son agresseur faisait partie des jeunes de la localité qui se sont révoltés suite à la saisie du carburant frelaté et à l’arrestation des contrebandiers.

« Je suis maintenant à moitié opérationnel. On ne peut plus m’envoyer là où les deux mains doivent travailler (…) Je demande qu’il me dédommage avec 25 millions FCFA », a-t-il laissé entendre, en répondant à la question du président de la cour, à savoir : « Qu’attendez-vous aujourd’hui de la Cour ? »

Devant la Cour, la victime a par ailleurs indiqué qu’ils étaient en tenue militaire le jour de l’incident et que l’accusé savait qu’il avait affaire à un agent du ministère public en fonction.

Mais, rapidement, les déclarations du militaire seront contredites à la barre, par celles de l’accusé ainsi que celles des témoins de la scène (y compris le témoignage d’un autre militaire) présentées par l’avocat de la défense, Me DEGLI Yaovi Jean.

D’après l’avocat, l’accusé Yao, revenait de son champ lorsqu’il a croisé la victime et les autres militaires, tous en tenue civile sur le lieu de l’opération.

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L’Adjudant qui va vers lui a commencé par poser des questions en français. L’accusé qui n’a pas mis pied à l’école, et ne sachant pas à qui il a affaire, a simplement tenté de dire à son interlocuteur qu’il ne comprenait rien de ce qui se passait.

‘’C’est là que le militaire a commencé par fouetter avec sa cordelette, l’accusé qui avait entre ses mains, un coupe-coupe. Celui-ci en voulant se défendre, a malheureusement soulevé la machette qui a tranché le doigt du militaire au moment où il continuait de lui rouer de coups’’, a expliqué Me DEGLI Yaovi Jean.

Alors que l’avocat général, représentant du ministère public, a requis une peine de 10 ans contre l’accusé, la défense en se basant sur des manquements, constatés dans la procédure de renvoi du dossier à la Cour d’Assises, a plaidé la peine minimale pour son client qui est 5 ans, ou soit-t-il demandé, une peine pouvant lui permettre de rentrer chez lui après avoir passé plus de 6 ans en détention.

« Il y a bel et bien des circonstances atténuantes en faveur de l’accusé », a soutenu, Me DEGLI.

A l’issue des débats, la Cour a également reconnu dans sa délibération qu’il existe des circonstances atténuantes en faveur de l’accusé. Il sera finalement condamné, à sept (7) ans de réclusion criminelle pour violences volontaire aggravée. Il doit également verser 12 millions de FCFA à la victime.

L’accusé ayant passé déjà 6 ans, 9 mois en prison, sera libéré dans trois mois. Pour Me DEGLI qui a défendu l’accusé bénévolement, la justice a fait son travail lors de ce procès.

« Je ne suis ni satisfait, ni déçu de ce verdict. La Cour a fait son travail », a-t-il confié à l’Agence de presse AfreePress.

Raphaël A. (+228 92 06 07 03)

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