« Au Togo, c’est l’opérateur de téléphonie mobile qui est roi et son client, l’esclave », s’emporte un abonné

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©AfreePress-(Lomé, le 3 septembre 2021)- Les populations passent depuis plus d’un mois un sale temps devant les agences des sociétés de téléphonie mobile « Togo Cellulaire » et « Moov Africa Togo ».

Invités à se conformer à la décision de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), relative à l’identification et à la limitation à trois du nombre de cartes SIM par opérateur, les abonnés, surtout ceux du Grand Lomé ne sont pas du tout contents des conditions dans lesquelles l’opération se déroule actuellement.

Concrètement, les abonnés rencontrés devant les agences de Togocom d’Atikoumé, Awatamé-Boukarou et Adidogomé Assiyéyé ainsi que les agences de Moov Africa Togo Adidogomé et Agoè-Nyivé ont déploré l’accueil qui leur est réservé ainsi que la lenteur constatée dans l’opération.

« Je suis peiné de venir faire la queue devant une agence pendant des heures avant de pouvoir identifier ma carte SIM. Où est passée la digitalisation dont tout le monde parle ? Je ne suis pas contre cette opération. Au contraire, je suis plutôt heureux, parce que l’identification de toutes les cartes SIM concourt à notre sécurité. Le phénomène d’arnaque prend de l’ampleur au Togo et il était temps que les autorités agissent. Mais la méthode que Togocom et Moov Africa Togo utilisent actuellement est-elle la bonne ? Je dis non. Parce qu’avec la technologie, tout peut se faire en ligne. Pouvez-vous imaginer que nous sommes sous le chaud soleil depuis notre arrivée ? Et je vous assure que c’est à pas de caméléon que nous avançons. Je ne suis pas du tout content », a martelé M. Espoir, un abonné de Togo Cellulaire.

Tout comme ce dernier, l’étudiant Kossi, assis sur une marche d’escalier, s’impatiente lui aussi. Censé être sur le campus universitaire de Lomé pour suivre ses cours, cet étudiant, talonné par le temps imparti à l’identification a choisi de se rendre à l’agence pour se conformer au risque de perdre sa carte SIM.

« J’ai abandonné mes cours pour être ici. Et depuis 13 heures que suis là, le monde ne diminue pas, c’est comme si la queue n’avance pas et je ne suis même pas sûr que je pourrais le faire avant l’heure de clôture », a-t-il déploré.

L’étudiant aurait souhaité que l’opération d’identification imposée par l’ARCEP soit digitalisée ou même décentralisée au niveau des boutiques des opérateurs de téléphonie mobile surtout en ces périodes de pandémie.

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« Si les opérateurs de téléphonie mobile ne peuvent pas se servir du numérique pour faire cette opération, ils ont des kiosques un peu partout qui peuvent être mis à contribution. Ils sont censés donner le bon exemple de la digitalisation. Dans les coins les plus reculés, on peut comprendre. Mais à Lomé, on ne peut pas demander à la population de se déplacer vers les agences surtout avec cette pandémie qui sévit », a-t-il laissé entendre.

Personnes âgées, femmes enceintes, tout le monde est soumis au même traitement devant les agences Togo Cellulaire et Moov Africa Togo et le gouvernement ne dit rien, regrette un autre abonné de Moov Africa.

Pour lui, le gouvernement doit réagir et mettre l’ordre dans le secteur de télécommunication au Togo pour le bonheur des populations.

« Ailleurs, on dit que le client est roi. Mais, Au Togo, c’est l’opérateur de téléphonie mobile qui est roi et son client, l’esclave. Si nous ne sommes pas considérés comme des esclaves, comment on ne peut laisser sous le chaud soleil et debout pendant toute une journée ? C’est nous qui achetons les crédits avec notre argent, malgré ça, nous ne sommes pas considérés », s’est emporté un client rencontré devant l’agence Moov Africa à Adidogomé.

Il faut noter qu’à travers un communiqué rendu public le 20 août 2021 l’ARCEP avait exhorté les opérateurs de téléphonie mobile à privilégier les solutions digitales (code USSD, application mobile) et à prendre également toutes les mesures diligentes pour le respect scrupuleux des gestes barrières dans leurs agences et à repousser la date butoir de la fin de l’opération. Malgré cet appel, le constat de l’afflux des populations dans les agences des deux sociétés de téléphonie mobile reste le même et aucune solution digitale n’est mise en place pour la poursuite de l’opération d’identification et de limitation des cartes SIM dans le pays.

Raphaël A.

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