Sanctions de la CEDEAO : Le Mali ne se laisse pas faire

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©AfreePress-(Lomé, le 10 janvier 2022)- Réunis, dimanche 9 janvier 2022, à Accra au Ghana, les Chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ont annoncé de nouvelles sanctions contre le Mali.

Face à la réticence de la junte d’organiser de nouvelles élections et son envie de continuer à diriger le Mali pour cinq années supplémentaires, les dirigeants ouest-africains ont décidé de fermer les frontières avec le Mali dans l’espace sous-régional et de suspendre les échanges commerciaux hormis les produits de première nécessité.

Aussi, la CEDEAO a décidé de couper ses aides financières et de geler les avoirs du Mali à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Les États membres vont rappeler leurs ambassadeurs au Mali.

Les sanctions, selon l’organisation, prennent effet immédiatement.

« Elles ne seront levées progressivement que lorsque les autorités maliennes présenteront un calendrier acceptable et que des progrès satisfaisants seront observés dans sa mise en œuvre. La proposition de la junte malienne d’organiser la présidentielle en décembre 2026 est totalement inacceptable », a réitéré la CEDEAO.

L’organisation régionale présidée par le chef de l’État ghanéen, Nana Akufo-Addo refuse de “voir un gouvernement militaire de transition illégitime prendre le peuple malien en otage au cours des cinq prochaines années”.

Représailles des autorités maliennes

La réaction des autorités maliennes n’a pas tardé à arriver. Dans un communiqué rendu public quelques heures après le sommet d’Accra, la junte au pouvoir a condamné avec la dernière rigueur les sanctions de la CEDEAO jugées « illégales » tout en annonçant des actions réciproques.

D’après le communiqué, les mesures prises par les dirigeants de la CEDEAO contrastent avec les efforts fournis par le gouvernement malien et sa disponibilité au dialogue en vue de trouver un compromis avec l’institution sur le chronogramme des élections au Mali.

« Le Gouvernement du Mali condamne énergiquement ces sanctions illégales et illégitimes prises par l’UEMOA et la CEDEAO, organisations pourtant fondées sur la solidarité et l’idéal panafricain, curieusement au moment où les Forces Armées Maliennes engrangent des résultats spectaculaires dans la lutte contre le terrorisme, ce qui n’était pas arrivé depuis plus d’une décennie. Le Gouvernement du Mali regrette que des organisations sous régionales ouest africaines se fassent instrumentaliser par des puissances extra-régionales aux desseins inavoués », martèle la junte.

Le Colonel Assimi Goïta et les siens ont réaffirmé leur volonté à prendre dans les heures à venir, toutes les mesures nécessaires en vue de riposter contre ces sanctions « malencontreuses ».

« D’ores et déjà, sur la base de la réciprocité, le Mali décide de rappeler ses Ambassadeurs accrédités dans les États membres de la CEDEAO et de la fermeture de ses frontières terrestres et aériennes avec les États concernés. Le Gouvernement du Mali tient à rassurer l’opinion nationale que des dispositions ont été prises pour assurer l’approvisionnement normal du pays par tous les moyens appropriés », précise la patrie malienne.

Raphaël A.

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