An 2 de la Covid-19 au Togo : Une lutte sans merci contre un ennemi invisible couronnée de succès

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©AfreePress-(Lomé, le 3 mars 2022)-Le 06 mars 2022, cela fera deux (02) ans jour pour jour que le premier cas de la Covid-19 a été détecté au Togo. Il s’agissait d’une femme, de nationalité togolaise de 42 ans ayant voyagé entre l’Allemagne, la France, la Turquie et le Bénin avant son retour à Lomé.

Après cette annonce faite par le gouvernement à l’occasion d’une conférence de presse organisée au siège du gouvernement à Lomé, les autorités sanitaires ont rassuré du contrôle de la situation.

Une réunion de crise présidée par le Chef de l’État, Faure Gnassingbé sera aussitôt tenue à la présidence de la République. Réunion sanctionnée par une série de mesures ‘fortes’, destinée à contenir la propagation du virus.

Deux semaines plus tard, le premier cas était rétabli, selon un communiqué du gouvernement. Mais les contaminations vont se multiplier et s’étendre à tout le pays créant la psychose au sein de la population.

La situation épidémiologique devenant inquiétante, le gouvernement va décréter l’état d’urgence sanitaire en avril 2020, avec la mise en place de nouvelles mesures restrictives ajoutées au respect strict des gestes barrières. Ajouté à cela, le gouvernement décide de la fermeture de toutes les frontières terrestres ainsi qu’aérienne du pays. Les villes de Lomé, Tsévié, Kpalimé et Sokodé sont même bouclées et mises en quarantaine, alors que les cas positifs s’accumulent.

Un mécanisme innovant d’aide financière va être activé au profit des populations les plus vulnérables, ceci en réponse aux conséquences néfastes des mesures restrictives et du couvre-feu qui a également été décrété.

Nonobstant ces mesures et actions mises du gouvernement, le mal va résister. En moins de neuf (09) mois, le pays va dénombrer jusqu’à 3 611 cas positifs avec 68 décès dont le journaliste, Dominique Aliziou, premier de la liste des victimes de la Covid-19.

Les fêtes de fin d’année 2020 vont se célébrer pour la première fois dans une ambiance de sobriété. Et toutes les manifestations culturelles et sportives interdites. Les activités économiques vont subir le contrecoup de ces décisions.

« Environ 62 % des emplois sont touchés, 49 % dans le secteur des services et 13 % dans le secteur industriel. Le nombre d’employés dans les espaces de vente au détail et de loisirs a diminué de 30 % et la présence au travail a diminué de 12 % par rapport aux niveaux antérieurs à la pandémie de Covid-19 », relève un rapport de la Banque mondiale publié en décembre 2020.

Après les fêtes de fin d’année, la courbe épidémiologique a pris l’ascenseur. De janvier à mars 2021, c’était l’hécatombe. Le nombre de cas positifs a presque doublé avec 84 décès. La Coordination nationale de la gestion de la riposte (CNGR) présidée par le médecin colonel Djibril Mohaman tire la sonnette d’alarme et annonce la saturation des services d’urgence du CHR Lomé-Commune, spécialement dédiés à la prise en charge des cas graves.

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C’est devant cette situation que l’Exécutif togolais va adopter la solution de la vaccination. Le 10 mars 2021, la campagne de vaccination contre le coronavirus, démarre officiellement avec l’administration des premières doses du vaccin AstraZeneca.

A l’écoute des rumeurs répandues sur les réseaux sociaux, les Togolais vont afficher une attitude de réticente à l’égard de ce vaccin avant de l’accepter petit à petit grâce à la sensibilisation, et à la mobilisation des médias. Le pays, à travers le mécanisme COVAX et les dons des pays développés, a renforcé son stock de vaccins et renforcé sa stratégie vaccinale avec l’acquisition d’autres vaccins dont le Pfizer, Johnson & Johnson, Sinovac, etc.

En moins d’un an (mars 2021 à février 2022), le Togo a pu vacciner, plus de deux millions de ses habitants. Un engagement qui a porté ses fruits. Aux dernières nouvelles, la courbe épidémiologique a complètement chuté. Le nombre de cas positifs a nettement diminué, la majorité des malades ont été guéris, le CHR Lomé-Commune est désengorgé. Le Togo fait partie des premiers pays ayant été efficaces dans la lutte contre le coronavirus.

Pour savourer les résultats de cette longue bataille, le gouvernement a décidé, mardi 22 février 2022, d’un allègement des mesures restrictives. Enfin, les Togolais peuvent vaquer librement à leurs occupations. Et c’est un ouf de soulagement pour la population.

« Ça fait plus de deux ans que nous sommes dans ce calvaire. Enfin, nous allons reprendre nos activités. Ce n’était pas facile et si ça devrait continuer, on allait mourir de faim parce qu’on ne travaille plus. Merci au gouvernement », a confié à AfreePress, M. Agbantouvi, acteur culturel résident à Adidogomé.

La vie est revenue à la normale depuis à Lomé ainsi qu’à l’intérieur du pays. L’accès à la plage et autres lieux de loisirs est autorisé. Les activités culturelles ont repris et tous les lieux de culte sont rouverts.

Pour les religieux, c’est une nouvelle saison qui commence. Une saison pour réaffirmer leur attachement à Dieu. « La Covid-19 a créé un chaos dans le monde. Tout le monde a eu peur. La pandémie a tué les hommes de Dieu, les Imams, les ministres, les soldats, les riches et les pauvres. Mais pour nous croyants, cette pandémie est un évènement exceptionnel. C’est un phénomène permis par le Seigneur pour redéfinir un autre monde. Et comme les mesures sont levées, nous devons profiter de l’occasion pour être plus soudés au Seigneur et respecter sa parole. Le dimanche, c’était la grande joie à l’église. C’était un moment de retrouvailles après deux ans », s’est réjoui le pasteur Mawussé Agbényigan.

La situation épidémiologique est stable ces derniers jours. Toutefois, le gouvernement fait appel à l’ensemble de la population à maintenir la vigilance afin d’accélérer l’atteinte rapide de l’immunité collective à travers la vaccination. Ceci devrait éviter une reprise du scandale.

Anika A. (+228910224439)

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