Flambée du prix des produits céréaliers : Les paysans alertent sur le danger qui guette le pays

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©AfreePress-(Lomé, le 7 mars 2022)- La campagne agricole pour le compte de l’année 2022 se prépare activement au Togo.

 Dans les milieux agricoles, on occupe le temps au désherbage des champs en éliminant les mauvaises herbes en attendant les premières pluies.

En temps normal, ces travaux se font aisément grâce à l’utilisation de pesticides, qui permettent de travailler de grandes superficies. Ce qui est assez économique et bénéfique pour l’énergie humaine, surtout face au défi de la main-d’œuvre.

Mais pour cette nouvelle campagne agricole, les choses semblent être différentes pour les paysans.

Selon les informations obtenues par l’Agence de presse AfreePress, les travaux préliminaires, caractérisés surtout par le désherbage, n’avancent pas. Ceci est lié à la flambée des prix des herbicides sur le marché.

« C’est un calvaire pour nous en cette année. Les herbicides que nous avions payé à 2500 F CFA l’année dernière, ont augmenté de prix jusqu’à 4500 F CFA cette année. Dans certains villages, le prix va jusqu’à 5000 F CFA, soit le double de ce que nous avions dépensé l’année dernière. C’est une grande désolation. Imaginez si la boîte est à 4500 F CFA alors que je dois cultiver un champ de trois hectares sachant qu’une boîte est utilisée seulement pour quatre carrées. (Un hectare fait 16 carrées.) S’il faut faire ces dépenses colossales pour faire le désherbage seulement, comment allons-nous faire pour le labour, les semences, les engrais, etc. ? Cette flambée des prix a été une surprise pour nous et cela aura des impacts négatifs sur nos productions en 2022 », se confie M. Issifou, cultivateur à Alati dans la préfecture de Haho.

Face à cette situation, la majorité des paysans a recours à des prêts financiers. Et leurs principaux bailleurs, sont les femmes, revendeuses de produits céréaliers.

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« On est habitués à faire avec elles. Ce sont elles qui nous donnent de l’argent pour qu’on puisse acheter ces produits qui sont très coûteux maintenant. Mais après la récolte, elles reviendront récupérer les céréales comme le paiement de la dette », a expliqué Issifou.

C’est justement à ce niveau que le danger se cache. Étant donné que le prêt obtenu a été investi dans l’achat des herbicides à un prix exorbitant, le paiement se fera également en tenant compte de tous ces aspects. En conséquence, le paysan devra forcément livrer les produits de son champ à un prix plus élevé que d’habitude pour pouvoir être en mesure de payer sa dette.

« Souvent, on nous accuse au moment des achats, qu’on triche les paysans. Ce n’est pas évident. Si nous finançons un herbicide par exemple à 5000 F CFA, l’engrais à 20 000 F CFA. Comprenez que le paiement se fera en fonction de ce qui a été investi. Alors, le paysan aussi doit vivre de son travail. Il ne va pas seulement payer les dettes et ne plus vivre. Donc, le paysan va augmenter aussi le prix des produits qu’il va nous vendre dans les villages. Et de retour en ville, nous allons aussi vendre ces produits en fonction du prix d’achat, tout en tenant compte de notre bénéfice », a laissé entendre pour sa part, Eli Mawussi, revendeuse de produits céréaliers au marché d’Agoé Assiyéyé.

Bref, la flambée des prix des pesticides entraînera forcément une flambée du prix des produits céréaliers au moment venu.

« Ça va être plus compliqué si le prix des engrais est aussi augmenté. Là, sachez que le bol de maïs peut être vendu à 1500 F CFA. Parce qu’on n’aura pas de choix. Soit on arrête de cultiver la terre pour faire un autre métier, ce qui va faire naître la famine dans le pays », alerte Issifou.

Le gouvernement est invité à prendre au sérieux ce problème afin que les prix des intrants agricoles soient réduits afin d’éviter l’accentuation de la crise alimentaire au Togo.

Anika A. (+22891024439)

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