Politique : Le CAR contre les conditions d’organisation des élections régionales, menace de les boycotter

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©AfreePress-(Lomé, le 28 mars 2022)-Le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), a effectué, dimanche 27 mars 2022, sa rentrée politique, près de deux ans après le décès de son président national, Me Yawovi Madji Agboyibo.

Occasion saisie par le parti au symbole du Bélier, pour se prononcer sur la situation sociopolitique du Togo.

Les sujets liés à l’actualité politique, marquée par les préparatifs des élections régionales, le processus de décentralisation, l’Etat de droit et les libertés publiques au Togo, la vie chère ou encore la gestion de la pandémie liée au coronavirus. Les premiers responsables du CAR ont passé au peigne fin, l’essentiel de l’actualité sociopolitiques.

Sur le plan politique, le parti des déshérités estime que le Togo traverse une période difficile de son histoire politique, économique et sociale caractérisée par une crise « lancinante » qui perdure depuis plusieurs décennies.

Pour le CAR, cette crise doit être véritablement résolue pour aller vers une nation plus démocratique.

Et les élections ne sont aucunement pas la solution à ces problèmes, estiment les premiers responsables de cette formation politique.

Ils condamnent la « précipitation » dans laquelle le gouvernement tente de conduire le processus d’organisation des prochaines élections régionales.

« Il est clair que le régime veut organiser tout sauf des élections régionales libres, équitables, transparentes et acceptables par l’ensemble de la classe politique », fustigent-ils .

Sur le renouvellement des membres de la CENI, de la HAAC et de la CNDH, le CAR s’étonne qu’il n’y ait pas eu de discussions préalables au Cadre Permanent de Concertation (CPC), conformément à l’une des recommandations de la Concertation Nationale entre Acteurs Politiques (CNAP).

En se prononçant sur le processus de décentralisation au Togo, les militants du CAR font savoir que les communes sont actuellement « prises en otage par l’État ».

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« Elles n’ont même pas encore une fonctionnalité régulière pour qu’on puisse penser une seule seconde passer à l’étape des régionales », poursuit le parti .

Selon cette formation politique, les élections régionales en vue sont projetées pour se tenir trois ans après l’installation des conseillers communaux qui sont confrontés à d’énormes difficultés, lesquelles n’ont pas encore été évaluées et solutionnées.

Aussi, le parti relève que l’institution de la préfecture comme circonscription électorale pour les régionales est en contradiction avec la loi sur la décentralisation. Le parti dit s’étonner que la communauté internationale -dont certains pays constituent la vitrine de la décentralisation- cautionne cette ‘’tragi-comédie’’.

Au CAR, on n’envisage pas de participer aux prochaines élections, sauf si un cadre adéquat est mis sur pied pour une résolution durable des crises électorales en privilégiant un dialogue sincère.

Pour son premier Vice-Président, KONLANI Yendouban et les siens, les trois dernières élections (les législatives de 2018, les locales de 2019 et la présidentielle de 2020), ont été entachées de graves irrégularités.

« Toute élection mal organisée porte en elle le germe de l’escalade des contestations que la force publique ne pourra toujours réussir à réprimer », a-t-il faut savoir.

Sur la gestion de la Covid-19, ce parti dit avoir noté avec amertume, qu’en pleine crise sanitaire, le gouvernement a décidé d’augmenter les droits de péage. Le parti dénonce par ailleurs le silence des autorités du pays face à la flambée des prix de premières nécessités dans le pays.

Pour finir, Jean Kissi et les siens appellent les organisations de presse, les forces démocratiques, les organisations syndicales, les organisations de la société civile, les confessions religieuses et tous les citoyens épris de vérité, de liberté et de justice à la résistance face à ce qu’ils qualifient « d’oppression du pouvoir pour sauver la République en péril et créer enfin les conditions de la Refondation ».

Raphaël A.

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