Prison civile de Lomé : Des audiences correctionnelles spéciales lancées pour désengorger l’établissement

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©AfreePress-(Lomé, le 8 avril 2022)-Des audiences correctionnelles spéciales ont démarré, jeudi 7 avril 2022 au Tribunal de Lomé.

L’initiative portée par la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH), en collaboration avec l’Association pour la prévention de la torture (APT) s’inscrit dans le cadre de la seconde phase du projet dénommé : « Renforcer le mécanisme national de prévention de la torture (MNP) du Togo pour contribuer efficacement à la réduction de la torture et des mauvais traitements en détention provisoire ».

Elle vise à réduire la détention provisoire en milieu carcéral en particulier pour les femmes.

Durant deux jours, une quarantaine de personnes présumées coupables de délit et qui sont en détention provisoire à la prison civile de Lomé, vont être situées sur leur sort.

« Nous avons constaté, lors de nos récentes visites dans les lieux de privation de liberté, une surpopulation carcérale. Avec un taux de détention provisoire de 63% (par rapport à la population carcérale globale), le Togo est l’un des pays les plus sévèrement touchés par ce problème dans le monde. Le recours excessif à la détention provisoire contribue de manière significative à la surpopulation carcérale observée dans la plupart des prisons du pays (environ 182% de leur capacité) », a indiqué MALIWOE Kassime, Directeur de la prévention de la torture.

Pour l’institution chargée de veiller au respect des droits de l’Homme au Togo, la surpopulation en milieu carcéral au Togo a sans doute un impact négatif important sur les conditions de détention, ainsi que sur l’accès aux soins de santé et aux autres droits fondamentaux.

« Comme l’a noté le SPT dans son rapport, « un tel degré de surpopulation équivaut à un traitement cruel, inhumain et dégradant, voire à une forme de torture ». Par conséquent, la détention provisoire et la surpopulation qui en résulte, ont un effet disproportionné sur les personnes en situation de vulnérabilité, notamment les femmes et les indigents. Face à cette situation, la CNDH et l’APT avec l’accompagnement du ministère de la Justice, se proposent d’organiser des audiences correctionnelles spéciales pour désengorger les prisons », a précisé le Directeur de la prévention de la torture.

Il faut noter que le projet de la CNDH et son partenaire l’APT, basée à Genève en Suisse a reçu l’appui financier du fonds spécial du protocole facultatif à la convention contre la torture (Fonds OPCAT). La première phase du projet d’après les responsables de la CNDH, a été consacrée au renforcement des capacités des acteurs du milieu carcéral au Togo. « C’est un projet pilote que nous sommes en train de faire. Nous prévoyons de l’étendre sur les autres prisons du Togo pour désengorger les milieux carcéraux », a rassuré M. MALIWOE.

Raphaël A.

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