Paul Dodji Apévon : « Les frustrations accumulées sont une bombe à retardement pour tous les gouvernements »

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©AfreePress-(Lomé, le 25 avril 2022)- Me Paul Dodji Apévon se porte volontaire pour défendre devant la justice, les responsables du Syndicat National des Enseignants (SET) arrêtés dans le cadre de la grève des enseignants.

Interrogé, lundi 25 avril 2022 sur les antennes de Radio Victoire, l’avocat au barreau de Lomé estime que l’incarcération des grévistes et l’exclusion des enseignants du cadre de la fonction enseignante est une ‘’injustice’’.

« Ce que je veux faire comprendre, c’est que le droit de grève est un droit constitutionnel. Notre constitution l’a prévue à l’article 39. Même le nouveau code qui est en vigueur a répété que le droit de grève est permis. En plus, j’ai constaté qu’une disposition du nouveau code dit que toute contestation du droit de grève doit être constatée par le Tribunal. C’est-à-dire que lorsque le gouvernement conteste que vous n’avez pas le droit d’entrer en grève, ce n’est pas le gouvernement lui-même qui doit être juge et partie, mais il doit aller devant un tribunal pour dire qu’ils sont dans l’illégalité et c’est le tribunal seul qui rend une décision en référé pour dire que vous n’avez pas le droit de faire grève. Mais ils ont procédé par intimidation comme ils ont l’habitude de le faire », a laissé entendre Me Paul Dodji Apévon.

Pour le président des Forces démocratiques de la République (FDR), la méthode ‘brutale’ du gouvernement marquée par l’arrestation des responsables de ce syndicat renvoie à une ‘dictature’.

« Ce qui anoblit un pays, c’est le respect de la Loi. Se donner les lois et les piétiner en même temps, un État qui se comporte comme ça devient un Etat voyou. Et j’avoue qu’aujourd’hui, le gouvernement en réalité ne pose pas l’acte idéal qu’il faut dans le domaine de l’éducation. Ce que dit le gouvernement, c’est que ce syndicat ne peut lancer un mot d’ordre de grève parce qu’il est illégal. Ce qu’ils appellent illégalité n’est pas vrai, c’est faux juridiquement, c’est erroné. Si l’action de base est totalement erronée, c’est à tort qu’on renvoie 150 enseignants dans la fonction publique parce que leur syndicat existe bel et bien juridiquement, le nouveau code ne peut pas s’appliquer à eux dans ce domaine », a-t-il ajouté.

L’opposant invite par ailleurs le pouvoir en place à privilégier le dialogue pour trouver de meilleures solutions aux problèmes dans les secteurs sociaux du pays.

« Les frustrations accumulées sont une bombe à retardement pour tous les gouvernements. Dans le secteur de l’éducation, dans le secteur de la santé tout le monde aujourd’hui est mécontent. Le problème de la vie chère et autre, il y a un mal vivre dans tous les secteurs du pays », a déclaré Me Paul Dodji Apévon.

Raphaël A.

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