Jean-Pierre Fabre au ministre Boukpessi : « Il ne faut pas confondre les choses »

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©AfreePress-(Lomé, le 29 avril 2022)-  Face à la presse, vendredi 29 avril 2022, le maire de la Commune Golfe-4, Jean-Pierre Fabre s’est prononcé sur la note du ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales, Payadowa Boukpessi lui enjoignant d’arrêter son travail d’un nouvel adressage des voies de sa commune.

Pour le ministre, l’adressage des voies prévu dans la loi relative à la décentralisation et aux libertés locales ne peut se faire que, conformément au cadre général pour l’exercice de cette compétence qui fera l’objet d’un décret d’application comme le stipule l’article 385 de ladite loi. Toute initiative prise en la matière sans attendre ledit décret est nulle et de nul effet, a-t-il conclu.

Les premiers responsables de la commune Golfe-4 se disent « surpris » par la note du ministre.

Jean-Pierre Fabre et son cabinet estiment que leur démarche est légitime et répond aux exigences de la loi.

« Cette décision d’adressage des rues répond à l’article 82 de la loi sur la décentralisation qui nous donne une compétence propre. C’est grâce à cette compétence propre que nous procédons à l’adressage. Il ne faut pas confondre les choses… Quand on dit propre, c’est propre. Cela veut dire que vous avez le droit de faire ceci. Vous n’avez pas besoin d’un décret de transfert. Est-ce qu’une note peut contester la délibération d’un Conseil municipal ? J’aurais bien voulu entendre ça. Nous avons agi conformément à la loi. Il ne faut pas confondre le contrôle de légalité avec la subordination », a martelé le patron de la commune Golfe-4.

L’adressage des voies pour les responsables de cette commune, vise à corriger une « injustice ».

« Comment peut-on comprendre que dans notre pays, des chefs d’État étrangers ont leurs noms sur nos boulevards et nos avenues ? Il existe bien au Togo, une avenue Mobutu Sese Seko, François Mitterrand, Félix Houphouët-Boigny, Georges Pompidou, Charles de Gaulle. Mais vous ne trouverez pas une seule ruelle en République démocratique du Congo qui s’appelle Avenue Gnassingbé Eyadema. Encore moins en France, une impasse qui s’appelle Rue de la République Togolaise. Mais au Togo, nous faisons l’apologie ou la publicité des chefs d’État étrangers et le premier président démocratiquement élu, qui s’est battu pour amener notre pays la souveraineté internationale, n’a son nom sur aucune avenue de la République Togolaise. Et ce n’est pas normal. Aujourd’hui, quand vous sillonnez les avenues ou les places publiques de notre pays, le Président Gnassingbé Eyadema a son nom sur un boulevard, une avenue, l’aéroport, le camp militaire… Les autres anciens présidents ont leurs noms sur les avenues et seul le Président Sylvanus Olympio n’a son nom sur aucune avenue ni boulevard. Par contre, il y a un boulevard qui porte la date de son assassinat. Donc il s’agit de corriger cette injustice. C’est ce qui a interpellé le Conseil municipal du Golfe 4 », a indiqué, Me Isabelle Ameganvi, adjoint au maire de cette commune.

Raphaël A.

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