Litige foncier à Akato Avoémé : La collectivité Avoussou dénonce des « magouilles » et « manipulations »

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©AfreePress-(Lomé, le 27 juin 2022)-Le litige foncier opposant les collectivités Massémé et Avoussou à Akato Avoémé (localité située à la sortie sud-ouest de la ville de Lomé, près de la frontière Togo-Ghana) ne connaît pas un dénouement.

Bien que l’affaire soit pendante devant la justice, la tension continue de monter sur le terrain avec son lot de dégâts.

Il y a de cela quelques semaines, c’est le camp Massémé qui est sorti sur les médias de place pour accuser leur adversaire, c’est-à-dire la collectivité Avoussou, de mener des actions ‘’illégales’’ sur le terrain.

La réponse du berger à la bergère ne s’est pas faite attendre. Face à la presse, samedi 25 juin 2022, les chefs de famille de la collectivité Avoussou ont quant à eux, apporté un démenti formel à toutes les accusations portées par les Massémé à leur encontre.

« Comment la collectivité Massémé peut-elle se permettre de dire que nous ne sommes pas fondateurs d’Akato Avoémé et que nous sommes des étrangers ? Ce village est fondé par notre grand-père… C’est pourquoi depuis, c’est notre famille qui règne en tant que Chef du village. S’ils étaient les fondateurs du village, la chefferie devrait être pour eux. Les Massémé sont originaires de Noepé. Aussi, les cimetières les plus vieux du village sont ceux des Avoussou. Les plus vieilles tombes sont celles de nos arrières parents. Ils nous accusent de semer de la panique sur le terrain avec des gros bras. C’est un pur mensonge. Nous, nous ne travaillons pas sur le terrain litigieux parce qu’il y a une décision de justice qui ordonne un sursis. Pourtant, chaque jour, les Massémé continuent de travailler sur le terrain en violation de la décision de sursis. Et pour faire cette démarche illégale, ils se font appuyer par des gros bras… N’oubliez pas que les Massémé ont des fusils. Ils avaient déjà tiré sur nous ici. Un massacre qui avait causé des pertes en vies humaines et des blessés graves. Nous avons les preuves, les photos de ce que nous disons », a confié aux professionnels des médias, le mandataire de la collectivité Avoussou, M. Tavina Kwami.

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Pour preuves, le mandataire a fait visiter certains domaines par les journalistes, notamment les cimetières les plus anciens et les plus récents du village.

Il précise d’ailleurs que toutes ses informations sont connues par les autorités judiciaires du pays.

« Quand l’affaire est portée devant la justice en 2011, c’est nous de la famille Avoussou qui avions remporté brillamment le procès avec des preuves à l’appui. Avant d’aller au procès, la justice a envoyé des experts sur le terrain et ensemble nous avions parcouru le domaine avec nos protagonistes. Après, on nous a interrogés ensemble et chacun a donné sa version des faits. Toutes les étapes ont été respectées dans ce jugement. A la fin, la justice a tranché en notre faveur à la première instance. C’est après que nous avions appris que les Massémé ont fait appel à la Cour d’appel de Lomé. A ce niveau, je vous jure que le processus n’a pas été comme dans le premier cas. On n’a même pas obtenu notre version des faits avant de trancher l’affaire en faveur des Massémé. Une décision qui a été après actée par la Cour suprême. C’était de la manipulation », a une fois encore dénoncé M. Tavina.

Mécontentes de cette décision, certaines familles membre de la collectivité Avoussou ont fait une tierce opposition. Par conséquent, la Cour a décrété une ordonnance de sursis des travaux sur le domaine litigieux.

« Je vous dis que cette décision de la justice est encore violée par les Massémé. Ils continuent de travailler sur le terrain. C’est le comportement des tricheurs. L’ancien ministre Massémé qui avait parlé lors de leur conférence de presse, sait lui-même qu’il mentait. Je lui lance un défi : qu’il vienne et qu’on nous convoque à une audience publique pour que chacun de nous démontre à qui appartient le village d’Akato Avoémé. Et si nous quittons l’audience, que chacun de nous accepte d’avaler une petite quantité du sable de notre terre (Akato Avoémé). C’est un rituel traditionnel pour identifier qui dit la vérité… Moi, je suis prêt. C’est un défi que je lui lance qu’il accepte de venir », a martelé le mandataire de la collectivité Avoussou.

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Selon les explications, fournies aux médias, le différend entre les deux collectivités porte sur un domaine d’une superficie de 94 hectares, constituant le village d’Akato Avoémé.

« En 2011, c’est la famille Avoussou qui a remporté brillamment le procès. Et la décision notifiait que 54 hectares sur les 94 appartiennent à la famille Avoussou et que les 35 hectares restants reviennent aux Massémé. Après ceux-ci, sont passés par des chemins qu’on ignore et l’affaire est repartie à la Cour d’appel, c’est là-bas qu’ils ont remporté le procès et on nous a arraché nos 54 hectares pour leur ajouter. Donc, tous les 94 hectares, bref tout le village d’Akato Avoémé est attribué aux Massémé, qui normalement sont des étrangers… C’est que nous dénonçons. Nous allons nous battre partout les moyens pacifiques, bien sûr, pour obtenir ce qui nous appartient et honorer ainsi la mémoire de nos aïeux », avouent les Avoussou.

Anika A. (+22891024439)

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