Lomé, le 31 janvier 2024-(©AfreePress)-La Banque mondiale a pris l’initiative d’accompagner le gouvernement togolais dans la résolution du déficit d’accès au financement qui entrave le fonctionnement des entreprises du pays. À cet effet, une table ronde axée sur le financement des Micro, Petites et Moyennes Entreprises (MPME) a été organisée, mardi 30 janvier 2023 à Lomé.
Cette rencontre, qui a mis à la même table, le gouvernement, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les acteurs du secteur bancaire et financier togolais, a été officiellement ouverte par Mme Sandra Ablamba Johnson, ministre Secrétaire générale de la Présidence de la République et gouverneur de la Banque mondiale pour le Togo.
La nécessité de cette table ronde découle d’un constat souligné par la Banque mondiale, révélant des difficultés d’accès au financement, ce qui demeure une contrainte majeure pour les entreprises togolaises.
Selon un diagnostic du secteur privé réalisé par le Groupe de la Banque mondiale au Togo en 2022, seuls 30 sur 184 déposants ont eu accès à un crédit bancaire, et 55% des MPME enquêtées n’ont pas accès au financement bancaire. Le rapport met particulièrement en lumière l’exclusion des femmes des services financiers formels. De plus, le secteur de la microfinance, vers lequel se tournent de nombreux acteurs du secteur informel, y compris les femmes micro-entrepreneures, est confronté à des défis tels que des ressources limitées, des taux d’intérêt élevés et l’absence d’instruments de financement à long terme.
L’étude souligne également le manque d’éducation financière au sein de la population en général, l’absence d’antécédents de crédit formels, la difficulté d’évaluer la capacité de remboursement, entraînant des exigences élevées en matière de garanties de la part des banques et un coût élevé du crédit.
La table ronde de Lomé vise à renverser cette tendance en recueillant les préoccupations et les propositions de l’ensemble des parties prenantes. Fily Sissoko, représentant résident de la Banque mondiale au Togo, a souligné l’importance de débattre sur des thèmes pertinents, tels que les défis du secteur financier, les initiatives d’inclusion financière et de finance digitale, le mobile money et la finance agricole, le dispositif de financement des MPME, les mécanismes de partage des risques, la finance verte, ainsi que les réformes en cours et à venir pour renforcer l’accès aux financements des MPME.
Dans le cadre de ses opérations en cours, la Banque mondiale met un accent particulier sur l’appui au développement du secteur privé pour favoriser la création d’emplois décents, notamment pour les jeunes vulnérables. D’après, M. Fily Sissoko, les nouvelles opérations dans les secteurs de l’agriculture, du transport et de la logistique, incluront des composantes visant à faciliter l’accès aux financements des MPME.
La ministre secrétaire générale de la Présidence de la République a salué les efforts de la Banque mondiale aux côtés du gouvernement dans l’amélioration des conditions de vie des populations. Elle a également souligné les initiatives gouvernementales telles que l’Agence nationale de développement des Très petites, petites et moyennes entreprises (ADTPME), le Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes (FAIEJ) et l’Agence Nationale de Promotion et de Garantie de Financements des PME/PMI (ANPGF) pour faciliter le financement des entrepreneurs.
« Le financement joue un rôle essentiel dans le développement et la croissance des entreprises. Qu’il s’agisse de start-ups ou de grandes sociétés, l’accès à des sources de financement adéquates et innovantes demeure essentiel pour atteindre des objectifs », a-t-elle souligné.
Les recommandations formulées à l’issue de cette table ronde guideront la Banque mondiale dans la finalisation des projets en préparation et dans la définition de plans d’actions concrets qui orienteront les futurs appuis de la Banque mondiale en faveur des secteurs privé et financier au Togo. Ces recommandations permettront également à tous les acteurs et partenaires de tirer parti du potentiel d’innovation en matière de technologie financière pour promouvoir un environnement favorable au crédit et réaliser l’objectif d’une croissance tirée par le secteur privé.
Raphaël A.









