©AfreePress-(Lomé, le 17 mai 2023)- L’armateur italo-suisse Mediterranean Shipping Company (MSC) a acquis les actifs de Bolloré Africa Logistics (BAL) en décembre 2022, offrant ainsi au Port autonome de Lomé (PAL), une opportunité sans précédent de devenir un carrefour majeur pour les conteneurs en Afrique de l’Ouest. Dans une entrevue accordée à Jeune Afrique, Charles Kokouvi Gafan, actuel Président Directeur Général d’Africa Global Logistics (AGL) Togo, filiale de MSC, partage sa vision enthousiasmante de cette nouvelle ère.
Pour l’ancien PDG de Bolloré Africa Logistics, le changement de Bolloré Africa Logistics à Africa Global Logistics au sein du groupe MSC ne perturbera pas les activités au Togo. Au contraire, il perçoit cette transition comme une occasion pour AGL de bénéficier de capacités et de ressources supplémentaires pour soutenir son expansion et relever les défis logistiques du continent de manière efficace.
« En tant qu’entité autonome au sein du groupe MSC, AGL continuera à exercer ses activités sans aucune perturbation pour les autorités et nos clients. Cette évolution n’aura aucune incidence sur notre organisation ni sur les contrats de nos 900 employés togolais. C’est une véritable opportunité pour AGL, car cela nous permet d’accéder à des capacités et des ressources supplémentaires pour soutenir notre croissance, tout en garantissant des services de premier ordre à nos clients armateurs », a-t-il déclaré.
Dans son discours, le président d’Eurocham, la chambre de commerce regroupant les entreprises européennes présentes au Togo et les Togolaises investissant en Europe, souligne l’impact positif de Bolloré Africa Logistics sur les activités portuaires de Lomé ces dernières années.
Selon lui, le groupe Bolloré a grandement contribué au développement du port en améliorant considérablement sa productivité.
« Depuis l’arrivée de BAL à Lomé, d’importants investissements ont été réalisés dans la consignation maritime, le dédouanement, le fret aérien, ainsi que dans les capacités d’entreposage à l’intérieur et à l’extérieur de l’enceinte portuaire, faisant du port de Lomé un hub logistique régional. Nous continuerons à honorer nos engagements envers les autorités portuaires avec diligence, en bénéficiant de nouvelles capacités d’investissement qui renforceront notre productivité et la qualité de nos services », a-t-il indiqué, réaffirmant ainsi l’engagement de sa nouvelle entreprise à poursuivre les grands projets initiés par le groupe Bolloré sur la plateforme portuaire de Lomé.
Une inquiétude subsiste néanmoins, quant au risque de monopole sur les quais de Lomé, étant donné que les deux terminaux à conteneurs du port sont désormais gérés par des opérateurs appartenant au groupe MSC. Toutefois, M. Gafan se veut rassurant en soulignant la complémentarité qui existe entre les deux terminaux, celui de Lomé Containers Terminal (LCT) se concentrant sur le transbordement des navires et MSC axé quant à lui, sur les flux d’import-export pour le marché togolais et son hinterland.
Il insiste sur le fait que les règles d’exploitation et les tarifs sont beaucoup transparents et sont fixés en tenant compte des tarifs pratiqués sur le marché togolais en garantissant ainsi l’égalité d’accès des clients aux services portuaires et en assurant maintenant la compétitivité du port de Lomé face à la concurrence régionale.
La reconnaissance du Port autonome de Lomé en tant que l’un des 100 premiers ports mondiaux, selon le classement annuel de la Lloyd’s List, témoigne des progrès réalisés en termes d’investissements portuaires et de modernisation des installations, affirme le PDG d’AGL.
Des projets ambitieux sont prévus pour renforcer la position de Lomé en tant que hub logistique régional de premier plan d’ici 2025, poursuit-il.
Le gouvernement sollicite activement la contribution du secteur privé pour atteindre cet objectif, et le groupe MSC, par le biais de sa filiale AGL, s’engage à jouer un rôle majeur, note Kokouvi Charles Gafan.
« L’intensification du commerce intra-africain, favorisée par l’amélioration de la connectivité des pays de l’hinterland, sera concrétisée grâce à la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Dans ce contexte, le Togo s’est engagé dans un vaste programme de construction d’infrastructures routières, que nous soutenons grâce à nos propres investissements et activités, afin de stimuler la croissance durable du pays. Nous cherchons à renforcer nos liens avec les pays voisins en participant à la création de corridors commerciaux. De plus, nous prévoyons d’utiliser notre réseau logistique pour répondre à une demande croissante tout en investissant conjointement avec nos partenaires et notre nouvel actionnaire dans de nouvelles capacités portuaires et logistiques », souligne le PDG de l’AGL.
Après une baisse d’activité en 2020 en raison de la pandémie de Covid-19, le PAL a connu une reprise en 2021, avec une croissance des volumes de conteneurs dépassant les 7 % (soit plus de 1,96 million d’équivalents vingt pieds – EVP), selon un rapport de Lloyd’s List.
Raphaël A.









