Lomé, le 18 février 2025-(©AfreePress)-Le mardi 18 février au matin, s’est tenu le forum des maires, réunissant une trentaine d’élus locaux africains autour de la mise en œuvre du projet : « Une ville, une station de traitement des boues de vidange ». L’initiative, portée par l’Association africain des acteurs de l’assainissement et soutenue par l’Association africaine de l’eau et de l’assainissement (AAEA)entend permettre à chaque ville africaine de disposer d’au moins, une station de traitement des déchets liquides. Pour y arriver, selon les panélistes, il faudrait faire évoluer les mentalités et mobiliser les ressources – endogènes et exogènes – pour bâtir des infrastructures de traitement et d’assainissement durables au sein des communautés.
Présent à l’événement, le maire Sami Essokudjowu PISSIYOU de la commune de Kara 3 a partagé avec l’agence de presse AfreePress ses impressions issues du 22e congrès de l’AAEA à Kampala. « Je suis présent à ce 22e congrès dont le thème est ‘L’eau et l’assainissement pour tous, un avenir sûr pour l’Afrique’. Après la session d’ouverture, nous avons participé à divers panels et débats portant sur la place des maires dans le processus de traitement des boues de vidange et les actions à mener pour garantir l’accès à l’eau potable. Nous repartons de Kampala avec la conviction que nous sommes pleinement impliqués dans les politiques d’accès à l’eau potable et à l’assainissement, de la conception à la mise en œuvre et au suivi des dispositifs nécessaires », a-t-il laissé entendre.
« Nous repartons avec des enseignements précieux qui ne bénéficieront pas seulement à notre commune, mais aussi à la ville de Kara en général. Grâce à la politique d’assainissement du Togo, une station de traitement des boues de vidange a déjà été construite à Kara. Forts des connaissances acquises ici, nous allons explorer avec nos collègues et autres acteurs, des moyens de mutualiser nos efforts afin de valoriser cette infrastructure et améliorer le cadre de vie de nos populations » a-t-il ajouté.

Les panélistes ont mis l’accent sur l’importance de l’assainissement dans les communes africaines, notamment à travers les défis spécifiques auxquels elles font face et les solutions adaptées à mettre en œuvre. Un plaidoyer en faveur d’un renforcement des équipements et des infrastructures de traitement des boues de vidange sera adressé aux partenaires et aux États afin d’aider les villes à lutter contre le phénomène de défécation à l’air libre.
L’initiative « Une ville, une station » a été officiellement lancée en marge du forum sur l’assainissement, sous l’impulsion de l’APAA.
Vers un assainissement durable : Défis et solutions
Cheikh Diop, le maire de Pikine (Sénégal), a quant à lui rappelé l’urgence de mobiliser des ressources et d’identifier les obstacles ralentissant la mise en place des infrastructures d’assainissement dans les villes africaines. « Nous devons revoir notre approche en matière de gestion des questions d’assainissement dans nos communes. Ce forum est une opportunité d’apprentissage et de partage d’expériences entre collectivités, afin que les meilleures pratiques puissent être diffusées. Nous avons un devoir envers les générations futures et nous devons leur offrir un cadre de vie sain et durable », a-t-il laissé entendre.

Les expériences de plusieurs communes africaines, notamment Fokoue (Cameroun), Kampala (Ouganda), Douala (Cameroun), Cotonou (Bénin), Lilongwe (Malawi)…, ont été mises en avant.
Le maire de Kampala, Lord Mayor Erias Lukwago est quant à lui, revenu en détails sur le projet de construction de latrines dans les bidonvilles dépourvus de telles infrastructures. La question du financement des projets d’assainissement dans les villes africaines a également été abordée. Les participants ont plaidé pour un renforcement des financements locaux tout en exprimant leur reconnaissance aux partenaires internationaux. « Les maires sont en première ligne, car ce sont eux qui gèrent directement les besoins des populations au niveau local. L’AAEA travaille à la mise en place de solutions adaptées, mais il est essentiel que les États transfèrent des compétences aux communes afin de garantir l’efficacité des actions entreprises », a-t-il défendu.
Du côté du maire Gabriel GANHUI de la commune d’Avrankou au Bénin, on retire des partages, beaucoup de leçons à implémenter au pays. « Dans notre commune, nous avons instauré un système d’auto-évaluation basé sur l’Indice de Gouvernance Institutionnelle (IGI), ce qui nous a permis de constater l’ampleur des défis à relever. Grâce à cette initiative, nous avons entrepris d’équiper chaque partenaire d’une latrine et d’organiser un meilleur traitement des boues de vidange. Nous appelons les décideurs à ne pas se focaliser uniquement sur les grandes villes, mais aussi sur les petites communes qui ont un besoin urgent d’appui », a-t-il confié à l’agence de presse AfreePress

Un engagement collectif pour l’avenir
L’initiative : « Une ville, une station de traitement des boues de vidange » a été officiellement lancée à l’issue du forum dédié aux maires des communes africaines. Ceci marque un tournant décisif vers une meilleure gestion de l’assainissement en Afrique, avec un engagement renforcé des maires et des collectivités locales.
Olivier ADJA









