Kampala, le 20 février 2025-(©AfreePress)-La municipalité de Douala 5ème, l’une des plus vastes et peuplées du Cameroun avec plus d’un million d’habitants répartis sur plus de 200 000 km², est confrontée à un défi environnemental majeur : la dégradation de la qualité de l’eau due aux activités minières illégales. C’est ce qu’a révélé Dieudonné Veumo, maire de Douala 5ème, au cours d’un panel d’experts consacré à cette problématique.
En 2022, des recherches menées en collaboration avec le Centre Louis Pasteur et un laboratoire agréé ont mis en évidence la présence de microbes, de parasites ainsi que de métaux lourds et de produits chimiques dans les ressources hydriques locales. « Ces substances nocives sont imputables aux activités humaines, notamment minières », a précisé Dieudonné Veumo.
Des pratiques minières pointées du doigt
L’exploitation minière, qu’elle soit artisanale ou industrielle, a un impact considérable sur l’environnement. Pour extraire les minerais, d’énormes quantités d’eau sont utilisées, souvent combinées à des produits chimiques tels que l’acide, afin de séparer le minerai de la roche mère. Cette pratique engendre une pollution massive des sols et des nappes phréatiques.
Dans son exposé, le maire de Douala 5ème a détaillé quatre types de pollution majeurs : le drainage minier acide, la contamination par les métaux lourds et l’infiltration, la pollution chimique ainsi que l’érosion et la sédimentation. « Les conséquences sont multiples : dégradation de la qualité de l’eau, augmentation des coûts de traitement, impacts sanitaires graves pour les populations, perturbation des écosystèmes aquatiques et terrestres, sans oublier la diminution des ressources en eau souterraine », a-t-il alerté.
Vers des solutions durables
Pour remédier à cette situation, Dieudonné Veumo a plaidé pour des mesures fortes de la part des États africains. Il préconise la mise en place de politiques environnementales rigoureuses, le contrôle systématique de la qualité de l’eau et la réglementation stricte des pratiques minières. « Il est impératif d’adopter de nouvelles technologies d’exploitation plus respectueuses de l’environnement et promouvoir des alternatives économiques viables pour réduire la dépendance à l’industrie minière », a-t-il souligné.
Des exemples venus d’ailleurs

Le panel d’experts a également abordé les situations similaires en Afrique du Sud, au Ghana, en Côte d’Ivoire et en Ouganda, où la pollution des eaux due aux activités minières constitue également un enjeu crucial. Une allocution introductivea été faite par Mariette Liffering, CEO de la Fédération pour un environnement durable en Afrique du Sud. Elle a notamment partagé des stratégies de remédiation mises en œuvre dans son pays.
Aux côtés de Dieudonné Veumo, ce panel de haut niveau réunissait le Prof Stéphane Claon, Directeur du Laboratoire d’Analyse et de Contrôle de la Qualité de l’Eau de l’Office National de l’Eau Potable de Côté d’Ivoire (LACQUE/ ONEP) qui a modéré les travaux, Joyce Mpalani Magala (WaterAid Kampala, Ouganda) et Dr Martin Kouamé (Université Jean Lorougnon Guédé, Côte d’Ivoire). Leur expertise commune a permis d’esquisser des pistes d’action concrètes pour préserver la qualité de l’eau en Afrique et garantir la santé des populations.
Cet appel à l’action résonne comme un cri d’alarme pour l’ensemble du continent, où la gestion durable des ressources en eau demeure un enjeu vital face aux défis environnementaux croissants.
En conclusion, cet événement a appelé à une action collective et à une mobilisation accrue des ressources pour garantir un accès équitable à une eau de qualité, tout en protégeant les communautés vulnérables des impacts négatifs des activités minières sur l’environnement hydrique africain.
Olivier ADJA









