Lomé, 11 mai 2025 –(AfreePress)- La capitale togolaise accueille la Conférence de haut niveau de l’Union Africaine sur la gouvernance de la dette et du financement du développement. Placée sous le thème : « Vers un pacte africain pour une gouvernance efficace de la dette », cette rencontre de portée continentale a démarré lundi, 12 mai au Centre de conférences de Lomé.
Organisé par la Commission de l’Union Africaine, en partenariat avec le gouvernement togolais, cet événement réunit chefs d’État, ministres, responsables d’institutions financières, experts économiques ainsi que des représentants de la société civile africaine. Objectif affiché : élaborer une réponse africaine concertée et structurelle aux défis croissants liés à l’endettement public.
Dans son discours d’ouverture, le Président du Conseil , Faure Essozimna Gnassingbé, a plaidé pour une refonte profonde de la gouvernance financière du continent. Il a souligné que la soutenabilité de la dette ne saurait être dissociée d’une réforme équitable du système financier international, regrettant un accès encore inégal aux capitaux pour les pays africains.
« L’Afrique doit parler d’une seule voix, bâtir un narratif qui lui est propre, pour mieux faire entendre ses aspirations et exigences. Il ne s’agit pas seulement de refinancer nos dettes, mais de redéfinir les règles du jeu », a déclaré le Président du Conseil.
Il a en outre rappelé les effets néfastes des crises sécuritaires sur la situation de la dette des pays d’Afrique de l’Ouest.
« Repenser la gestion de la dette, c’est aussi refuser l’hypocrisie sécuritaire. On ne peut pas exiger la paix sans se donner les moyens de la financer. Le lien entre la dette et la sécurité est trop souvent négligé, alors qu’il est, à mon sens, fondamental. Une dette est-elle soutenable si elle empêche un État d’investir dans la sécurité de ses citoyens ? Une dette est-elle soutenable si elle prive une nation de la possibilité d’adapter son agriculture aux défis du changement climatique ? Une dette est-elle soutenable si elle prive sa jeunesse d’avenir ? Nous ne pouvons pas demander aux pays africains de jouer un rôle actif dans la stabilisation du Sahel, par exemple, dans la lutte contre le terrorisme ou la prévention des migrations, sans leur fournir les ressources nécessaires. En d’autres termes, il faut avoir le courage de financer la paix », a-t-il déclaré.
Les débats ont mis en lumière les vulnérabilités structurelles auxquelles font face de nombreux pays africains, notamment les taux d’endettement élevés, l’instabilité des marchés financiers, les taux d’intérêt exorbitants et la faible mobilisation des ressources domestiques. Des propositions seront formulées, allant de l’instauration de mécanismes africains d’évaluation de la dette à la création de cadres de transparence renforcés, en passant par la promotion de financements innovants, verts et inclusifs.
Au terme des travaux, les participants vont adopter la Déclaration de Lomé, qui constituera une étape déterminante dans la construction d’un cadre africain pour une gouvernance plus efficace de la dette publique et un financement durable du développement.
Cette déclaration devrait nourrir les réflexions de l’Union Africaine en prélude à l’élaboration d’un Pacte africain de la dette, prévu pour être examiné lors du prochain Sommet de l’organisation continentale.
Anika A.









