Lomé, le 13 mai 2025 – (©AfreePress) -Face à la crise sécuritaire et humanitaire persistante dans la région des Savanes, au nord du Togo, l’Organisation internationale du travail (OIT) a officiellement lancé, lundi 12 mai 2025, un programme d’intervention fondé sur la Haute Intensité de Main-d’Œuvre (HIMO), visant à offrir une réponse intégrée aux vulnérabilités locales.
Mis en œuvre en partenariat avec le Programme d’urgence de renforcement de la résilience et de la sécurité des communautés (PURS), ce projet pilote s’inscrit dans une dynamique de soutien aux populations affectées par les déplacements forcés, la pauvreté accrue et les effets du changement climatique.
La cérémonie de lancement, marquée par une forte mobilisation institutionnelle, s’est déroulée lundi 13 mai à Lomé, en présence de Jacques Alanda, Directeur de cabinet du ministère de la Réforme du service public, du Travail et du Dialogue social, de Mme Coumba Ndeye Diop, Directrice multipays de l’OIT, ainsi que du colonel Amadou Bachirou, représentant du coordonnateur général du PURS.
Pour Mme Diop, cette initiative incarne la volonté du Directeur général de l’OIT d’intensifier le soutien aux pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), dont fait partie le Togo, en accompagnement des efforts nationaux en faveur des communautés fragilisées.
« Ce programme vise la création d’emplois décents à travers des chantiers communautaires structurants. Il cible au moins 100 jeunes et femmes, incluant des réfugiés et déplacés internes, avec un objectif de participation féminine d’au moins 30 %. Dans un contexte de crise, le travail devient un levier de paix et de stabilité », a-t-elle déclaré.
Parmi les actions phares du projet figurent la construction d’infrastructures d’eau, d’hygiène et d’assainissement (WASH), la réhabilitation des pistes rurales ainsi que des campagnes de reboisement. Ces interventions seront menées sous forme de chantiers à haute intensité de main-d’œuvre, mobilisant tant les populations locales que les personnes déplacées.
Au-delà de l’aspect infrastructurel, l’approche HIMO entend poser les bases d’une paix durable en favorisant la cohésion sociale. En ce sens, Frédéric Bandon Mboyong, expert technique des politiques HIMO, a souligné l’innovation que constitue la formation intégrée au projet.

« L’un des axes majeurs du programme est la mise en place de sessions de formation pratiques. En plus de générer des revenus, les bénéficiaires acquièrent des compétences utiles pour leur autonomie économique. Cela contribue à restaurer la dignité et la confiance en l’avenir », a-t-il affirmé.
Représentant le gouvernement, M. Jacques Alanda a exprimé la reconnaissance des autorités togolaises envers l’OIT pour avoir sélectionné le Togo comme terre d’expérimentation de ce modèle d’intervention. Il a salué un projet « audacieux, pertinent et aligné sur les réalités du terrain, face aux défis croissants liés à l’insécurité, aux migrations internes et à la dégradation environnementale ».
Anika A.










