Lomé, le 23 août 2025 –(©AfreePress)– Le Centre de Recherche en Économie Générationnelle (CREG), en partenariat avec l’ONG Aide et Action à la Veuve, l’Orphelin et à l’Enfant Déshérité (AAVOED) et le Population Reference Bureau (PRB), a tenu, vendredi 22 août à Lomé, un atelier de haut niveau consacré à la valorisation du Travail Domestique Non Rémunéré (TDNR) et l’économie des soins au Togo.
Cette rencontre avait pour ambition d’aboutir à l’élaboration d’une feuille de route nationale et de nourrir un plaidoyer politique en faveur de la reconnaissance du TDNR comme activité productive à part entière.
La cérémonie d’ouverture, présidée par la sénatrice, Kadjaka Abougnima Molgah, présidente de l’AAVOED, a donné le ton aux travaux. Dans son allocution, elle a appelé à la reconnaissance et à la monétarisation du travail domestique, encore largement assumé par les femmes et les jeunes filles.
« Ce patrimoine invisible mais vital ne peut plus être ignoré. Le reconnaître et le valoriser, c’est investir dans la justice sociale, l’égalité des sexes et la prospérité nationale », a-t-elle affirmé devant une audience composée de parlementaires, de membres du gouvernement, de chercheurs, de représentants de la société civile et de la presse.
Le TDNR couvre des tâches essentielles telles que la préparation des repas, le ménage, la garde des enfants ou l’accompagnement des personnes âgées. Bien qu’indispensables au fonctionnement des foyers, ces activités demeurent absentes des indicateurs économiques comme le Produit Intérieur Brut (PIB).
Selon Dr Camille Guidime, économiste et enseignant-chercheur à l’Université Parker/CREG, près de 40 % du travail domestique réalisé au Togo relève de cette catégorie invisible et non rémunérée. Grâce à des outils comme le National Time Transfer Account, les chercheurs ont pu mesurer le temps investi dans ces tâches et ont estimé la valeur économique.
« Ce travail participe à la cohésion sociale, au capital humain, et donc au développement. Il est temps de l’intégrer dans la comptabilité nationale », a-t-il insisté.
Un plaidoyer partagé par Mme Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, représentante de l’Assemblée nationale, qui a estimé urgent de transformer la perception du « travail de la femme au foyer » en une contribution reconnue et protégée économiquement, socialement et juridiquement.
Le sénateur Sessenou Kwadjo a, pour sa part, plaidé pour une réforme juridique et financière.
« La société doit reconnaître ce travail comme une activité digne de rémunération. C’est au gouvernement de créer les cadres légaux et budgétaires appropriés », a-t-il souligné.

La sénatrice Kadjaka Abougnima a enfin mis l’accent sur la nécessité d’adopter des budgets sensibles au genre et de rapprocher les services sociaux des ménages, afin de réduire la charge des femmes et leur permettre de se consacrer à d’autres activités économiques.
« Il ne s’agit pas de transférer la charge de cette rémunération aux familles, mais à l’État, qui doit reconnaître et compenser ce temps investi pour le bien-être collectif », a-t-elle précisé.
Les travaux devraient déboucher sur une feuille de route nationale assortie de recommandations claires à l’endroit des autorités publiques. L’objectif est d’intégrer le travail domestique non rémunéré dans les politiques nationales, en cohérence avec la cible 5.4 des Objectifs de Développement Durable (ODD) de l’Agenda 2030.
Albertine A.










