Lomé, le 02 Septembre 2025-(©AfreePress)- Les tensions autour des affaires foncières continuent de fracturer le tissu social togolais. Dans une sortie musclée la semaine dernière, le Mouvement Martin Luther King (MMLK) a dénoncé les usurpations de terres, souvent organisées par des réseaux mafieux, avec la complicité avérée ou soupçonnée de certains magistrats et auxiliaires de justice.
Une dénonciation qui met le doigt sur un mal profond
Les litiges fonciers représentent aujourd’hui la majorité des affaires devant les tribunaux togolais. Pour le MMLK, ce constat ne relève pas du hasard, mais découle d’une connivence entre usurpateurs et acteurs judiciaires. Des individus ou groupes organisés utilisent des moyens frauduleux pour s’approprier des terres, profitant parfois de jugements complaisants ou de décisions biaisées.
En d’autres termes, la justice, censée être le dernier rempart contre les injustices, devient dans certains cas un outil de légitimation des spoliations. Cette dérive, si elle est confirmée, jette une ombre lourde sur l’intégrité d’une partie du système judiciaire.
Quand le Chef de l’État sonnait l’alarme
Il ne s’agit pas là d’un simple sujet de société. Le Président de la République (actuellement Président du Conseil) lui-même avait averti il y a quelques années, que la question foncière constitue “une bombe à retardement” pour le pays. Ces propos résonnent avec acuité aujourd’hui, car les frustrations se sont accumulées, l’injustice se ressent plus fortement et l’arbitraire dans la gestion foncière nourrit un climat explosif, à même de menacer la paix sociale, déjà fragile.
Des conséquences graves pour la cohésion nationale
Chaque cas de spoliation entraîne des blessures profondes, souvent au sein d’une même famille ou d’une même communauté. Les querelles autour des terres se transforment en conflits interminables, alimentant rancunes et divisions. Quand la justice donne l’impression de trancher en faveur des fraudeurs, c’est la confiance des citoyens dans les institutions qui s’effrite.
Dans un pays où la terre reste le socle de la richesse et de la transmission patrimoniale, ce phénomène est d’autant plus dangereux qu’il peut exacerber des tensions communautaires et accentuer les fractures sociales.
L’appel du MMLK à la responsabilité et à la retenue
Le Mouvement Martin Luther King invite les magistrats, greffiers, notaires et tous les auxiliaires de justice à faire preuve de rigueur et d’impartialité dans la gestion des affaires foncières. L’organisation souligne qu’une justice partiale est un poison qui nourrit l’instabilité.
Par ailleurs, le mouvement appelle chaque citoyen à la retenue et à la vigilance, afin d’éviter que la colère ne se transforme en violence ouverte sur le front social déjà inflammable. La prévention des conflits fonciers passe par une politique foncière nationale claire, équitable et appliquée sans favoritisme, insiste le MMLK.
Une urgence nationale
Face à l’ampleur de la situation, la question foncière ne peut plus être reléguée au second plan. Elle nécessite une action concertée de l’État, de la justice et de la société civile. Laisser prospérer ces pratiques mafieuses reviendrait à alimenter une crise sociale qui risque d’échapper à tout contrôle.
La mise en garde du Chef de l’État, réitérée par la dénonciation du MMLK, sonne comme un avertissement ultime : il est temps d’agir avec fermeté et responsabilité avant que la bombe foncière n’explose.
Albertine A.









