Lomé, le 12 janvier 2026 -(©AfreePress)- Après quatre jours d’échanges intensifs, le 23ᵉ Congrès international et Exposition de l’Association africaine de l’eau et de l’assainissement (AAEA-AfWASA) a pris fin, jeudi 12 février à Yaoundé, au Palais des Congrès du Cameroun, par un vibrant appel lancé par les participants à transformer les recommandations en politiques publiques tangibles afin d’améliorer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement sur le continent.
Organisé sous le thème : « Eau et Assainissement pour tous : des actions fortes pour l’Afrique », cet événement continental, qui s’inscrit dans la dynamique des Objectifs de Développement Durable (ODD), notamment l’ODD 6 visant l’accès universel à l’eau et à l’assainissement d’ici 2030, a réuni plus de 2 000 participants issus d’environ 52 pays, représentant 338 organisations publiques, privées, académiques et partenaires techniques et financiers.

Un plaidoyer pour l’eau et l’assainissement adaptés à l’Afrique
Dans son discours de clôture, le Directeur exécutif de l’AAEA, Olivier Gosso, a exhorté toutes les parties prenantes à traduire les engagements pris au cours des sessions en actions concrètes et en politiques publiques à fort impact social. Il a insisté sur la responsabilité collective de faire de ces engagements des investissements structurants au service des populations africaines.
Le Directeur général de la Camwater, Dr Blaise Moussa, a quant à lui rappelé les trois enseignements majeurs du congrès. Il s’agit de la nécessité d’un engagement africain endogène pour faire face aux défis du secteur, de la reconnaissance institutionnelle de l’AAEA comme organe exécutif du Conseil des ministres africains chargés de l’Eau (AMCOW) et de l’Union africaine, et de l’intégration des stratégies multi-acteurs dans les agendas nationaux et régionaux.
Cette reconnaissance institutionnelle constitue une étape importante pour renforcer l’harmonisation des politiques et la cohérence des interventions sur l’eau et l’assainissement à l’échelle continentale, dans un contexte où plus de 400 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à une eau potable sûre, et où l’assainissement universel reste hors de portée de nombreuses populations vulnérables.
Priorités stratégiques et innovations

Les débats ont porté sur des orientations stratégiques fondamentales du secteur. Les participants ont échangé sur la gestion intégrée et résiliente des ressources en eau, avec une protection accrue des bassins-versants et des systèmes de modélisation des ressources hydriques permettant d’améliorer la qualité des données de planification. Ils ont plaidé pour l’amélioration de la performance des services d’eau potable, en ciblant la réduction des pertes non facturées et la modernisation des réseaux via des solutions numériques avancées et la qualité et sécurité de l’eau, particulièrement dans les zones rurales, périurbaines et marginalisées, qui restent les plus exposées aux risques sanitaires. Ils ont également abordé la question de l’utilisation de l’intelligence artificielle, de la recherche appliquée et d’outils numériques innovants pour renforcer la prévention des crises, optimiser les opérations et améliorer la prise de décision stratégique.
Ces axes reflètent une volonté de combiner innovation technologique et gouvernance afin de faire face aux défis persistants du secteur de l’eau et de l’assainissement, qui restent fortement liés à la sécurité sanitaire, au développement économique et à l’adaptation au changement climatique sur le continent.
Un forum de partage, de réseaux et d’influence

Au-delà des sessions techniques et plénières, le congrès a offert une plateforme d’échanges, de création de partenariats stratégiques et de promotion de technologies adaptées aux réalités africaines, favorisant une approche inclusive entre décideurs publics, acteurs privés, chercheurs et représentants de la société civile.
Des signatures de protocoles, notamment avec des institutions académiques et des partenaires internationaux, ainsi que la tenue de forums dédiés aux femmes et aux jeunes professionnels de l’eau, ont enrichi les travaux, illustrant l’importance accordée à la gouvernance participative du secteur.
Perspectives et continuité
La clôture du congrès a été l’occasion d’annoncer que le Sénégal accueillera la 24ᵉ édition de l’événement en 2028, marquant ainsi une continuité dans les efforts de mobilisation et d’innovation autour des enjeux de l’eau et de l’assainissement en Afrique.
Olivier A.









