Lomé, le 18 mai 2026 -(©AfreePress)- À Lomé, la parole religieuse s’est muée en manifeste pour l’avenir du continent. Réunis dans la capitale togolaise à l’occasion du sommet des Présidents de conférences du Conseil Méthodiste Africain, les dirigeants des Églises méthodistes africaines ont lancé un appel appuyé à une transformation en profondeur des sociétés africaines.
Du 13 au 18 mai, plus de soixante délégués – évêques, pasteurs et responsables ecclésiastiques – issus de plus de vingt-cinq pays, aux côtés de partenaires de l’Église Méthodiste de la Grande-Bretagne, ont confronté leurs analyses face aux défis structurels du continent.
Sous le thème évocateur : « Appelés à transformer le paysage socio-politique et économique de l’Afrique », les échanges ont fait émerger un constat partagé : chômage massif des jeunes, pauvreté persistante, corruption endémique, insécurité, crises politiques et fractures sociales constituent autant de foyers de vulnérabilité qui fragilisent l’avenir africain.
Dans une déclaration finale à forte portée normative, les participants ont réaffirmé le rôle de l’Église comme acteur engagé dans la cité. « L’Église ne saurait se réfugier dans le seul champ spirituel face à la souffrance des peuples », ont-ils martelé, appelant à une implication active dans la défense de la justice, de la paix et de la dignité humaine.
Le texte adopté souligne, dans un ton résolument volontariste, que « l’Évangile commande une parole prophétique contre l’injustice, l’inégalité, la violence, l’exploitation et la corruption », inscrivant ainsi l’engagement ecclésial dans une dynamique de transformation sociale.
Au cœur des engagements pris figurent la promotion d’une éducation inclusive, le soutien à l’entrepreneuriat des jeunes, le renforcement du leadership féminin, ainsi que le recours accru à l’innovation numérique comme levier d’évangélisation et de développement.
Le sommet a également insisté sur la nécessité d’intensifier les actions dans les domaines de la santé, de l’éducation et du développement communautaire, considérés comme des piliers incontournables de l’amélioration des conditions de vie.
S’exprimant devant la presse, le Très Révérend Paul Kwabena Boafo a élargi la réflexion aux enjeux historiques, évoquant les séquelles de la traite transatlantique des esclaves et la question, toujours sensible, de la justice réparatrice. Selon lui, l’Église doit demeurer une « conscience morale » capable d’interpeller les États et d’influencer les politiques publiques en faveur des plus vulnérables.

« Nous portons la voix des sans-voix – les pauvres, les jeunes, les femmes marginalisées – afin que des réponses structurelles soient apportées à leurs réalités », a-t-il déclaré.
Au-delà des discours, les participants ont affiché leur volonté de consolider les synergies entre Églises méthodistes africaines, convaincus que l’unité constitue une condition essentielle pour relever les défis communs.
Les célébrations de clôture, prévues dans plusieurs temples méthodistes à travers le Togo, viendront sceller cette rencontre qui consacre, une fois encore, Lomé comme un carrefour du dialogue religieux et de la coopération ecclésiale sur le continent.
Albertine A.









