Kara, 12 août 2026-(©AfreePress)- Trente artisans électriciens issus des trois régions septentrionales du Togo ont entamé, lundi 10 août à Kara, une session de formation consacrée à la sécurité électrique et aux technologies photovoltaïques. Organisée par l’Union des chambres régionales de métiers (UCRM), avec l’appui financier du Fonds national d’apprentissage, de formation et de perfectionnement professionnels (FNAFPP), cette formation de huit jours est assurée par HAIMA Technology, entreprise spécialisée notamment dans le génie électrique et les solutions solaires.

Former pour prévenir les accidents et professionnaliser le solaire
Organisée au Centre de formation professionnelle Don Bosco de Kara, la session vise à répondre à une double exigence. Celle de l’amélioration de la sécurité des installations électriques et celle de l’adaptation des compétences des artisans à l’essor du photovoltaïque.
Placée sous le thème : « Sécurité électrique et énergie photovoltaïque », la formation repose sur une approche résolument pratique, avec environ 30 % de théorie et 70 % de travaux pratiques, complétés par un dispositif de suivi des participants.

L’objectif est de permettre aux artisans de mieux maîtriser les normes et les bonnes pratiques applicables aux installations basse tension, mais également de renforcer leurs capacités dans l’installation, la maintenance et le diagnostic des systèmes solaires.
Au programme figurent notamment l’interprétation des schémas électriques, l’identification des différents composants d’une installation, les techniques de mesure et de diagnostic, ainsi que les procédures de maintenance des équipements photovoltaïques.
Les participants seront également initiés à la prévention des risques électriques et aux premiers secours.

Le solaire change le métier d’électricien
Au-delà de la formation elle-même, cette initiative traduit une mutation profonde du métier d’électricien.
L’essor des solutions photovoltaïques impose désormais aux artisans de dépasser les compétences classiques de l’installation électrique pour maîtriser les technologies liées aux panneaux solaires, aux régulateurs, batteries et onduleurs.
Cette nécessité est d’autant plus importante que le développement du solaire ne se limite plus aux grandes installations. Les équipements photovoltaïques gagnent progressivement les ménages, les exploitations agricoles, les entreprises et les services de proximité. Encore faut-il que les installations soient correctement posées, entretenues et réparées.
C’est précisément sur ce maillon que les acteurs de la formation entendent agir. 
Après l’installation, le défi de la maintenance
A l’ouverture des travaux, le directeur général de HAIMA Technology, Betzalel-Elyakim-Gad Nala, a annoncé une prochaine étape particulièrement ambitieuse qui est l’organisation d’une formation de masse consacrée à la maintenance des panneaux solaires.
L’annonce répond à un besoin identifié sur le terrain car de nombreuses installations photovoltaïques cessent de fonctionner correctement faute de techniciens suffisamment qualifiés pour assurer leur entretien et leur réparation.
Cette perspective pose une question essentielle pour la transition énergétique du Togo. A quoi sert de multiplier les installations solaires si le pays ne dispose pas, parallèlement, d’un réseau suffisamment dense de techniciens capables d’en garantir la durée de vie ? La maintenance apparaît ainsi comme le maillon encore insuffisamment valorisé de la chaîne photovoltaïque.

Le FNAFPP mise sur la compétence
Présent à la cérémonie, le président du comité de gestion du FNAFPP, Awali Pidassa, a réaffirmé l’engagement de son institution à soutenir la formation et le perfectionnement des professionnels, notamment des jeunes.
Il a relevé que la progression du photovoltaïque accroît mécaniquement la demande en artisans compétents et a exhorté les bénéficiaires à tirer pleinement profit de cette session pour renforcer leur maîtrise des exigences techniques et réglementaires.
De son côté, le président de la Chambre régionale de métiers de Kara, Ablé Kpatcha, a appelé les participants à transformer les compétences acquises en une amélioration concrète de la qualité des prestations offertes aux populations.
Un investissement dans la sécurité

Pour l’UCRM et ses partenaires, l’enjeu dépasse donc la simple acquisition de nouvelles compétences.
Il s’agit aussi de réduire les risques d’incendies, de courts-circuits et d’accidents liés à des installations défectueuses ou réalisées en dehors des normes.
La formation professionnelle apparaît dès lors comme un instrument de prévention, mais également comme un levier de professionnalisation d’un secteur appelé à prendre une place croissante dans l’économie énergétique du pays.
À travers cette initiative, l’UCRM, le FNAFPP et HAIMA Technology font le pari que la transition énergétique ne pourra être durable que si elle s’accompagne d’une véritable transition des compétences.
Car dans le solaire, le défi n’est désormais plus seulement de produire de l’électricité. Il est de savoir l’installer, la sécuriser, la maintenir et la faire durer.
Olivier A.










