Lomé, le 21 septembre 2026-(©AfreePress)-Le Togo poursuit sa mobilisation contre les mutilations génitales féminines (MGF), une pratique qui porte atteinte à l’intégrité physique, à la dignité et aux droits des filles et des femmes. Malgré les avancées enregistrées ces dernières années, le gouvernement entend maintenir les efforts afin de parvenir à son abandon définitif.
Dans un entretien avec la presse, la ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, Martine Moni Sankaredja, a évoqué les conséquences de l’excision, le dispositif légal en vigueur ainsi que les actions menées sur le terrain pour prévenir et combattre cette pratique.
Des conséquences sanitaires et psychologiques importantes
Définies par l’article 218 du nouveau Code pénal togolais, les mutilations génitales féminines regroupent toute ablation partielle ou totale des organes génitaux externes des filles, des jeunes filles ou des femmes, ainsi que toute autre intervention portant sur ces organes, à l’exception des actes chirurgicaux réalisés pour des raisons médicales.
Selon la ministre, les conséquences peuvent être nombreuses et parfois graves. Elles comprennent notamment les douleurs aiguës, les hémorragies, les infections urinaires récurrentes, l’infécondité, les règles douloureuses et les complications pouvant survenir pendant la grossesse ou l’accouchement.
Les répercussions peuvent également être psychologiques, avec notamment une perte de l’estime de soi, la dépression et l’anxiété.
Une baisse encourageante des taux
Les statistiques disponibles montrent une diminution de la prévalence des MGF au Togo. Chez les femmes âgées de 15 à 49 ans, le taux est passé de 5 % à 3,1 %. Chez les enfants âgés de 0 à 14 ans, il a également reculé, passant de 1 % à 0,3 %.
Ces résultats sont notamment soutenus par les campagnes de sensibilisation menées auprès des communautés et des leaders traditionnels et religieux. Les professionnels de santé sont également davantage formés afin de détecter les cas et d’assurer une meilleure prise en charge des victimes.
La loi comme instrument de prévention et de sanction
Le Togo dispose depuis 1998 d’une législation spécifique interdisant les mutilations génitales féminines. La loi n° 98-016 du 17 novembre 1998 a par la suite été intégrée au Code pénal de 2015.
À ce cadre juridique s’ajoutent plusieurs dispositifs de protection et d’accompagnement, notamment les centres d’écoute, les maisons de la femme, les centres intégrés de prise en charge et les lignes vertes permettant de signaler les cas.
L’engagement des autorités traditionnelles et religieuses constitue également un volet important de cette lutte. La déclaration de Notch, signée en 2013, témoigne notamment de leur implication en faveur de l’abandon des pratiques préjudiciables aux enfants.
Maintenir la mobilisation pour atteindre zéro cas
Malgré les progrès enregistrés, le gouvernement appelle à maintenir la vigilance et à renforcer les actions de proximité. Les parents et les communautés sont encouragés à abandonner définitivement l’excision et à signaler tout cas identifié.
Les organisations de la société civile sont également invitées à poursuivre leurs interventions sur le terrain, tandis que les médias sont appelés à intensifier l’information et la sensibilisation.
Pour les autorités, l’enjeu est désormais de consolider les acquis afin de parvenir à l’objectif de zéro cas de mutilations génitales féminines au Togo.
Albertine A.









