Lomé, le 10 décembre 2025 –(©AfreePress)– Trois jours après la tentative de coup d’État avortée dans la nuit du 7 au 8 décembre, le gouvernement béninois s’est réuni en Conseil des ministres extraordinaire. C’était le mardi 9 décembre 2025, sous la présidence du chef de l’État, Patrice Talon. Autour de lui, étaient présents notamment le Ministre Conseiller ainsi que le haut commandement des Forces de défense et de sécurité, pour un point complet sur les événements.
Selon les explications livrées par le secrétaire général adjoint et porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, le Président Talon était la cible directe de la mutinerie. « La mutinerie avait pour objectif de renverser le Président de la République, de soumettre les institutions et de remettre en cause l’ordre constitutionnel », a-t-il affirmé.
M. Houngbédji décrit un plan méthodiquement préparé, dont la première phase consistait à neutraliser ou kidnapper plusieurs officiers généraux, clés de la chaîne de commandement militaire. Les mutins se sont ensuite rendus, aux environs de 2 heures du matin, au domicile du Général Bertin Bada, Directeur de cabinet militaire du Président. Celui-ci a pu échapper à l’attaque, mais son épouse a été mortellement blessée.
Alerté, le commandement militaire de Tobin a tardé à intervenir. Ce sera finalement la garde qui interviendra. Mais le Colonel Faizou Goumeni, dépêché pour évaluer la situation, a été capturé, violenté et pris en otage.
Ce n’est qu’à ce moment que la Garde présidentielle a pleinement mesuré l’ampleur du complot, découvrant que les mutins disposaient d’armes lourdes et d’engins blindés. Vers 5 heures du matin, ces derniers ont lancé un assaut contre la Garde républicaine, déclenchant de violents affrontements ayant fait des victimes dans les deux camps.
Les insurgés vont ensuite prendre la direction de la Télévision nationale, qu’ils ont brièvement contrôlée avant d’être délogés par les forces loyales appuyées par la police, plusieurs éléments étant immédiatement arrêtés. Ils vont finalement se replier vers le camp de Tobin.
Face à des mutins retranchés dans une zone densément habitée, le pouvoir a privilégié des opérations ciblées afin d’éviter des pertes civiles. C’est alors que la coopération sous-régionale s’est activée. « Sous l’égide de la CEDEAO et à la demande du Nigeria, des frappes aériennes menées par l’aviation nigériane ont permis d’immobiliser les engins blindés », a expliqué M. Houngbédji. Une unité spéciale venue du Nigeria et une autre de Côte d’Ivoire ont également apporté leur soutien dans cette opération.
Grâce à cette coordination, les otages, dont le Général Abouissa et le Colonel Faizou Goumeni, ont pu être libérés tôt dans la matinée du 8 décembre.
Le gouvernement béninois a profité de cette communication pour saluer « la loyauté exemplaire » des forces armées béninoises et la résilience du peuple. Il a également exprimé sa gratitude envers les pays de la CEDEAO, en particulier le Nigeria et la Côte d’Ivoire, pour leur solidarité et leur réactivité. Il a exhorté les Béninois à tirer de cette épreuve un appel à la responsabilité collective. À continuer à bâtir une nation forte, stable et protectrice, où chacun répond de ses actes.
BLEWOUSSI René









