Lomé, le 17 décembre 2025-(©AfreePress)- Près de dix jours après le coup d’Etat raté, le Conseil des ministres de la République du Bénin, s’est réuni le 17 décembre 2025 à Cotonou sous la présidence du Chef de l’État béninois, Patrice Talon. Les travaux, selon les informations recueillies par l’agence de presse AfreePress, ont entériné des mesures normatives significatives portant sur le renforcement des Forces armées béninoises (FAB) et la validation juridique de la révision constitutionnelle.
Dans un contexte où la sécurité du Bénin et la stabilité institutionnelle de ce pays sont au centre des préoccupations publiques, l’Exécutif a autorisé le recrutement et la formation de 1 850 jeunes recrues destinées aux Forces armées.
Cette démarche s’inscrit dans le sens d’une politique de modernisation et de renforcement des capacités militaires, qui vise à répondre aux défis sécuritaires internes et aux exigences de la coopération régionale, indique le gouvernement béninois.
Selon les autorités de ce pays, de telles initiatives s’ajoutent à un effort de long terme. En effet, au cours des huit dernières années, plus de 8 200 soldats et officiers ont été recrutés et formés pour renforcer les capacités de défense du pays, avec environ 1 500 nouvelles recrues en cours d’intégration en début d’année 2025.
Cette mesure est intervenue dans un contexte particulièrement sensible pour le Bénin, marqué récemment par une tentative de coup d’État déjouée le 7 décembre 2025, où des mutins ont brièvement pris le contrôle de la télévision nationale avant d’être maîtrisés par les forces loyalistes. Cette crise a mis en lumière l’importance d’une armée réactive, bien formée et prête à défendre l’ordre constitutionnel.
Par ailleurs, le Conseil des ministres a salué la décision de la Cour constitutionnelle de déclarer conforme à la Constitution la loi portant révision de la loi fondamentale béninoise. Cette validation consacre la légalité du processus de réforme institutionnelle engagé par le Parlement.
Elle intervient alors que l’Assemblée nationale avait récemment adopté une importante révision constitutionnelle, qui prévoit notamment l’extension de la durée des mandats présidentiels et législatifs de cinq à sept ans, ainsi que la création d’un Sénat comme seconde chambre parlementaire, mais qui nécessite encore l’aval définitif de la haute juridiction.
La révision constitutionnelle et sa validation par la Cour constitutionnelle se déroulent dans un climat politique tendu, puisque les réformes touchent à l’architecture institutionnelle du pays à quelques mois de l’élection présidentielle prévue pour avril 2026.
Ces changements visent, selon leurs promoteurs, à renforcer l’équilibre des pouvoirs et à moderniser les structures étatiques, tout en suscitant des débats au sein de l’opinion publique sur leur portée démocratique.
Sur le plan sécuritaire, l’intégration de nouvelles recrues est perçue comme une réponse stratégique aux défis régionaux, notamment les menaces transfrontalières liées à l’instabilité sécuritaire au Sahel, même si le Bénin n’est pas directement confronté à des campagnes djihadistes majeures comme certains de ses pays voisins. Le processus de recrutement des Forces armées joue également un rôle social non négligeable en offrant des opportunités d’emploi à de nombreux jeunes Béninois.
Le gouvernement a indiqué que les textes d’application définissant les critères de sélection, les modalités de formation et le calendrier de ce recrutement seront rendus publics prochainement, soulignant l’importance d’une mise en œuvre rigoureuse et transparente.
Olivier A.










