Lomé, le 29 janvier 2026- (©AfreePress)- La filière café-cacao traverse une période de fortes turbulences au Togo, plombée par une chute brutale des prix sur le marché international. Ces deux spéculations, piliers historiques des recettes d’exportation du pays, subissent de plein fouet une conjoncture défavorable, marquée par l’accumulation d’environ 1 500 tonnes de stocks invendus, selon les données du Comité de coordination pour les filières café et cacao (CCFCC).
Face à l’ampleur de la crise, le CCFCC a convoqué, le 28 janvier 2026 à Lomé, une rencontre de concertation réunissant l’ensemble des maillons de la chaîne de valeur à savoir les producteurs, acheteurs, exportateurs et transformateurs. Les discussions ont mis en lumière un facteur central de blocage portant sur l’effondrement rapide des cours. Ce qui a fortement ralenti, voire paralysé, les transactions commerciales.
En l’espace de quelques mois, les prix du cacao ont enregistré une dégringolade spectaculaire, passant de 5 525 FCFA à environ 2 240 FCFA le kilogramme. Cette chute soudaine a laissé de nombreux opérateurs avec des volumes importants de café et de cacao difficiles à écouler, aggravant les tensions financières au sein de la filière.
Selon Enselme Gouthon, secrétaire général du CCFCC, cette instabilité s’explique en grande partie par la flambée exceptionnelle des prix observée l’an dernier.
« Cette hausse résultait principalement de la baisse de la production dans des pays clé comme la Côte d’Ivoire et le Ghana », a-t-il indiqué, citant les effets conjugués du changement climatique, du vieillissement des plantations et de la raréfaction de la main-d’œuvre agricole. « Aujourd’hui, les prix sont retombés autour de 200 FCFA le kilogramme, voire en dessous », a-t-il précisé.
Les statistiques du CCFCC illustrent clairement le ralentissement des exportations. À la date du 28 janvier 2025, plus de 10 000 tonnes de fèves de cacao avaient été exportées. Un an plus tard, à la même période en 2026, ce volume a chuté à environ 5 000 tonnes, soit une baisse de moitié.
Pour inverser la tendance et redonner de l’oxygène au secteur, le Comité plaide pour un effort collectif et temporaire de l’ensemble des acteurs. L’acceptation de marges réduites à court terme, estime-t-il, pourrait permettre d’écouler les stocks, de relancer les échanges commerciaux et de poser les bases d’une stabilisation progressive du marché.
Albertine A.









