« Le cancer dévore les seins de nos sœurs. La situation est très grave et les images sont choquantes ». C’est l’alerte donnée, vendredi 15 novembre 2024 par la Directrice du Centre International de Cancérologie de Lomé (CICL), Dr Rose Adjenou.
Spécialisé dans le traitement des cancers, Dr Rose Adjenou estime que « l’heure est grave » et appelle à une mobilisation collective en vue d’enrayer ce fléau destructeur.
Pour cette cause, le centre a organisé une opération de dépistage forain du cancer du sein ciblant les femmes vulnérables.
Cette initiative, selon les premiers responsables du CICL, va permettre aux femmes de bénéficier gratuitement de consultations et d’analyses, notamment la mammographie, un examen souvent coûteux en temps normal.
« Il est crucial de dépister précocement le cancer du sein. Cela facilite le diagnostic, réduit les coûts de traitement et augmente les chances de guérison. Cependant, nous constatons que certaines femmes se présentent avec des seins gravement endommagés, presque dévorés par la maladie. Souvent, elles avaient été dépistées bien avant, mais faute de moyens, elles passent d’un dépistage à un autre sans jamais entamer de traitement. C’est une situation alarmante », a déploré Mme Adjenou.

Malgré sa complexité, le cancer du sein peut être traité grâce aux avancées de la médecine moderne. Des techniques de chirurgie évolutive, déjà pratiquées au Togo, permettent de préserver une partie du sein tout en éliminant la tumeur, offrant ainsi des résultats à la fois fonctionnels et esthétiques. Le CICL dispose également du dispositif nécessaire (des appareils de dernière génération) pour opérer ces traitements.
Selon Dr Sambiani Mawuli, chirurgien cancérologue, après un traitement complet, il est possible de reconstruire un sein à l’aide de procédés de chirurgie esthétique, tels que l’utilisation de tissus musculaires du ventre ou du dos, ou encore de prothèses mammaires.
« Cette reconstruction vise à restaurer la symétrie et l’estime de soi de la patiente », a-t-il expliqué.
Cependant, ces soins, bien qu’efficaces, demeurent hors de portée pour de nombreuses femmes en raison de leur coût élevé, souvent évalué en millions de FCFA. C’est pourquoi le CICL plaide pour une prise en charge accrue et interpelle les bonnes volontés à soutenir la Fondation Action pour le Cancer au Togo.

« L’État ne peut tout assumer seul. Nous devons faire preuve de solidarité pour soutenir les femmes atteintes de cette maladie. Le cancer du sein inflige une douleur insoutenable, et c’est un devoir national de leur venir en aide », a plaidé Rose Adjenou, invitant la population à s’engager dans cet effort commun.
Pour plus d’informations, le public est invité à se rapprocher du CICL, situé à Amandahomé, à Lomé.
Anika A.









