Lomé, le 04 janvier 2026-(©AfreePress)- L’auditorium de l’Université de Lomé a abrité, le 03 février 2026, l’ouverture officielle de la conférence nationale du projet CHAIN (Cooperation for Holistic Agriculture Innovation Nests in Sub-Saharan Africa), une initiative ambitieuse qui place l’innovation universitaire au cœur de la transformation agricole en Afrique subsaharienne.
Cette rencontre scientifique et stratégique a permis de présenter le bilan des activités menées depuis le lancement du projet en 2023, d’évaluer les actions de renforcement des capacités des étudiants et de partager, avec des participants nationaux et internationaux, le nouveau programme de master en conservation et transformation des produits agricoles, déployé à l’Université de Lomé (UL) et à l’Université de Kara (UK).
Cofinancé par le programme Erasmus+ de l’Union européenne, le projet CHAIN fédère un vaste consortium d’universités européennes et africaines. Il associe notamment l’Université des Sciences Appliquées de Weihenstephan-Triesdorf (Allemagne), l’Université des Sciences de la Vie de Iași (Roumanie), l’Université des Sciences environnementales et de la Vie de Wroclaw (Pologne), ainsi que des institutions partenaires d’Afrique subsaharienne à l’instar des Universités de Lomé et de Kara, plusieurs universités nigérianes – dont la Federal University of Technology de Minna et l’Alex Ekwueme Federal University de Ndufu-Alike – sans oublier des universités kényanes telles que la South Eastern Kenya University, Kenya University et la Jaramogi Oginga Odinga University of Science and Technology, appuyées par divers partenaires techniques.
L’ambition affichée est de renforcer les compétences des étudiants, enseignants et professionnels afin de bâtir une agriculture moderne, durable et compétitive, tout en nourrissant une réflexion approfondie sur les défis et perspectives de l’innovation dans les chaînes de valeur agroalimentaires.
Dans son allocution, le coordonnateur national du projet, le Professeur Agnassim Banito, a indiqué que face aux chocs climatiques, économiques et sécuritaires, l’Afrique doit impérativement miser sur une agriculture résiliente et créatrice de valeur ajoutée. Selon lui, les universités africaines doivent évoluer « d’institutions classiques de transmission du savoir vers de véritables écosystèmes d’innovation, étroitement connectés aux réalités des producteurs, des transformateurs et des marchés agricoles ».
Pour le Professeur Komlan Batawila, premier vice-président de l’Université de Lomé, cette conférence dépasse le cadre académique. Elle constitue, a-t-il insisté, « l’expression d’une ambition collective visant à faire de nos universités publiques des acteurs majeurs du développement économique et de l’innovation sociale ». Le projet CHAIN-Togo, a-t-il ajouté, incarne une coopération transformatrice, axée sur le renforcement des capacités endogènes et un impact durable sur les sociétés africaines, saluant au passage l’engagement constant des partenaires techniques et financiers.
Représentant la présidente de l’Université de Kara, le secrétaire général de cette université, Assoté Egbaou a, pour sa part, estimé que la mobilisation des partenaires témoigne de la crédibilité et de la pertinence de l’initiative. Il a mis en avant la nécessité de moderniser les curricula et les méthodes pédagogiques à travers la création de nouveaux masters professionnels et de véritables niches d’innovation agricole holistique, favorisant la collaboration entre enseignants, chercheurs, étudiants, entrepreneurs et producteurs autour de solutions concrètes et de chaînes de valeur durables.
Procédant à l’ouverture officielle des travaux, Dr Ama Djifa Gamati, directrice de cabinet représentant le ministère délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a qualifié l’événement de « signal fort » d’un Togo résolument tourné vers l’innovation, la formation de qualité et les partenariats structurants. Elle a rappelé que le programme Erasmus+ constitue bien plus qu’un simple mécanisme de financement. « C’est un investissement stratégique dans le capital humain, l’innovation institutionnelle et l’avenir partagé de nos nations », a-t-elle souligné.

Elle a, en outre, exprimé la disponibilité des autorités à accompagner la mise en œuvre des recommandations issues de la conférence, en vue de pérenniser et d’amplifier ce modèle de partenariat tripartite associant universités, secteur privé et décideurs publics, au service de la souveraineté agricole nationale.
À travers cette dynamique, CHAIN-Togo s’impose comme un levier stratégique de la modernisation agricole, ouvrant de nouvelles perspectives de coopération, d’innovation et de développement durable au Togo et en Afrique subsaharienne.
BLEWOUSSI René










