Lomé, le 10 avril 2025 –(©AfreePress)– La capitale togolaise accueille depuis le jeudi 10 avril, une réunion de concertation technique de niveau régional. La rencontre regroupe les Systèmes d’Alerte Précoce (SAP) de 17 pays du Sahel et d’Afrique de l’Ouest avec pour objectif de dresser un diagnostic actualisé de la situation alimentaire et nutritionnelle, et proposer des actions urgentes et concertées afin de prévenir une aggravation majeure de la crise.
Cette rencontre de deux jours est organisée par le Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers. Elle rassemble des experts nationaux, des organisations régionales et internationales, ainsi que des techniciens spécialisés dans le suivi de la sécurité alimentaire.
Selon les dernières données du Cadre harmonisé publiées en décembre 2024, plus de 34,7 millions de personnes dans la région étaient en situation d’insécurité alimentaire aiguë, malgré une campagne agropastorale jugée globalement satisfaisante.
« En l’absence de réponses ciblées, ce chiffre pourrait atteindre les 47 millions de personnes touchées entre juin et août 2025, pendant la période de soudure », a alerté Dr Issifou Baoua, directeur par intérim du Centre régional AGRHYMET, institution spécialisée du CILSS. « Cette concertation doit permettre l’harmonisation technique des analyses issues de chaque pays, pour éclairer des décisions stratégiques urgentes », a-t-il indiqué.
Au programme de ces deux journées de travail, la validation des bilans agricoles définitifs de la campagne 2024-2025, l’analyse de la situation nutritionnelle, et l’identification d’interventions prioritaires. Un accent particulier est mis sur les zones à forte vulnérabilité, avec pour ambition de proposer des mécanismes d’assistance alimentaire ciblés et réactifs.
« Quelle que soit la pertinence de nos politiques agricoles, elles ne seront jugées efficaces que si elles garantissent l’accès à une alimentation suffisante, saine et durable », a indiqué Dr Anakoma Bikpéta, conseiller technique au ministre togolais de l’Agriculture, représentant le ministre de tutelle à cette rencontre.

Les travaux vont aboutir à la production d’un avis technique régional, accompagné d’un relevé de recommandations et d’un rapport détaillé. Ces documents serviront de référence aux plans d’intervention humanitaire et pour le renforcement des dispositifs d’alerte et de résilience des pays membres.
Alors que les aléas climatiques, les conflits armés et la pression économique accentuent la précarité dans plusieurs zones de la région, la rencontre de Lomé apparaît comme un moment stratégique en vue de réaffirmer la nécessité d’une réponse coordonnée, anticipée et basée sur des données fiables.
Anika A.









