Lomé, le 03 mars 2025 – (©AfreePress) – La désinformation, considérée comme un puissant levier du terrorisme, a été au centre d’un webinaire organisé le 28 février 2025 par le journal en ligne « Le Nouveau Reporter ».
Cet échange virtuel a été animé par Noël Kokou Tadegnon, journaliste d’investigation et expert en fact-checking, ainsi que par Kondi Napo Sonhaye, Maître de Conférences à l’Université de Lomé et consultant en médias. Une trentaine de participants ont pris part à cette session, articulée autour du thème : « Les manifestations directes des fausses informations au service du terrorisme et esquisses de solutions ».
Les discussions ont mis en exergue le rôle néfaste des fake news dans la radicalisation et la propagation de l’extrémisme violent, qu’il soit d’ordre religieux ou politique. Selon les intervenants, ces manipulations exploitent les frustrations sociales, la précarité économique et les crises politiques pour recruter de nouveaux adeptes. L’essor du numérique accentue ce phénomène, facilitant la dissémination de contenus fallacieux, notamment via les réseaux sociaux et les applications de messagerie comme WhatsApp.
Pour faire face à cette menace, Maître Kondi Napo Sonhaye a souligné l’impératif d’intégrer l’éducation aux médias dès le plus jeune âge. Il estime qu’il est essentiel d’apprendre aux enfants à comprendre les processus de production et de diffusion de l’information, tout en leur inculquant les bons réflexes pour en vérifier l’authenticité.
« La désinformation peut être un véritable danger. L’éducation aux médias ne doit pas être l’apanage des écoles ou des professionnels de l’information, elle doit s’intégrer dans notre quotidien », a-t-il martelé.
L’universitaire a également plaidé pour le développement de l’esprit critique à tous les niveaux de formation. Savoir comparer les sources et discerner le vrai du faux permettrait de freiner la propagation des rumeurs et des manipulations. Par ailleurs, la coopération internationale demeure essentielle, les groupes extrémistes opérant fréquemment à l’échelle transfrontalière.
Noël Kokou Tadegnon, pour sa part, a insisté sur l’importance du fact-checking dans la lutte contre la désinformation.
« Les fausses informations sont souvent véhiculées par des entités organisées qui savent exploiter les failles de l’opinion publique. Le fact-checking est un outil efficace pour démonter ces mensonges et limiter leur propagation », a-t-il affirmé.
L’impact des technologies modernes sur la diffusion de la désinformation a également été abordé.
Au Togo, où l’on recense plus de six millions d’abonnés à la téléphonie mobile et près de quatre millions d’utilisateurs de WhatsApp, les fausses informations se propagent à une vitesse fulgurante. Bien souvent, elles sont relayées sans vérification préalable, simplement parce qu’elles proviennent de sources perçues comme fiables.
Les groupes terroristes exploitent cette faille en diffusant des vidéos et des images manipulées, semant ainsi confusion et tensions au sein de la population.
Espoir K.









