Lomé, le 23 janvier 2026 -(©AfreePress)- Les perspectives de financement extérieur du Togo s’annoncent en net repli à moyen terme, posant d’importants défis en matière de soutenabilité budgétaire. Selon les projections des recettes publiques pour la période 2026-2028, les dons-projets accordés par les partenaires techniques et financiers devraient connaître une contraction significative, passant de 166,9 milliards de francs CFA en 2026 à 70,9 milliards de francs CFA en 2027, avant de chuter à 31,6 milliards de francs CFA en 2028.
Sur un horizon de deux ans, ces appuis financiers vont enregistrer ainsi une diminution de plus de 80 %, correspondant à une perte estimée à près de 135 milliards de francs CFA. Classées parmi les recettes non fiscales, ces ressources proviennent essentiellement des institutions financières internationales, notamment la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), dans le cadre de programmes sectoriels et d’appuis budgétaires.
Pour l’exercice 2026, l’État togolais anticipe toutefois la mobilisation de 48,68 milliards de francs CFA via des comptes d’affectation spéciale destinés à canaliser des financements de la Banque mondiale. Ces ressources seront orientées vers trois priorités stratégiques à savoir la protection sociale non contributive, à travers le programme d’Assistance sociale transformatrice pour la résilience au Togo (ASTRE) ; la modernisation de l’administration publique, portée par le Programme de modernisation et de renforcement des capacités de l’administration pour la délivrance des services (PMADS) ; et la transformation durable du secteur agricole, à travers le Programme de transformation durable de l’agriculture au Togo (PTDAT), en appui à la feuille de route ProMAT 2025-2034.
Parallèlement, le Togo bénéficie d’un appui financier du FMI dans le cadre d’une Facilité élargie de crédit (FEC) d’une durée de 42 mois, approuvée en mars 2024, pour un montant global évalué à environ 240 milliards de francs CFA, soit près de 400 millions de dollars américains.
Dans l’ensemble, la part des dons-projets dans les recettes budgétaires devrait demeurer supérieure à 10 % en 2026, avant de tomber en deçà de 2 % à l’horizon 2028, selon les prévisions actuelles. En contrepartie, les recettes fiscales sont attendues en progression graduelle, passant de 1 338 milliards de francs CFA en 2026 à 1 620 milliards de francs CFA en 2028.
Cette trajectoire budgétaire soulève des interrogations majeures quant à la capacité de l’État à maintenir le niveau des investissements publics dans un contexte de raréfaction des financements extérieurs. Elle interroge également sur les implications sociales et économiques d’un recours accru aux ressources fiscales, notamment en ce qui concerne la pression exercée sur les ménages et les entreprises.
Les prochaines projections budgétaires permettront de déterminer si cette évolution traduit un simple cycle de fin de projets financés par les partenaires ou s’inscrit dans une orientation stratégique assumée vers une autonomie financière renforcée de l’État togolais.
Albertine A.









