Lomé, le 06 août 2024-(©AfreePress)-Dr Samba DIOP, membre du Conseil technique et technologique de l’Association Africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA) et gouverneur au Conseil Mondial de l’Eau, partage ses impressions sur les Assises du Conseil stratégique et technique de l’AAEA tenues à Lomé du 29 au 1er août 2024.
Il livre dans cette interview accordée à l’agence de presse AfreePess et au journal Hara Kiri, ses analyses et propositions afin de redynamiser le secteur de l’eau et de l’assainissement sur le continent et permettre à l’Afrique de prendre son destin en main. Lisez plutôt…
Bonjour Dr Samba DIOP, quelles sont vos impressions à la suite des travaux de ces Assises du Conseil stratégique et technique de l’AAEA à Lomé ?
Dr Samba DIOP : L’AAEA organise ses congrès tous les deux ans, entre lesquels se tiennent cinq assises. Cela permet de nous regrouper dans différents pays membres pour débattre de thématiques prioritaires, et de voir comment les sociétés d’eau et d’assainissement peuvent aborder les questions africaines liées à ces secteurs.
Les assises au Togo s’inscrivent dans cette dynamique. C’est particulièrement significatif d’être ici, car de nombreux événements marquants pour l’AAEA ont eu lieu au Togo, notamment en 1987 avec la création de l’UADE (Union Africaine des Distributeurs d’Eau).
Nous avons changé de format cette fois-ci, en passant du Conseil scientifique et technologique au Conseil stratégique et technologique. Nous avons innové en impliquant davantage les acteurs, les participants et le public pour recueillir leurs impressions. C’est une avancée significative.
Une autre innovation est l’ouverture accrue de nos discussions. Nous avons invité le ministre sénégalais de l’Hydraulique et des Équipements, représenté par son premier conseiller. À l’avenir, nous inviterons régulièrement nos ministres pour ajouter une perspective politique à nos actions. L’AAEA est devenue si importante que nous avons besoin du soutien constant des politiques.
Quel est le thème de cette année et pourquoi ce thème ?
Dr Samba DIOP : Le thème de cette année est la résilience des sociétés de distribution d’eau face aux impacts des changements climatiques. Nous devons capter les financements destinés à la résilience. J’ai abordé cette question dans ma présentation.
Il est crucial de lier l’eau et la biodiversité. Le ministre togolais de l’Environnement l’a également souligné. Nous devons repenser le financement pour que les sociétés d’eau et d’assainissement en Afrique disposent de moyens financiers suffisants pour instaurer la résilience.
Un autre aspect important est la participation des membres affiliés, tels que les fournisseurs. De plus en plus de membres affiliés viennent du monde entier. Le secteur privé s’investit de plus en plus dans nos activités. Nous devons nous donner les moyens de fabriquer localement les outils nécessaires.
Vous avez particulièrement abordé la question de la collecte des données sur le continent. Pourquoi cette question vous préoccupe-t-elle tant?
Dr Samba DIOP : Concernant les thématiques, nous, les Africains, ne voulons plus être de simples suiveurs. Nous devons influencer le monde positivement avec des solutions africaines pour les problèmes africains. Les données sont essentielles. Il est impératif que nous, en Afrique, produisions et utilisions nos propres données.
Quel est l’impact de ces assises pour les populations ?
Dr Samba DIOP : L’impact concerne d’abord les États. Nous plaidons pour que les États considèrent la question de l’eau et de l’assainissement comme une priorité. Ces questions sont stratégiques et sont démontrées dans les Objectifs de Développement Durable (ODD). Un franc investi dans l’eau ou l’assainissement permet d’éviter des dépenses bien plus importantes en soins de santé.
Pour les bénéficiaires finaux, il est crucial d’avoir des services capables de gérer ces questions. Il faut également des commissions capables de négocier avec les bailleurs de fonds et de produire de l’expertise. Cela aura des retombées concrètes pour la population.
Un dernier mot à l’endroit de l’opinion ?
Dr Samba DIOP : Mon dernier mot est un appel à toute la communauté africaine et mondiale. En tant que gouverneur au Conseil Mondial de l’Eau, je sais que cet organe d’influence fait des propositions concrètes. L’AAEA, la plus grande association en Afrique, a un rôle crucial. Je lance un appel à tous pour soutenir l’AAEA et ainsi réussir notre mission.
Propos recueillis et traduits par Olivier ADJA









