Lomé, le 25 mars 2026-(©AfreePress)- Le Syndicat National des Praticiens Hospitaliers du Togo (SYNPHOT) a exprimé sa profonde tristesse suite au décès survenu le 20 mars 2026 aux urgences chirurgicales du CHU Sylvanus Olympio. La victime, identifiée sous les initiales E. K., avait été admise dans un état critique après un accident de la voie publique, indique le SYNPHOT dans un communiqué parvenu à l’agence de presse AfreePress.
Selon ce communiqué officiel du syndicat signé par le Dr Gilbert Tsolenyanu, le patient est arrivé aux urgences à 9h50 dans un tableau de polytraumatisme grave, avec des signes vitaux difficilement perceptibles. Malgré une prise en charge immédiate par l’équipe médicale, il est décédé moins de vingt minutes après son admission, aux alentours de 10h07.
Une prise en charge entravée par le manque de moyens
Le SYNPHOT précise que, face à l’indigence financière du patient dont l’accompagnant ne disposait que de 3500 FCFA, le personnel soignant a fait preuve de solidarité en mobilisant des produits médicaux auprès d’autres patients pour tenter de le stabiliser. Cependant, ces efforts n’ont pas suffi à sauver la victime.
Le syndicat insiste sur le fait que le pronostic vital du patient était déjà fortement engagé avant son arrivée, notamment en raison des conditions de transport et du parcours de soins jugé inadapté. Le blessé aurait transité par un centre de santé non spécialisé avant d’être référé au CHU, retardant ainsi sa prise en charge optimale.

Des accusations de négligence contestées
Alors que des accusations de négligence et de mauvais accueil du personnel soignant circulent dans les médias et sur les réseaux sociaux, le SYNPHOT les qualifie de graves et appelle à un audit complet du processus de prise en charge, depuis le lieu de l’accident jusqu’aux urgences hospitalières.
Le syndicat demande au ministère de la Santé d’ouvrir une enquête dans les plus brefs délais afin d’établir les responsabilités. Il invite également le procureur de la République à se saisir du dossier.
Un système de santé sous pression
Au-delà de ce cas, le SYNPHOT met en lumière les insuffisances structurelles du système de santé togolais. Il déplore notamment l’absence de mécanisme de prise en charge pré-hospitalière des accidentés, ce qui, selon le syndicat, complique leur transport sécurisé et retarde leur admission dans des structures adaptées.
Le communiqué souligne également le manque de coordination dans les services d’urgence, l’insuffisance de matériel, de médicaments et de personnel qualifié. Dans de nombreux cas, les patients ou leurs proches doivent acheter eux-mêmes les produits nécessaires, ce qui entraîne des retards critiques dans les soins, avance le communiqué.
Des propositions pour éviter de nouveaux drames
Pour améliorer la situation, le SYNPHOT propose plusieurs mesures, notamment : la mise en place d’un mécanisme automatique de gestion des urgences vitales dans les hôpitaux publics, l’opérationnalisation du Fonds de Garantie Automobile pour financer la prise en charge des accidentés de la route et le renforcement des équipements et des ressources humaines dans les services d’urgence.
Le syndicat appelle enfin à la solidarité, à la vigilance et au professionnalisme du personnel soignant, tout en rappelant que la santé des populations reste leur priorité absolue.
Hommage et engagement
Le SYNPHOT présente ses sincères condoléances à la famille du défunt et s’engage à collaborer pleinement avec les autorités pour faire toute la lumière sur ce drame.
Albertine A.









