Lomé, le 09 novembre 2025-(©AfreePress)- Il y a plus de dix ans, Ecobank a enregistré de lourdes pertes financières dans le cadre de transactions impliquant Prem Garg et sa société, Little Rose Trading, estimées à environ 165 millions de dollars (environ 92,5 milliards de francs CFA). Cependant, au cours de la décennie qui a suivi cette perte colossale, de nombreuses questions sont restées sans réponse, ce qui a gravement nui à la réputation du groupe bancaire panafricain.
Comme toute institution financière l’aurait fait, Ecobank a immédiatement mené une enquête interne lorsqu’elle s’est rendu compte qu’elle avait perdu une somme aussi importante, afin de déterminer la cause et les responsables.
Le rapport issu de cette enquête n’a jamais été rendu public, mais ce que nous savons, c’est que la banque n’a poursuivi que Prem Garg et sa société pendant huit ans, dans différentes juridictions à travers le monde. Bien que nous ne connaissions pas le contenu du rapport, l’action ciblée de la banque indique clairement qui elle a jugé responsable.
Mais l’affaire a pris un nouveau tournant en 2022 lorsque Ecobank a soudainement décidé de cibler Wilben Trade, un simple intermédiaire dans la transaction, en déposant une plainte pénale au Nigeria. Cette décision fait suite à huit années passées à poursuivre Prem Garg exclusivement et à ne pas parvenir à récupérer l’argent.
Au départ, Ecobank n’avait pas considéré Wilben comme responsable de ses pertes et avait continué à travailler avec elle pendant cette période. Ecobank a mis en place une facilité de crédit de 100 millions de dollars pour Wilben à l’issue d’un processus complet de vérification de la connaissance du client (KYC). Wilben a effectué des transactions par lettre de crédit pour Ecobank dans le cadre de cette facilité en 2020 et 2021.
Il est clair qu’aucune institution financière n’accorderait une telle facilité de crédit à une entité si elle estimait que celle-ci l’avait précédemment fraudée. Cela soulève la question suivante : pourquoi la banque a-t-elle continué à travailler avec Wilben si elle avait des inquiétudes internes concernant des transactions passées ?
Le moment choisi pour déposer cette plainte pénale contre Wilben est particulièrement curieux. En mars 2022, Wilben a vu une autre affaire le concernant, impliquant Access Bank, être classée sans suite. Après avoir poursuivi exclusivement M. Garg pendant huit ans pour ses pertes, Ecobank s’est brusquement retournée contre Wilben, cinq jours seulement après le rejet de l’affaire Access Bank. Ce revirement intrigant soulève d’autres questions : quelles nouvelles preuves ont été découvertes pour justifier cette attaque soudaine contre Wilben ? Ecobank a-t-elle cru à tort que Wilben avait trouvé un accord avec Access Bank et qu’il était donc une bonne cible à poursuivre ?
Selon certaines sources, à la suite du dépôt de cette plainte pénale, Oladele « Dele » Alabi, d’Ecobank, aurait déclaré à M. Wade qu’il subissait des pressions avant un paiement d’euro-obligations et qu’il retirerait la plainte pénale contre Wilben en échange d’un paiement, une déclaration qui remet en question la moralité et la crédibilité des procédures judiciaires engagées par la banque. Cette déclaration pourrait également révéler les véritables intentions du dépôt soudain d’une plainte au Nigeria contre Wilben. Alors pourquoi M. Alabi aurait-il déclaré qu’il retirerait la plainte pénale s’il était payé ?
Pour sa part, Wilben affirme avoir fourni à Ecobank des documents et des preuves démontrant son innocence et les incohérences dans le traitement de l’affaire par la banque. Wilben a répondu en décembre 2024 en déposant une plainte de 68 millions de dollars aux Émirats arabes unis contre Ecobank et son PDG, M. Jeremy Awori.
Enfin, un autre point controversé subsiste. Ecobank aurait omis de mentionner ce litige important dans son rapport financier annuel. Cette omission alimente les soupçons d’un manque de transparence envers les marchés et les actionnaires, particulièrement curieux à un moment où la banque connaît des changements majeurs, avec la vente de ses actions par la banque sud-africaine Nedbank au banquier camerounais Alain Nkontchou. Ecobank a-t-elle délibérément omis de mentionner ce litige important dans son rapport annuel ?
Cette affaire fait toujours grand bruit, la banque laissant de nombreuses questions sans réponse. Mais la question la plus importante est peut-être la plus simple : pourquoi la banque n’a-t-elle pas agi de manière décisive pour empêcher cette affaire de continuer à nuire à sa position et à sa réputation ?
Espoir K









