Lomé, le 24 août 2026-(©AfreePress)- Le Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest (GAO) s’apprête à connaître, à partir du 28 août, une importante séquence de maintenance qui touchera simultanément plusieurs installations au Togo, au Bénin et au Nigeria. À l’initiative de la West African Gas Pipeline Company Limited (WAPCo), l’opération vise à consolider l’intégrité des infrastructures, renforcer leur fiabilité et préparer le réseau aux exigences croissantes de la sécurité énergétique sous-régionale, a appris l’agence de presse AfreePress de la compagnie.
Durant cinq jours, soit du 28 août au 1er septembre 2026, le réseau fera l’objet d’un arrêt partiel programmé. La conséquence la plus immédiate sera la suspension temporaire du transport de gaz naturel en provenance du Nigeria vers le GAO. Une interruption planifiée qui, loin de relever d’un incident technique, procède d’une stratégie préventive destinée à préserver la pérennité d’une infrastructure devenue essentielle au fonctionnement énergétique de plusieurs pays ouest-africains.
Lomé au cœur d’un chantier sous-marin
Au Togo, l’intervention portera notamment sur le remplacement de la vanne sous-marine de l’embranchement de Lomé, couplé à une opération d’inspection du gazoduc. Au Bénin, WAPCo prévoit une campagne d’inspection interne de l’embranchement de Cotonou ainsi que la réalisation du projet d’interconnexion WAPCo-BGTS.
Le Nigeria sera également mobilisé avec, au programme, le remplacement de vannes à Itoki et à la station de compression de Lagos Beach (LBCS), ainsi que l’installation du système de comptage NGIC à Itoki.
Ces opérations, conduites de manière coordonnée, constituent un volet important de la politique de préservation des actifs de WAPCo. Le groupe avait déjà engagé en 2025 une vaste campagne d’inspection et de maintenance de son infrastructure offshore, comprenant notamment le nettoyage et l’inspection interne de la conduite ainsi que le remplacement de vannes sous-marines. Cette précédente opération avait abouti à la reprise des services de transport de gaz dans les délais annoncés.
Le flux nigérian temporairement à l’arrêt
L’arrêt programmé n’est donc pas sans conséquence sur le système énergétique régional. Pendant la fenêtre d’intervention, les flux de gaz acheminés depuis le Nigeria seront temporairement interrompus.
WAPCo assure toutefois que le Ghana pourra continuer à recevoir du gaz grâce aux flux provenant de la partie occidentale du réseau vers Tema. Cette configuration permettra de limiter les effets de la suspension des approvisionnements nigérians, même si une réduction de la disponibilité globale du gaz au Ghana est attendue pendant la durée des travaux.
L’enjeu est particulièrement sensible dans une région où le gaz naturel constitue un intrant important pour la production d’électricité. WAPCo indique ainsi travailler avec les opérateurs du secteur électrique et les autres acteurs concernés afin de réduire autant que possible les incidences de l’intervention sur la production énergétique.
Une opération préparée avec les États concernés
L’entreprise affirme avoir engagé de larges consultations avec les administrations publiques, les autorités de régulation, les fournisseurs de gaz, les clients, les acteurs du secteur électrique ainsi que ses partenaires stratégiques au Ghana, au Togo, au Bénin et au Nigeria. L’objectif est de coordonner les opérations et d’assurer leur exécution dans des conditions de sécurité optimales.
« Ces travaux sont essentiels pour préserver l’intégrité, la fiabilité et la pérennité du réseau », souligne le directeur général de WAPCo, Abiodun Bodunrin, qui salue au passage la coopération des différentes parties prenantes.
Cette approche n’est pas nouvelle pour l’opérateur. En janvier 2026, WAPCo avait déjà procédé à des tests réglementaires d’arrêt d’urgence et du système de protection à haute intégrité dans ses installations des quatre pays, conformément aux exigences de la West African Gas Pipeline Authority (WAGPA).
Préserver l’artère énergétique régionale
Long de 678 kilomètres, le Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest relie les infrastructures gazières du Nigeria au Ghana en passant par le Bénin et le Togo. WAPCo le présente comme le premier réseau régional de transport de gaz naturel d’Afrique subsaharienne. Il assure le déplacement du gaz entre les quatre États et constitue une infrastructure stratégique pour la production électrique et l’activité industrielle.
La maintenance annoncée apparaît dès lors comme une opération de sécurisation à long terme plutôt qu’une simple interruption technique. Inspection, remplacement de vannes, modernisation des équipements et amélioration des dispositifs de comptage doivent contribuer à accroître la robustesse du réseau et sa capacité à assurer, dans la durée, un transport de gaz sûr et fiable.
Pour le Togo, le chantier de Lomé revêt une importance particulière. La sécurisation de cette infrastructure offshore participe directement à la fiabilité de l’approvisionnement énergétique et, par ricochet, à la continuité des activités économiques qui dépendent de la disponibilité de l’électricité.
À travers cette nouvelle intervention, WAPCo entend donc transformer une contrainte temporaire en investissement stratégique : sacrifier quelques jours de flux pour consolider plusieurs années de fiabilité. Une équation devenue incontournable pour une infrastructure appelée à jouer un rôle croissant dans la sécurité énergétique de l’Afrique de l’Ouest.
Olivier A.










