Lomé, le 28 août 2024-(©AfreePress)-Le Nigéria vient d’assouplir sa position concernant la reconnaissance des diplômes universitaires provenant du Togo, dans un contexte de lutte contre la fraude académique en Afrique de l’Ouest.
Cette décision, annoncée par le ministre nigérian de l’Éducation, Tahir Mamman, marque une évolution significative dans les relations académiques entre les deux pays.
La levée de suspension concerne exclusivement trois institutions togolaises accréditées : l’Université de Lomé, l’Université de Kara et l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO). Cette décision fait suite à une suspension générale imposée après la découverte d’un vaste réseau de fraude académique impliquant des étudiants nigérians au Togo et au Bénin.
Selon les chiffres avancés par les autorités nigérianes, plus de 22 000 certificats délivrés à des ressortissants nigérians par ces deux pays étaient falsifiés, dont 21 000 provenant du Bénin et 1 000 du Togo. Ces révélations ont conduit le Nigéria à suspendre initialement la reconnaissance de tous les diplômes issus de ces deux pays.
La levée partielle de cette suspension pour le Togo s’inscrit dans une démarche plus large visant à préserver l’intégrité des normes académiques nigérianes tout en maintenant des liens éducatifs avec les pays de la région. Au total, huit universités (trois au Togo et cinq au Bénin) sont désormais autorisées à délivrer des diplômes reconnus au Nigéria.
Il est à noter que cette problématique ne se limite pas qu’au Togo et au Bénin. Le Nigéria a également dans son viseur trois autres pays africains : le Kenya, l’Ouganda et le Niger, soulignant l’ampleur régionale de la question de la fraude académique.
Les autorités togolaises de l’enseignement supérieur n’ont pas encore réagi officiellement à cette annonce. Cependant, il est important de rappeler que des discussions avaient été engagées entre les deux pays pour clarifier la situation suite aux accusations initiales du Nigéria. Le Togo avait notamment pointé du doigt certains établissements d’enseignement supérieur privés opérant sans agrément ou fermés pour non-conformité, suspectés d’être impliqués dans la délivrance de faux diplômes, en particulier aux
étudiants nigérians.
Raphaël A.









