Dapaong, le 15 janvier 2024 (AfreePress) – Dans la région des Savanes, des femmes déplacées internes venues de diverses zones d’insécurité du pays font preuve d’une résilience exceptionnelle en dépit des épreuves. Accueillies dans des foyers temporaires, ces femmes, devenues à la fois mères et pères de leurs enfants, ne ménagent aucun effort pour subvenir aux besoins de leurs familles, offrant ainsi un exemple poignant de détermination et de résilience.
Mariama, Douwabe, Soatchiebe et Aya. Ce sont des noms qui résonnent dans le quotidien de ces Personnes Déplacées Internes (PDI), originaires de Sanloagua, Tchimouri, Kpekandi, et d’autres localités de la région des Savanes, affrontent leur quotidien avec un courage indéfectible. Ayant fui les menaces terroristes, elles sillonnent la ville de Dapaong et ses environs, proposant leurs services pour de petits métiers malgré les pertes subies pendant leur fuite.
Ces femmes, veuves pour la plupart, chefs de ménage, orphelines, jonglent avec divers « petits boulots » pour assurer le quotidien de leurs enfants. Malgré les difficultés rencontrées, leur résilience demeure un exemple de courage et d’admiration. Hébergées dans des habitations de fortune mises à leur disposition, elles reconstruisent peu à peu leur vie.
Le 13 janvier 2024, Mariama Douti, âgée de 26 ans et mère de trois enfants, nous a ouvert les portes de son foyer. Après une journée de travail acharné, parcourant plusieurs kilomètres à vélo pour laver le linge des familles locales, elle partage avec nous son vécu de déplacée. « Je peux gagner entre 1000 et 2000 francs CFA par jour. Parfois, les gens hésitent à nous confier leur linge, mais nous n’avons pas d’autre choix. Sans cela, nos enfants ne mangeraient pas », confie-t-elle.
Douwabe Dankoul, la coépouse de Mariama, également dans la vingtaine est mère de deux enfants. Elle partage son expérience de blanchisseuse. « Nous avons cherché du travail en vain, mais la lessive était notre seule option. C’est modeste, mais c’est mieux que rien, et cela nous aide beaucoup», confie-t-elle à AfreePress. Ces femmes vivent au jour le jour, avec des revenus insuffisants pour couvrir les besoins de leur famille, leurs maris étant également sans emploi.
Habibou Aya, âgée d’une cinquantaine d’années, assure la subsistance de sa belle-fille Aïcha Aya et de son petit-fils, en exerçant de petits commerces pour subvenir à leurs besoins.
En attendant que leurs situations soient prises en compte, ces femmes déplacées internes continuent leur lutte quotidienne pour assurer un avenir meilleur à elles-mêmes et à celui de leurs familles.
Fin
Diblo TAKINI, correspondant AfreePress dans la région des Savanes.








